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Le gouvernement du Québec envisage de modifier les règles d'attribution des logements, ce qui suscite l'inquiétude au sein de la coopérative d'habitation Communord, à Sherbrooke, qui craint de se voir imposer leurs futurs occupants.
Le projet de loi 20 répond aux constats soulevés par la vérificatrice générale du Québec (VGQ). En 2024, la VGQ avait révélé que plus de 2722 ménages continuaient de bénéficier d'un logement abordable, et ce, malgré des revenus supérieurs aux critères d'admissibilité financière des programmes en vigueur.
Le Communord, une coopérative d’habitation fondée par des étudiants en travail social de l’Université de Sherbrooke il y a 53 ans, est la demeure de Marcelle Dumoulin et ses 7 colocataires. Pour ce groupe issu de la communauté LGTBQ+, il est important de maintenir un contrôle sur qui réside dans cette maison à chambres, ce qui pourrait prendre fin avec l’adoption du projet de loi 20.
S'il est adopté tel quel, le projet de loi stipule que le gouvernement désignerait un organisme officiel chargé de gérer un guichet de demandes de location pour le public. Ce système fonctionnerait comme une plateforme d'appariement : il mettrait en relation les personnes qui cherchent un logement avec les propriétaires qui en proposent.

Marcelle Dumoulin, résident de la coopérative d’habitation, réside dans la maison depuis 3 ans.
Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer
On est dans une crise du logement, pourquoi le gouvernement s'attaque à des systèmes de coopérative d'habitation qui fonctionnent depuis des décennies?, se questionne le résident de la coopérative d’habitation, Marcelle Dumoulin.

Huit personnes résident dans la Communord, une coopérative d’habitation fondée par des étudiants en Travail social de l’Université de Sherbrooke, il y a 53 ans.
Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer
Ce que ça fait, c'est qu'on n'a plus d'autonomie sur le choix des gens qui viennent en coopérative d'habitation. Ici, ce qui est très différent des autres coopératives d'habitation, c'est que c'est probablement une des seules au Québec où les gens habitent dans la même maison, explique Marcelle Dumoulin.
Ce que le gouvernement nous dit, c'est que votre système, votre autonomie, on s'en fou. On prend en charge cette fonction de votre système d'habitation, qui fonctionne depuis des décennies.
Si la pièce législative est adoptée, il faudrait respecter un seuil de revenu maximal pour habiter dans ce type de logement. Le projet de loi 20 resserre ainsi la vis à ces locataires en exigeant une compensation financière, qui serait versée à agissant comme un incitatif au départ.
Ce seuil de revenu maximal est mal reçu chez le locataire Félix-Antoine Tessier, qui y voit de la discrimination. [C’est] comme si habiter en coopérative, c'est juste une affaire de pauvre, laisse-t-il tomber.

Le locataire Félix-Antoine Tessier veut que le projet de loi 20 soit abandonné en raison de la pression citoyenne.
Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer
La Fédération des coopératives d’habitation de l'Estrie s'oppose maintenant au projet de loi. Elle espérait initialement être écoutée pour que des amendements soient apportés au projet de loi.
On reçoit beaucoup de messages d'inquiétude, d'anxiété, on n'arrive pas à rassurer nos coopérants. On ne comprend pas ce que le gouvernement veut aller chercher avec ce projet de loi, explique le directeur général de la Fédération des coopératives d’habitation de l'Estrie, Mokhtar Saada.

Le directeur général de la Fédération des coopératives d’habitation de l'Estrie est Mokhtar Saada.
Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer
La ministre de l'Habitation, Karine Boivin Roy, a décliné la demande d’entrevue de Radio-Canada. Par écrit, le cabinet de la ministre relate avoir « rencontré des représentants de coopératives et prendre acte de leurs préoccupations. » La déléguée au logement social pour la Ville de Sherbrooke, Laure Letarte-Lavoie, déposera un avis de proposition au conseil municipal de mardi pour s'opposer au projet de loi caquiste.


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