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La canicule faiblit lentement mais pas la crainte d’un bilan élevé, notamment loin des hôpitaux

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France 27/06/2026 14:34 Actualisé le 27/06/2026 16:55

La vigilance rouge canicule continue de diminuer sur une grande majorité ouest du pays. Mais les hôpitaux restent très mobilisés et le nombre de décès à domicile est difficile à saisir.

La vague de chaleur diminue légèrement mais la crainte d’un bilan élevé reste palpable chez les autorités de santé.

ALAIN PITTON / NurPhoto via AFP

La vague de chaleur diminue légèrement mais la crainte d’un bilan élevé reste palpable chez les autorités de santé.

EN BREF La canicule faiblit mais la pression reste forte sur les hôpitaux, avec une hausse record des appels au Samu et des passages aux urgences.
Les autorités craignent un nombre élevé de décès à domicile, difficile à comptabiliser.
Les conséquences sanitaires pourraient durer plusieurs jours, avec un bilan final attendu élevé.

Ces chiffres ne disent pas encore tout des conséquences sanitaires de la canicule historique qui touche la France. Mais ils laissent entrevoir un bilan qui pourrait être très lourd, bien au-delà du seul nombre des décès par noyade (55 selon la ministre de la Santé) recensés depuis le 18 juin.

Les quatre Samu de Paris, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne ont ainsi enregistré une augmentation de 80 % du nombre d’appels sur la semaine écoulée. Matignon évoque 3 000 passages aux urgences vendredi, soit 36 % de plus qu’une journée normale. « On est en plein dans une crise sanitaire. C’est un phénomène de canicule exceptionnel et extrême » aggravé par un « pic de pollution à l’ozone », constate ce samedi 27 juin sur franceinfo l’adjoint à la mairie de Paris en charge de la Santé, Antoine Alibert.

Il déplore une « saturation exceptionnelle » des hôpitaux parisiens en voyant dans les « appels au Samu, les passages aux urgences, les brancards qui s’accumulent dans les couloirs » des illustrations de celle-ci. S’il tempère cette idée de « saturation », le directeur de l’Agence régionale de santé d’Île-de-France confirme tout de même l’activation du plan blanc. « Mais ma certitude c’est que dans le week-end on arriverait à une rupture », a déclaré Denis Robin pour justifier cette mesure qui permet de faire appel aux étudiants en Santé et aux infirmières libérales.

Les hôpitaux parisiens ne sont pas les seuls concernés par des records de fréquentation. Jeudi, c’est le Samu d'Ille-et-Vilaine qui a enregistré un nombre d’appels inédit. Et les témoignages sont similaires dans de très nombreux centres hospitaliers. Aux urgences de Metz, où les passages ont augmenté de 20 % ces trois derniers jours, l’ancien ministre de la Santé Philippe Brun redevenu médecin évoque un week-end qui s’annonce « tendu ». « Et désormais, nous recevons des victimes directes de coups de chaleur », évoque-t-il dans Le Monde.

Car la canicule, commencée sur la façade ouest, se concentre désormais sur la moitié Est du pays, laissant ce samedi encore plus d’une vingtaine de départements en vigilance rouge. Et même si ce niveau maximal est amené à disparaître dans la nuit de dimanche à lundi, les conséquences de cette vague de chaleur ne disparaîtront pas sitôt les températures redevenues respirables. « Si la canicule recule, ses effets sur la pression sur le système de santé, eux, restent devant nous. Ce pic d’activité ne redescend pas avec la météo : un plateau haut va s’installer pendant plusieurs jours, par effet de latence sanitaire (déshydratation, décompensations, hospitalisations différées) », a fait savoir Matignon dans un compte rendu de la cellule interministérielle de crise qui s’est tenu samedi matin.

La mortalité à domicile difficile à établir

Surtout, le gouvernement craint que le nombre de personnes décédées hors du système hospitalier soit élevé. « Nous sommes préoccupés par la survenue de décès à domicile sur l’ensemble du territoire », a ainsi déclaré vendredi l’entourage de la ministre de la Santé Stéphanie Rist. « Probablement (que) les gens qui meurent, meurent avant d’arriver à l’hôpital », a prévenu sur RMC/BFMTV, le député LR Philippe Juvin qui est aussi chef des urgences de l’hôpital parisien Georges Pompidou. Il a dit s’attendre à une hausse de la mortalité « pendant 2-3 jours minimum ».

En saluant le travail des personnels des Ehpad où « aucune situation anormale n’a été remontée », l’entourage de Sébastien Lecornu a confirmé « une hausse du nombre de décès, principalement à domicile, cohérente avec un pic différé » et liée à « l’isolement de certaines personnes âgées ou fragiles ». Un constat hélas partagé par des représentants des pompes funèbres. « Les chambres funéraires commencent à saturer, il y a de nombreux décès à domicile », affirme dans Le Parisien Véronique Bertrand, responsable des pompes funèbres du même nom.

À Paris, les deux funérariums intra-muros situés aux Batignolles et à Ménilmontant sont complets depuis ce samedi matin, a fait savoir à l’AFP Elisabeth Charrier, déléguée générale de la Fédération nationale du funéraire, se basant sur les remontées de ses adhérents. Faute de « capacité d’accueil », « on reporte [...] sur la petite couronne », a-t-elle indiqué, précisant que « sur le reste du territoire, l’activité est très importante, mais sans débordement ». Selon elle, la situation pourrait se compliquer si la hausse des appels se poursuivait dans les « 24-48 heures ». « On reste vigilant », a assuré Elisabeth Charrier.

Pour tirer un bilan définitif de cet épisode, il faut attendre des semaines, voire des mois. Mais il s’élèvera à des centaines voire des milliers au regard des chiffres récemment avancés par Santé Publique France pour l’été 2025 : les deux vagues de chaleur avaient entraîné une surmortalité de 5 700 décès. Lors de la canicule de 2003, dont l’intensité a été dépassée cette semaine, le nombre des décès s’était élevé à 15 000.

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