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Un service de police municipal ontarien a envoyé une alerte concernant un potentiel meurtrier en cavale uniquement en anglais, découvre-t-on dans le rapport annuel de l’Ombudsman de l’Ontario, qui a reçu cette année un nombre record de plaintes.
Le rapport annuel de l’agent indépendant chargé de surveiller différents services provinciaux expose certaines des 266 plaintes liées aux services en français que le bureau a traitées dans la dernière année. Dans l’une de ces situations mises en avant, une francophone s’est plainte parce que le service de police municipal a alerté les résidents de son secteur qu’une personne suspectée de meurtre rôdait, mais uniquement en anglais.
Il aura fallu près de 10 minutes pour qu’une seconde alerte soit envoyée en français. « Nous avons soulevé l’enjeu auprès de la Police provinciale de l’Ontario, qui gère le système d’alerte utilisé par les services de police municipaux », soutient l’Ombudsman.
La police provinciale a affirmé que le système était effectivement capable d’envoyer l’alerte dans les deux langues simultanément, mais que l’option n’avait pas été activée dans cette situation-ci. Elle dit avoir changé ses pratiques.
Pourtant, ce n’est pas la première fois que le corps policier est remis à l’ordre au sujet de ses alertes. En 2019, l’Ombudsman avait recommandé « que le ministère du Solliciteur général et la Police provinciale de l’Ontario continuent leurs efforts visant à garantir une offre de services en français équivalente et sans délai dans le cadre d’émission d’alertes d’urgence ». Six ans plus tard, force est de constater que la situation n’est toujours pas réglée.
Parmi les autres cas détaillés, l’Ombudsman raconte la plainte d’une femme francophone qui n’a pas trouvé de renseignements sur les vaccins contre la rougeole en français sur les sites Web des bureaux gouvernementaux. « Le Bureau du médecin hygiéniste en chef a envoyé une note de service aux bureaux de santé publique locaux pour leur rappeler l’importance de communiquer l’information sur l’éclosion de rougeole en français, et y a inclus des ressources auxquelles ils pouvaient accéder pour s’y conformer », confirme l’Ombudsman.
Rapport annuel
Quelque 35 023 cas ont été traités par l’Ombudsman dans la dernière année. Il s’agit de presque 5000 cas de plus que l’année précédente. La loi et la sécurité, notamment les services correctionnels, sont la principale source de plaintes et de demandes de renseignement adressées au bureau de l’Ombudsman. Ce domaine a connu une hausse de 55 % depuis l’année précédente.
On observe toutefois la tendance inverse du côté des plaintes en lien avec les services en français, qui sont descendus cette année au plus bas en huit ans, soit depuis que le Bureau a commencé à surveiller la conformité des organismes à la Loi sur les services en français.
Entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2026, ce sont 266 plaintes en lien avec cette loi qui ont été déposées par des citoyens. « Comme les années précédentes, les cas les plus courants concernaient l’accès à des services en personne en français », lit-on dans le document d’une centaine de pages.
« Les gens nous ont aussi présenté des plaintes et des demandes de renseignements au sujet de communications dont le contenu en français n’était pas équivalent en français à celui en anglais, du manque de contenu équivalent en français sur les sites Web du gouvernement et de la signalisation provinciale en anglais seulement », détaille l’ombudsman intérimaire, Barbara Finlay.
Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.


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