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ENQUÊTE - Enseignants et chercheurs dénoncent des procédures internes qu’ils estiment biaisées et instrumentalisées à des fins militantes, au détriment de la liberté académique et du devoir de protection des institutions. Deux collectifs ont été créés pour lutter contre la multiplication des signalements.
«J’ai commis l’erreur de penser que mon institution me soutiendrait. Je voue ma vie à la recherche depuis 25 ans, et je m’en veux de m’accrocher quand je vois comment je suis traitée. C’est bien simple : tout ce que je fais ou dis est prétexte à m’enfoncer.» Depuis quatre ans, Nathalie*, chercheuse au CNRS, fait l’objet d’une procédure disciplinaire, accusée de harcèlement moral envers deux collègues. Dans quelques semaines, elle sera reçue par une commission uniquement composée de ses pairs. Malgré un dossier solide préparé avec son avocat, Nathalie imagine déjà la sentence : «Les investigations ne sont visiblement qu’à charge. Je suis d’ores et déjà coupable, je le sens».
Ces dernières années, plusieurs enseignants et chercheurs ont vu leur carrière menacée après leur passage en commission disciplinaire de leurs universités ou centres de recherche. Des convocations qui font suite à des signalements, de la part d’élèves ou de collègues, pointant du doigt le contenu de leur cours…


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