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Même si Téhéran refuse à ce stade tout échange direct avec les Américains à Doha, les parties ont approuvé l’instauration d’ici à jeudi d’un canal de communication pour signaler et recenser les éventuelles violations du protocole d’accord.

A Téhéran (Iran), le 1ᵉʳ juillet 2026. A Téhéran (Iran), le 1ᵉʳ juillet 2026.

Le président américain, Donald Trump, a évoqué, mercredi 1ᵉʳ juillet, de « très bonnes » réunions au Qatar, où représentants américains et iraniens ont mené des discussions indirectes et techniques sur leur protocole d’accord, après des échanges de frappes qui avaient menacé de briser la trêve. « La dénucléarisation de l’Iran avance bien », a affirmé Donald Trump à des journalistes aux Etats-Unis. « On les a frappés très dur [mais] on s’entend très bien. »

Selon l’agence officielle iranienne IRNA, les négociations ont pris fin sur un accord permettant à l’Iran d’acquérir des produits avec une partie de ses avoirs gelés au Qatar. « Le vice-ministre des affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, qui s’est rendu à Doha pour suivre la mise en œuvre des dispositions du mémorandum d’entente (…) , a annoncé la fin des pourparlers au Qatar », a rapporté l’agence IRNA. Même si Téhéran refuse à ce stade tout échange direct avec les Américains à Doha, les parties ont approuvé l’instauration d’ici à jeudi d’un canal de communication pour signaler et recenser les éventuelles violations du protocole d’accord.

L’utilisation des avoirs iraniens

A l’issue de cette session de négociations, l’Iran a affirmé qu’il utiliserait une partie de ses avoirs gelés au Qatar pour acquérir des produits dont il a besoin. « Pendant les discussions avec des responsables qataris, dont la banque centrale, plusieurs sujets liés à la dépense d’une partie des six premiers milliards de dollars [de fonds] ont été examinés », a affirmé Kazem Gharibabadi, cité par IRNA. Ces six milliards font référence à une partie des recettes pétrolières de l’Iran, transférées depuis la Corée du Sud vers des comptes d’accès restreint au Qatar, depuis 2023. « Il y a eu un accord pour que, sur la base des besoins manifestés par notre pays, les produits demandés soient acquis et mis à la disposition de l’Iran », a ajouté M. Gharibabadi, sans détailler les mécanismes.

La question des avoirs iraniens fait partie du protocole d’accord entre l’Iran et les Etats-Unis, qui prévoit que les fonds et actifs iraniens gelés ou soumis à restrictions seront pleinement rendus disponibles et utilisables dès la mise en œuvre de l’accord.

Si la signature du pacte entre Washington et Téhéran a permis de réduire l’intensité du conflit, d’importantes tensions persistent, notamment autour du nucléaire iranien ou de la gestion du stratégique détroit d’Ormuz, où le trafic a ralenti ce week-end après deux attaques de navires. L’Iran répète depuis des semaines vouloir imposer un droit de passage sous une forme ou une autre, une mesure jugée inacceptable par les Etats-Unis.

Le Monde avec AFP