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L’omble chevalier oquassa, vous connaissez?

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Une équipe de biologistes du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs veut en apprendre davantage sur la population d’omble chevalier oquassa de la réserve faunique Duchénier au Bas-Saint-Laurent.

Cette truite de la famille des salmonidés vit uniquement dans les lacs du Québec, du Nouveau-Brunswick ainsi que de Terre-Neuve-et-Labrador. L’omble chevalier oquassa, une sous-espèce de l’omble chevalier, est considéré comme une espèce vulnérable.

Il y a une restriction de pêche, mais pas une interdiction [...]. La pêche est autorisée. C’est sûr qu’on peut en pêcher beaucoup moins que de l’omble de fontaine parce que les populations sont beaucoup plus petites, explique la biologiste responsable du projet, Sarah Granier.

Le but n’est pas d’interdire la pêche, mais bien de mieux connaître l’espèce pour la protéger adéquatement.

On sait que dans le lac des Baies, dans la Réserve faunique Duchénier, il y a une population d’omble chevalier oquassa, mais on ne sait pas où sont les frayères, donc on a aucune idée où il se reproduit, détaille Mme Granier.

Portrait de la biologiste Sarah Granier devant le lac des Baies dans la réserve faunique Duchénier.

Sarah Granier est responsable du projet de recherche sur l'omble chevalier oquassa. Elle est biologiste à la Direction régionale de la gestion de la faune du Bas-Saint-Laurent.

Photo : Radio-Canada / Antoine Proulx

Mais comment peut-on parvenir à déterminer où sont ces frayères? Grâce à une étude amorcée à l’automne 2025 et qui s’étendra sur 18 mois.

On a capturé 25 individus d’une certaine grosseur, une certaine longueur, puis on leur a mis un émetteur dans la cavité abdominale, explique la biologiste à la Direction régionale de la gestion de la faune du Bas-Saint-Laurent.

Une anesthésie et trois points de suture plus tard, les poissons ont été remis à l’eau. Ils émettent maintenant un signal qui peut être capté par les biologistes grâce à des hydrophones.

Une fiole contenant un petit émetteur est tenue entre deux doigts.

Les poissons ont été anesthésiés et une chirurgie a permis de leur implanter un émetteur dans l'abdomen. À leur réveil, ils ont été remis à l'eau.

Photo : Gracieuseté de Florence Desrochers

Un vaste territoire à explorer

Encore faut-il retrouver les ombles chevaliers oquassa dans cet immense lac d’une superficie de 6 kilomètres carrés. C’est pourquoi l’équipe de biologistes a quadrillé le plan d’eau et l’a séparé en 68 stations distinctes.

On se met sur une station, on met l’hydrophone dans l’eau, puis on le laisse ouvert. Dans le fond, on écoute pendant cinq minutes parce que les émetteurs, eux, émettent [un signal] toutes les 180 à 210 secondes, mentionne Sarah Granier.

Il faut deux à trois jours aux deux équipes qui travaillent simultanément pour parcourir tout le lac des Baies en chaloupe.

Une technicienne tient un hydrophone et le boîtier récepteur.

Le bateau doit être maintenu dans une zone définie. Un hydrophone est alors plongé dans l'eau pendant cinq minutes pour repérer un signal.

Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger

On fait chaque station à chaque semaine pour capter les poissons sur tout le lac, pour voir s’ils se sont déplacés. On fait trois semaines de suite pour avoir un réplica, pour voir si ce n'était pas juste un coup de chance que le poisson était là, fait valoir Florence Desrochers.

L’étudiante à la maîtrise en océanographie à l’Institut des sciences de la mer (ISMER) de l’Université du Québec à Rimouski soutient l’équipe du ministère de la Faune sur le terrain.

Florence Desrochers en train de noter des données dans une chaloupe.

Florence Desrochers est étudiante à la maîtrise en océanographie. Elle analysera l'ensemble des données recueillies sur le terrain pendant le durée du projet.

Photo : Radio-Canada / Antoine Proulx

C’est elle qui analysera l’ensemble des informations récoltées. Je vais m’occuper de tout ce qui est des résultats, de faire la compilation des données, de faire les cartes, de faire les analyses statistiques, de ressortir toutes les réponses des données qu’on va avoir ramassées sur le terrain.

Des plongeurs en renfort

À la fin de l’été, avant la période de frai, des plongeurs vont se rendre au fond du lac dans les secteurs davantage fréquentés par cette espèce.

Ils vont mettre des caméras qu’ils vont laisser sous l’eau. Comme ça, les poissons ne seront pas dérangés, puis nous, ça nous permettra de voir leur comportement pendant qu’ils se reproduisent ou avant, explique la biologiste Sarah Granier.

À l’automne, au moment de la reproduction, l’équipe du ministère de la Faune espère repérer des rassemblements. Ça indiquerait que c’est des endroits où ils vont frayer.

Une personne pointe la carte d'un lac.

Le lac des Baies a été divisé en 68 parties distinctes pour faciliter le repérage des truites.

Photo : Radio-Canada / Antoine Proulx

Après la ponte des œufs, les plongeurs retourneront dans le lac pour aller voir les sites de nidification de près et prendre des images. Est-ce que les individus restent sur place pour aérer le nid? C’est ce qu’on veut aller voir, une fois que la reproduction sera faite, mentionne la responsable du projet.

Des relevés pour localiser les truites munies d’un émetteur ont aussi été effectués lors de la saison froide. Quand le lac était gelé, on a fait la même chose, les 68 stations, sauf qu’au lieu de se déplacer en chaloupe, on y est allé en motoneige, explique la biologiste Sarah Granier.

Les équipes ont percé des trous dans la glace pour y descendre l’hydrophone. Ça nous a renseignés aussi sur ce qui se passe en hiver, parce qu’en hiver, on n’a aucune idée de ce qui se passe sous la couche de glace. Les poissons, on ne sait pas où ils vont, est-ce qu’ils sont en profondeur, en surface? Est-ce qu’il y a des secteurs qu’ils vont privilégier?, souligne Mme Granier.

Comme la batterie des émetteurs devrait durer jusqu’en février 2027, l’équipe du ministère de la Faune espère être en mesure de retourner sur le lac en motoneige.

Pour refaire une deuxième fois cette analyse pour voir si ce qu’on a trouvé la première année se confirme la deuxième, conclut la biologiste.

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