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La partie est loin d'être terminée entre Marc-Alexis Côté, qui a dirigé la série de jeux vidéo Assassin's Creed, et son ex-employeur, Ubisoft. Celui qui était considéré comme le « capitaine » de la célèbre série intente une poursuite contre l'entreprise, se disant victime d'un « congédiement déguisé ».
Dans une requête introductive d'instance déposée à la Cour supérieure de Québec, l'ex-vice-président et producteur exécutif d'Assassin's Creed réclame 1,3 million de dollars et des dommages moraux à Ubisoft.
Le document judiciaire lève le voile sur le tumulte qui a mené à la fin abrupte du lien d'emploi de Marc-Alexis Côté, mettant fin à une aventure de plus de 20 ans au sein de l'entreprise.

Marc-Alexis Côté dans son bureau de la Ville de Québec, où il occupait le poste de vice-président et producteur exécutif de la marque Assassin's Creed à Ubisoft. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Les faits avancés dans la poursuite ne sont que des allégations, pour le moment, et ils restent à être prouvés devant un juge. Ubisoft a d'ailleurs mandaté le cabinet d'avocats Fasken pour les contester.
Réorganisation qui change la donne
Une réorganisation du géant français du jeu vidéo, fondé par son PDG, Yves Guillemot, serait à l'origine du différend.
En mars 2025, Ubisoft a annoncé la création de Vantage Studios, codirigé par Christophe Derennes, cousin du PDG, et son fils, Charlie Guillemot.
Selon la poursuite, l'influence de M. Côté se serait effritée à compter de la création de cette filiale, qui prenait en charge la série Assassin's Creed, lui qui recevait jusque-là ses ordres directement de Guillemot père.

Le grand patron d’Ubisoft, Yves Guillemot
Photo : Reuters / Brendan McDermid
Un choc
Le choc est survenu lors d'une réunion de direction qui s'est tenue à l'été 2025. M. Côté aurait alors appris que Vantage lançait un processus visant à trouver un Head of Franchise, nouveau poste devant chapeauter trois jeux majeurs, dont Assassin's Creed.
Marc-Alexis Côté a alors constaté avec surprise que ce poste absorbait l’essentiel de ses responsabilités. Au surplus, Yves Guillemot se serait opposé à ce qu'il postule, puisque le poste allait être basé en France.
Un rôle de Head of Production, sous l'autorité du futur Head of Franchise, lui aurait plutôt été proposé, lui faisant perdre le prestige lié à son poste ainsi que le statut d'interlocuteur privilégié auprès de partenaires d'importance, comme Netflix.
Les discussions seraient devenues tendues, jusqu'à ce qu'en septembre, Ubisoft lui offre de diriger une éventuelle Creative House aux contours abstraits, selon sa poursuite, regroupant des séries de second ordre.

Les bureaux d'Ubisoft Québec sont situés sur le boulevard Charest, dans le quartier Saint-Roch. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Rétrogradation inacceptable
Pour Marc-Alexis Côté, qui se voit comme le gardien de la franchise Assassin’s Creed, ces propositions constituaient des rétrogradations inacceptables. Déboussolé, confus et affecté par la situation anxiogène, il décide de se donner deux semaines de réflexion.
La direction l'aurait informé qu'au terme de cette période, il allait devoir donner sa décision finale, à savoir s'il acceptait ou non le poste proposé.
Y voyant une rétrogradation inacceptable constituant un congédiement déguisé, il a mis l'entreprise en demeure de lui verser une indemnité de départ.
En réponse, Ubisoft lui aurait indiqué de ne pas se présenter au travail comme prévu, le 13 octobre, et de poursuivre sa période de réflexion jusqu'à ce que l'entreprise réponde à sa mise en demeure.
Dès le lendemain, Ubisoft a annoncé à l'interne, ainsi que par communiqué de presse, le départ de Marc-Alexis Côté, affirmant qu'il quittait ses fonctions volontairement pour explorer de nouvelles opportunités.
Son relevé de fin d'emploi indique un départ volontaire, ce qui, selon la poursuite, est une stratégie pour éviter de lui payer des indemnités et maintenir la clause de non-concurrence applicable.
Réclamations et dommages
Marc-Alexis Côté réclame donc deux années de salaire, invoquant la difficulté de retrouver un emploi comparable dans une industrie du jeu vidéo en plein ralentissement. Il demande également 75 000 $ en dommages moraux pour ce qu'il considère être un abus de pouvoir et une atteinte à sa réputation, portant sa poursuite à plus de 1,3 million de dollars.
Il souhaite aussi que la Cour lève sa clause de non-concurrence, qui limite ses possibilités d'embauche au sein d'autres entreprises de l'industrie vidéoludique.
Marc-Alexis Côté n'a pas souhaité commenter la situation, tout comme son avocate, Catherine Asselin Jobin, du cabinet Poudrier Bradet Avocats. Monsieur Côté espère un dénouement négocié, rapide et satisfaisant à la situation en cause, a fait savoir Me Asselin Jobin par courriel.
Sollicités pour offrir leur version des faits, les représentants d'Ubisoft n'avaient pas donné suite à notre demande au moment de publier ces lignes.


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