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Après des mois de tensions, le gouvernement De Wever campe sur sa mesure d'indexation partielle des salaires. Malgré une proposition alternative rare par son unanimité – syndicats et patronat réunis au sein du Groupe des Dix (G10) – l'exécutif refuse de revoir sa copie. Officiellement pour des raisons budgétaires. Officieusement parce que la neutralité financière avancée par les partenaires sociaux apparaît de plus en plus fragile et que, politiquement, la coalition ne souhaite pas rouvrir ce chantier sensible.
Selon nos informations, une nouvelle évaluation plus affinée est actuellement discutée entre les cabinets ministériels, l'ONSS, le Bureau fédéral du Plan et les représentants du G10. Les premiers calculs chiffraient le coût de la proposition alternative à plusieurs centaines de millions d'euros. Les nouvelles simulations pourraient revoir certains paramètres, mais deux critères essentiels restent contestés par les partenaires sociaux. À ce stade, le gouvernement considère donc toujours que l'équilibre budgétaire promis par le G10 n'existe pas réellement.
Le cœur du conflit porte sur la manière de contenir les effets d'un retour durable de l'inflation. L'Arizona veut plafonner à deux reprises l'indexation automatique au-delà de 4 000 euros brut pour les salaires et 2 000 euros pour les pensions. Une mesure intégrée à la loi-programme et censée rapporter plus d'un milliard d'euros à l'horizon 2030.
Face à cela, syndicats et employeurs ont élaboré une contreproposition inédite : lisser davantage l'impact des prix de l'énergie dans le calcul de l'index, via une moyenne mobile sur douze mois. L'objectif est double : éviter les emballements brutaux de l'index lors des pics inflationnistes et rendre le mécanisme plus prévisible pour les ménages comme pour les entreprises.
Patronat et syndicats, sur ce dossier sensible, jugent le système gouvernemental opaque, administrativement complexe et potentiellement contre-productif. Les syndicats dénoncent une atteinte au pouvoir d'achat ; les employeurs, eux, craignent que la cotisation de modération salariale prévue dans le mécanisme gouvernemental ne finisse par alourdir durablement les coûts des entreprises. Mais le gouvernement ne veut pas céder. Frank Vandenbroucke (Vooruit) l'a répété mardi à la Chambre : l'alternative du G10 créerait un trou budgétaire et poserait des problèmes juridiques, notamment parce qu'elle affecterait davantage certains agents statutaires.
Indexation des salaires: le Groupe des 10 défend sa proposition "plus juste" devant le gouvernementVote reporté
Dans la majorité, plusieurs responsables considèrent aussi qu'il serait politiquement risqué d'abandonner une réforme présentée comme un symbole de sérieux budgétaire. Le climat politique reste explosif. Les débats parlementaires sur la loi-programme ont encore viré à la bataille rangée ce mardi. Une série d'amendements devraient être adoptés ce mercredi et le vote sur l'ensemble est attendu le jeudi 21 mai. En outre, la pression inflationniste actuelle complique l'équation. Le Bureau du Plan anticipe un dépassement du pivot dès juin, dans un contexte de flambée persistante des prix de l'énergie liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Autrement dit : le débat sur l'indexation risque de se durcir.
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