«Elle va prouver que tout est possible», clame l’affiche de Kayara, princesse Inca. En dessin animé, du moins. On l’aura deviné, cette production latino-américaine, qui propose un récit féministe, paraîtra sans doute plus novatrice dans des régions restées très machistes qu’en terres plus wokes… Mais bon, un peu de décalage culturel n’a jamais fait de mal à personne et c’est donc avec une certaine curiosité qu’on découvre un film d’animation qui n’est ni californien, ni français. Avec pour premiers constats qu’il s’adresse aux plus petits, qu’il s’agit d’un produit bâtard (coproduction espagnole oblige), mais que le saut en arrière qu’il nous propose n’est pas forcément désagréable.
Un quart de siècle après le Kuzco de Disney, nous revoici donc dans l’Empire inca. Avec pour entrée en matière un vol de condor qui dévoile au loin une cité perchée des Andes et un héros athlétique, messager-coureur tôt rentré (pas même essoufflé) pour accueillir la naissance de son enfant, tout ceci n’est pas moins nourri de clichés. Le bébé est une fillette qui, après avoir grandi (sans mère), se rêve un avenir de… messagère-coureuse. Pas de chance, cette fonction prestigieuse est réservée aux hommes. Après avoir fait la connaissance du fils de l’Inca, bientôt intronisé à la suite du décès de son père à lui, Kayara va donc ruser pour participer à la course des messagers de l’empereur et décrocher ce titre convoité de Chasqui.


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