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Plus de trente ans après les faits, Marie-Thérèse Garcia, 79 ans, doit comparaître à partir de mardi pour l'enlèvement et le meurtre de son ex-belle-sœur, dont le corps démembré avait été retrouvé dans une malle sur la Seine.
La rédaction - Aujourd'hui à 08:00 | mis à jour aujourd'hui à 09:18 - Temps de lecture :
Plus de trente ans après la disparition de Corinne Di Dio, retrouvée démembrée dans une malle flottant sur la Seine, Marie-Thérèse Garcia, surnommée « Ma Dalton », sera jugée pour enlèvement, séquestration et meurtre par la cour d’assises des Yvelines à partir de mardi. Un ex-braqueur, Antonio Marquez Gomez, ancien compagnon de la victime et père de leur fils Romain, est accusé des mêmes crimes, mais est en fuite.
L’ordonnance de mise en accusation rappelle d’ailleurs le surnom peu flatteur de « Ma Dalton » attribué à l’accusée par son ex-gendre, qui la décrit comme « manipulatrice » et « tordue », comme le personnage de la BD Lucky Luke. Mais Marie-Thérèse Garcia, âgée de 79 ans et malade, sera-t-elle en état de comparaître ? Elle dit souffrir de la maladie de Ménière, qui touche l’oreille interne, et aurait fait plusieurs AVC.
Des écoutes téléphoniques effarantes… 15 ans après
Le corps de Corinne Di Dio a été repêché le 28 juin 1995 dans une caisse métallique dérivant sur la Seine, dans l’Eure. Son identification n’a eu lieu qu’en 1997 grâce à des analyses ADN : elle était décapitée, les pieds et mains coupés. Au total, la victime a reçu 14 coups de couteau au thorax.
Une rivalité sentimentale entre l’accusée et la victime, sur fond de la garde du fils du couple, installe le contexte de ce crime. Mais faute de preuves solides, deux non-lieux ont été prononcés, en mars 2000 et avril 2008. D’autres pistes ont été examinées, dont celle de Jean-Jacques Maurice, figure du grand banditisme dans les années 1980 : ex-petit ami de Corinne Di Dio, il aurait nourri une rancœur tenace à son égard après qu’elle a témoigné contre lui. Il n’a pas été accusé, mais Jean-Jacques Maurice s’est suicidé en prison en juin 1997.
En 2012, coup de théâtre : sur écoute, une petite-fille de Marie-Thérèse Garcia affirme au téléphone avoir vu, plus jeune, dans sa jeunesse « une bonne femme se faire couper en morceaux ». Marie-Thérèse Garcia, qui clame son innocence est alors mise en examen et placée en détention provisoire en mai 2023. « Tout l’enjeu du procès sera de prouver qu’il n’y a aucun élément nouveau par rapport aux deux non-lieux de 2000 et de 2008 », assure son avocate, Me Najwa El Haïté.
Mais parmi les éléments à charge retenus par l’instruction, des cheveux pouvant appartenir à l’accusée ont été retrouvés dans la malle contenant le corps de la victime. Des témoins, dont Romain, une des deux filles de l’accusée ou encore son ex-compagnon, sont depuis venus alimenter le dossier.
Les parties civiles espèrent « une victoire contre l’oubli et le cynisme » et se disent « déterminés à faire triompher la vérité et ainsi faire honneur à la mémoire de Corinne », selon leur avocat Me Joseph Cohen-Sabban. Le procès doit durer deux semaines et demie. Le verdict est attendu le 3 juillet.


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