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La députée britannique Jess Asato a saisi la Haute Cour de Londres pour exiger qu’xAI empêche son chatbot Grok de générer des images intimes non consenties à son encontre, marquant une action judiciaire novatrice ciblant directement la conception algorithmique de l’intelligence artificielle.
Une élue de la majorité au Parlement britannique a porté plainte contre xAI, la société d’intelligence artificielle fondée par Elon Musk, après avoir fait l’objet de deepfakes à caractère sexuel.
Cette démarche judiciaire intervient alors que l’outil de génération d’images associé à la plateforme X fait l’objet de vives critiques à l’échelle internationale. D’autres procédures ont également été initiées aux États-Unis et aux Pays-Bas pour contester la prolifération de contenus explicitement manipulés.
Les détails de la plainte déposée par Jess Asato à Londres
La procédure enregistrée devant la juridiction londonienne reproche à xAI d’avoir conçu et entraîné son système de manière à rendre possible la création d’images et de vidéos compromettantes sans le consentement des personnes concernées. Selon les éléments du dossier, l’élue a été la cible de ces détournements numériques après avoir émis des critiques publiques à l’encontre de la plateforme et de son dirigeant.
Photo: arise.tvLa requête vise également à obtenir la reconnaissance officielle du caractère illégal des agissements subis ainsi que des dommages et intérêts.
Jess Asato, députée du Parti travailliste, a déclaré via Reuters que Grok avait créé de la pornographie deepfake et du contenu sexualisé qui avaient nui à des milliers de femmes et d’enfants.
Le cabinet d’avocats AWO, qui assiste la plaignante, souligne la portée stratégique de ce recours en responsabilité. D’après le directeur juridique Ravi Naik, cette action constitue l’une des premières tentatives visant à appliquer le droit de la protection de la vie privée à la conception même d’un modèle d’intelligence artificielle, rappelant que la sécurité des utilisateurs ne doit pas constituer une option secondaire.
L’analyse des consignes internes et les restrictions imposées par xAI
Les pièces versées au dossier par les représentants légaux de l’élue mettent en lumière les directives internes programmées au sein du système. Les instructions initiales du chatbot interdisaient de prêter assistance à des utilisateurs manifestement engagés dans des activités illicites. Toutefois, les avocats soulignent que l’outil disposait de marges permissives autorisant des contenus à thématique adulte ou violente.
Photo: ReutersFace aux polémiques et aux enquêtes réglementaires ouvertes dans plusieurs pays, xAI avait ajusté ses paramètres au mois de janvier, interdisant à l’ensemble des utilisateurs de modifier des clichés représentant de vraies personnes de manière suggestive dans les juridictions où cette pratique est prohibée. Néanmoins, des vérifications indépendantes réalisées au début du mois de février ont mis en évidence que la technologie continuait de produire des représentations explicites malgré les avertissements explicites sur l’absence de consentement des sujets.
Une série de recours judiciaires menés aux États-Unis et en Europe
La procédure engagée au Royaume-Uni s’inscrit dans un mouvement mondial de contestation judiciaire visant le mode de fonctionnement de la plateforme d’intelligence artificielle. Aux États-Unis, la ville de Baltimore a introduit un recours en mars, arguant que les fonctionnalités du générateur de visuels enfreignaient la législation sur la protection des consommateurs.
Photo: ThestandardParallèlement, une action collective a été enregistrée le même lundi devant un tribunal fédéral de San Jose, en Californie. Portée par trois plaignants originaires du Tennessee, dont deux mineurs, cette démarche vise à représenter l’ensemble des citoyens américains dont l’image a été exploitée pour générer des contenus sexuellement explicites.
Les plaignants américains affirment que l’entreprise a sciemment omis d’intégrer des barrières de sécurité adéquates pour protéger les mineurs, entraînant des préjudices psychologiques considérables. Le cabinet représentant les familles souligne que des photographies scolaires et familiales ont été détournées à des fins de diffusion en ligne.
Annika Martin, avocate des plaignants du cabinet Lieff Cabraser Heimann & Bernstein, a affirmé via The Standard qu’Elon Musk et xAI avaient délibérément conçu Grok pour produire du contenu sexuellement explicite à des fins pécuniaires, sans se soucier des enfants et des adultes qui subiraient des préjudices.
Jusqu’à présent, la direction de xAI n’a formulé aucun commentaire officiel en réponse à ces différentes assignations en justice, tandis que la société SpaceX, structure de rattachement du projet technologique, poursuit ses préparatifs financiers de grande envergure pour une introduction en bourse prévue dans le courant du mois.


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