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Life 18/06/2026 19:46
La natation est un remède contre la canicule, mais elle expose les femmes aux « tocards ».

Process Visual / Getty Images
« Je me suis rendu compte que les gens avec qui j’avais le plus de mal dans la ligne, c’était les hommes, qui prenaient toute la place et considéraient qu’ils allaient aller plus vite que moi », raconte Maëva au HuffPost.
C’est une chronique qui a fait des vagues. Il y a quelques semaines, la journaliste Élodie Petit s’est fendue d’un coup de gueule dans Elle, dénonçant le comportement des hommes dans les piscines publiques. Au-delà des questions de harcèlement sexuel dans les vestiaires, c’est leur attitude irrespectueuse dans les lignes d’eau que la rédactrice en cheffe adjointe pointe du doigt.
« L’homme des bassins se reconnaît à quelques caractéristiques simples : il croit que l’espace est à lui, il vient se sculpter le corps et, dans l’effort, a besoin de montrer qu’il est le meilleur », écrit celle qui crawle plusieurs fois par semaine à Paris. Élodie Petit ne compte plus les fois où elle a été confrontée à un homme qui nage en plein milieu, fait tout pour éviter de se faire doubler par une femme ou effectue son virage sans se soucier de donner des coups. Une forme de sexisme ordinaire.
« Cela va plus loin que le mec qui prend de la place sur le trottoir car il y a la notion de performance, commente la journaliste auprès du HuffPost. Quand un homme nage, souvent, la ligne est sienne et, dans sa tête, une mamie avec sa planche n’a tout simplement pas à être là ! Mais il s’entraîne pour quoi, les JO ? »
« Il m’a donné un coup »
Maëva*, 29 ans, pratique en club depuis plusieurs années à un bon niveau. Son expérience lors de son dernier entraînement dans une piscine publique rejoint celle d’Élodie Petit. « Je me suis rendu compte que les gens avec qui j’avais le plus de mal dans la ligne, c’était les hommes, qui prenaient toute la place et qui considéraient, parce que j’étais une femme, qu’ils allaient aller plus vite que moi », raconte Maëva au HuffPost. Les nageurs en question n’avaient d’ailleurs « pas conscience de l’espace qu’ils occupaient et, surtout, ils s’en foutaient », peste-t-elle.
« Ca les énerve beaucoup que tu ailles plus vite qu’eux », opine Manon*, trentennaire parisienne. « J’ai de la patience pour ceux qui ne savent pas et nagent dans la mauvaise ligne, par exemple. Mais pas pour les hommes qui prennent toute la place » ou font « des demi-tours en pleine tronche », note la trentenaire parisienne, qui subit aussi régulièrement de la drague insistante – et non sollicitée.
Géraldine*, 38 ans, se souvient d’un épisode en particulier, il y a quelques années. « Le gars nageait au milieu pour pas se faire doubler, j’ai accéléré, il m’a donné un coup », commence celle qui a justement choisi de rejoindre un club en natation pour éviter les comportements irrespectueux dans les créneaux publics. Après ce coup, « je l’ai chopé par le pied pour le calmer, il m’a traitée de folle à mettre en hôpital psychiatrique… »
« Avant la fin de ma séance, je le redouble, il s’est mis à me suivre à fond la caisse et à me gratter les pieds violemment », poursuit Géraldine, qui se prendra encore un « coup de pied » faussement accidentel un peu plus tard dans sa séance.
« Je pose mon ego dans les vestiaires »
Depuis, la sportive s’adapte, choisissant par exemple les lignes destinées à la pratique de la natation avec du matériel (palmes, pull-buoy, plaquettes…). « Dès qu’il y a trop d’hommes en ligne pour nageurs rapides, c’est compliqué pour une femme, même si elle va plus vite. Quand je vois que c’est le cas, je vais dans une ligne moins rapide, où je peux doubler sans problème. »
Pour éviter ce qu’Elle a baptisé le « mansplashing » – soit le « manspreading » à la piscine –, Élodie Petit fait pour sa part en sorte de s’entraîner sur des créneaux moins fréquentés. « J’y vais vers 13 heures le mercredi par exemple. J’y étais il y a encore une heure et il y avait une mamie avec moi et c’est tout ! C’était 100 fois plus sympa que de nager avec plein de tocards. »
Et en cas de problème, elle confronte parfois les hommes irrespectueux. « Ça dépend de mon niveau d’énergie et de batterie sociale, mais lorsque je peux j’essaie de les mettre face à leur débilité en étant très factuelle, et toujours avec le sourire : “je suis sûre que si vous nagez à droite, on ne se gênera pas !”, par exemple. »
Géraldine, de son côté, ne va pas toujours à la confrontation car elle craint de se retrouver bien seule. « Dès que tu te prends la tête avec un gars, les autres autour ne disent rien, ils ne vont pas te défendre », déplore-t-elle. Et de conclure : « Quand je vais dans une piscine publique, je pose mon ego dans les vestiaires et je vais nager pour le plaisir avant tout. »
*Le prénom a été modifié


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