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Incendie du Sacré-Coeur à Ploërmel : 40 photos inédites de cette nuit de mars 2006

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Par Rédaction Ploërmel Publié le 1 mars 2026 à 20h39

2h 50, jeudi 2 mars 2006. Deux jeunes filles qui rentrent d’une fête donnent l’alerte. Un incendie se déclare au Sacré-Cœur de Ploërmel (Morbihan). Quelques minutes plus tard, c’est une patrouille du PSIG de Ploërmel qui constate également le début de l’incendie. Les premiers pompiers arrivent, en raison de routes glissantes, sont d’abord appelés les unités qui se trouvent en bordure de quatre voies.

Protéger à tout prix le collège

Devant l’ampleur du sinistre, ce sont 120 pompiers du département qui vont se battre durant plusieurs heures contre les flammes qui ravagent une partie du patrimoine de la ville.

Dès le début de l’intervention, le choix est fait de protéger le collège. Au petit matin, un premier bilan peut être tiré : le cloître du Sacré-Cœur est en partie détruit, ainsi que le toit de la chapelle. Une aile du collège est touchée, six classes sont inutilisables.

Cette nuit de mars 2006, le destin du Sacré-Coeur de Ploërmel (Morbihan) a basculé.

Cette nuit de mars 2006, le destin du Sacré-Coeur de Ploërmel (Morbihan) a basculé. ©Le Ploërmelais

Durant quatre jours, une surveillance sera assurée pour éviter toute reprise de l’incendie. La configuration des lieux, le vieux bois sont d’excellents complices du feu. 

Arrivé sur les lieux vers 5h du matin, Maurice Olivier, alors adjoint de direction au collège, est réveillé par l’alarme de l’établissement qui sonne à son domicile :

Tout de suite, j’ai pensé à une intrusion, à un cambriolage. Mais, en me préparant, l’alarme a sonné une deuxième fois. Là, j’ai eu un doute sur ce qui se passait

Un doute rapidement levé lorsqu’il arrive près de l’établissement : « Je revois encore les flammes à mon arrivée. La partie du grand bâtiment du collège était en feu également. Finalement, il s’est arrêté au premier escalier de l’établissement. »

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Immédiatement, l’adjoint pense aux élèves et à la rentrée qui se profile: comment faire ? Comment accueillir les élèves ? Comment les reloger ?

Aux côtés de Bernard Bousso, président de l’Ogec, une solution est rapidement trouvée: « On a fait le choix d’installer des classes mobiles. Six au total pour accueillir le niveau 4. Elles sont restées un an en place. »

Chef du centre de secours de Ploërmel, Philippe Gaulier garde lui aussi un souvenir précis de cette nuit pendant laquelle il a commandé les opérations pendant deux heures : « À mon arrivée sur les lieux, le sinistre était déjà très étendu : une part importante de la toiture était en feu. J’ai immédiatement compris que l’incendie avait couvé un certain temps et que, désormais, les gaz et fumées inflammables s’étaient accumulés sous l’ensemble de la toiture, et donc du cloître. Le risque d’un embrasement généralisé éclair sur toute la couverture était imminent. »

A Ploërmel, cette nuit-là, il prend le commandement des opérations et demande en renfort six engins pompes et cinq échelles aériennes. Le CODIS engage de son côté les centres de secours en renfort disposant d’axes routiers dégagés et salés, du fait des conditions particulièrement difficiles dues au verglas cette nuit là, rendant l’arrivée des renforts encore plus difficile.

Il a ensuite fallu se préoccuper et garantir la permanence de l’alimentation en eau : ce sont des milliers de litres déversés chaque minute sur le sinistre, tout en assurant en permanence la sécurité des personnels engagés.

Les conséquences matérielles du sinistre, nous les connaissons. Mais ce qu’il faut surtout mesurer, c’est le coût de ce qui a été sauvé : un collège accueillant près de 1 000 élèves, qui n’a pas brûlé, les bâtiments abritant l’école de musique aussi, grâce à l’action déterminée et coordonnée des sapeurs-pompiers. Cette nuit-là, j’ai été très fier de la mobilisation de l’ensemble des sapeurs-pompiers de Ploërmel, de leur engagement et de leur professionnalisme

Un incendie criminel

12 jours. C’est le temps qu’aura duré l’enquête notamment menée par la brigade de recherche de Ploërmel. Pour les enquêteurs, il fallait fermer une à une les différentes pistes. Ils arrivent à cette conclusion : l’incendie est d’origine criminelle

L’enquête va montrer que plusieurs jours avant l’incendie, des jeunes se rendaient parfois, de nuit, dans l’ancien cloître. Dans l’une des pièces, ils font la fête, boivent…

A de nombreuses reprises, des agents de la commune interviennent pour boucler les lieux. Mais rien n’y fait, le groupe revient. 

Après l'incendie, place à l'état des lieux.

Après l’incendie, place à l’état des lieux. ©Le Ploërmelais

Ce soir du 1er mars, ils sont quatre à se rendre sur place. Deux majeurs et deux mineurs âgés de 15 et 16 ans. L’un est scolarisé au collège.

Le feu à un matelas 

La soirée est arrosée : « Nous avions beaucoup bu et fumé » racontera lors du procès l’un des prévenus. Vers minuit, l’un des jeunes met le feu à un matelas et lance : « Je vais faire cramer le Sacré-Cœur ! »

Précision des enquêteurs, il s’agit, dans les intentions de l’auteur présumé, du cloître et non du collège.

Les trois autres jeunes alimentent le feu avec des objets trouvés sur place. Vers minuit et demi, ils quittent les lieux. Dans les heures qui suivent, ils sont contrôlés par une patrouille de gendarmes alors « qu’ils se chamaillent » dans les rues.

Vers 3 h, ils reviennent sur les lieux. Deux sont alors interpellés pour état d’ébriété. Ils seront relâchés dans la matinée. « Nous avions des doutes, raconte l’un des gendarmes, mais pas encore d’éléments précis. »

Le lundi 13 mars au matin, 7 suspects sont interpellés, dont trois mineurs.

5 sont entendus à Ploërmel, un à Malestroit et un à Josselin. En fin de journée, trois sont mis hors de cause. 

Le mardi, les 4 suspects sont présentés au juge d’instruction. Ils sont mis en examen pour destruction du bien d’autrui par un moyen dangereux, en l’occurrence un incendie.

Suite à un accord avec la compagnie d’assurance qui a dédommagé la Ville de Ploërmel à hauteur de 8,5 millions d’euros, la collectivité a renoncé à porter plainte.

Le principal suspect, âge de 19 ans, est écroué à la prison de Vannes. L’autre, majeur de 20 ans, est laissé en liberté (contre l’avis du procureur) sous contrôle judiciaire.

Les deux mineurs sont eux placés en foyer sous surveillance et assistance éducative, l’un à Vannes, l’autre à Lorient.

En octobre 2007, les deux mineurs au moment des faits sont jugés par le tribunal pour enfants de Vannes. Ils sont condamnés à 10 mois de prison pour l’un, dont 8 avec sursis. Le second écope de 4 mois de prison avec sursis.

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