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«Il y a trois choses à faire avec la dissertation» : un professeur de philosophie analyse le sujet du baccalauréat

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Publié le 15/06/2026 à 19:10 - Mis à jour le 15/06/2026 à 19:12

Didier Lemaire, professeur de philosophie. [© Europe 1]

Ce lundi, au micro de Pascal Praud, Didier Lemaire a réagi au sujet de philosophie du baccalauréat. Le professeur de philosophie a expliqué qu'il y avait "trois choses à faire" avec la dissertation.

Dans Pascal Praud et vous, ce lundi 15 juin 2026, Didier Lemaire, professeur de philosophie, a réagi au sujet du baccalauréat, notamment au sujet n°1 de dissertation : "Avons-nous la maîtrise de nos paroles ?"

"Bien cerner le sens de la question"

"Il y a trois choses à faire quand on reçoit un sujet de dissertation. D'abord, dégager le ou les présupposés qui sont dans la question, c'est-à-dire les affirmations qui sont implicites. Ensuite, il faut dégager un problème pour comprendre la contradiction que nous allons examiner et ne pas partir avec une réponse dans sa poche. Et puis, il faut bien cerner le sens de la question", a expliqué Didier Lemaire.

Et de poursuivre : "Dans la question 'Avons-nous la maîtrise de nos paroles ?', le sens est assez difficile. Il y a la question, évidemment, qui porte sur la maîtrise de l'acte de parler, mais il y a peut-être une difficulté dans le sens du sujet : le 'nous'. Sommes-nous sûrs que ce sont bien nos paroles ? Lorsque nous parlons, qu'est-ce qui nous en assure ?"

La parole est-elle vraiment singulière ?

"Le sujet pose trois problèmes. Le premier, c'est celui de la maîtrise. Contrôlons-nous notre parole ? Est-ce que parfois la passion, la colère ou une autre émotion nous échappe dans notre parole ?", a indiqué le professeur de philosophie.

"Le deuxième, peut-être moins évident, c'est le problème de la responsabilité. Lorsque nous parlons, nous nous adressons à autrui. Autrui est dépositaire de cette parole, il la comprend à sa façon. Maîtrisons-nous ainsi les effets de notre parole ?", a-t-il ajouté.

"Enfin, il y a un troisième et dernier problème, qui me semble le plus intéressant et qui mériterait une partie assez approfondie. La parole, si nous la définissons rapidement, suppose la combinaison de signes. C'est la différence entre ce qu'on appelle à tort le langage animal, car ce n'est pas un langage, c'est une faculté d'association entre un symbole et des actions, et le langage humain, car l'homme a la faculté de combiner des signes, donc de parler, c'est-à-dire de former des phrases et des discours sans cesse nouveaux", a souligné Didier Lemaire.

Avant de conclure : "Mais lorsque nous parlons, au fond, nous utilisons des termes qui ont une valeur générale, et nous ne pouvons pas dire des choses singulières. Seul l'artiste est capable de créer une parole qui ne soit pas réductible à des étiquettes. Le poète, le romancier, le dramaturge, ce sont ceux qui vont donner à cette parole une valeur véritablement singulière et individuelle. Alors que l'homme de la rue ne fait que répéter les paroles de tout le monde et croit qu'il s'agit de sa parole alors que ce n'est pas la sienne."

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