Si les relations extraconjugales passionnent autant, c’est parce qu’elles interrogent en creux les structures sociales: le couple comme forme relationnelle la plus valorisée, la monogamie comme système de préservation du mariage, la famille nucléaire, la définition de l’amour et du désir, etc. Mais ce qui nous intéresse ici, ce sont les conditions matérielles de ce type d’histoires. Comment s’insèrent-elles dans nos vies bien remplies? Où trouve-t-on le temps et l’espace pour les vivre? Quel «travail» physique et psychique cela implique-t-il?
Anne, une femme divorcée de 59 ans, ancienne rédactrice sans emploi et mère de trois enfants, raconte l’époque où elle trompait son mari avec un amant régulier. Et comment cela a fini par «ruiner [sa] santé mentale» malgré le plaisir pris avec cet homme, pour qui elle a éprouvé un «coup de foudre passionnel». Anne avait rencontré cet amant lors de vacances dans le sud de la France et elle le faisait venir chez elle les week-ends où son époux, souvent en déplacement, était absent. «Je casais les gosses chez ma mère et chez ma tante et je les récupérais le dimanche à 19 heures. Sur le moment, je trouvais ça formidable. Jusqu’à ce que je comprenne que cette histoire était en train de me broyer», lâche-t-elle.


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