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Qui était Leo Schilperoord, ce retraité néerlandais devenu le possible « patient zéro » de l'épidémie d’hantavirus sur le MV Hondius ? Passionné d'ornithologie, cet homme de 70 ans parcourait l'Amérique du Sud avec son épouse lorsqu'une excursion près d'Ushuaia aurait bouleversé leur voyage et peut-être déclenché une chaîne de contaminations redoutée par les autorités sanitaires.
Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité par The Guardian, a d'ailleurs déclaré que d'autres cas étaient susceptibles d'apparaître en raison du degré d'interaction entre les passagers à bord du navire avant que l'alerte ne soit donnée et que le premier cas ne soit confirmé chez un passager le 2 mai.
La visite d’une décharge au cœur des soupçons
Originaire de Haulerwijk, un petit village situé dans le nord des Pays-Bas, Leo Schilperoord consacrait une grande partie de sa vie à étudier les oiseaux. Avec son épouse Mirjam, âgée de 69 ans, il parcourait régulièrement le monde pour observer des espèces rares. Le couple avait notamment coécrit une étude sur les oies à pattes roses parue dans le magazine ornithologique néerlandais Het Vogeljaar dans les années 1980 et participé à de nombreux séjours naturalistes.
Fin novembre 2025, les deux retraités entament un voyage de cinq mois à travers l'Amérique du Sud, entre Argentine, Chili et Uruguay. Fin mars, alors qu'ils se trouvent à Ushuaia, en Patagonie argentine, ils visitent une immense décharge située à quelques kilomètres de la ville. Ce lieu attire notamment de nombreux ornithologues venus observer le caracara à gorge blanche. Mais cette décharge est également connue pour être infestée de rongeurs.
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Les autorités argentines soupçonnent aujourd'hui le couple d'y avoir inhalé des particules contaminées provenant d'excréments de rats pygmées à longue queue, porteurs de la souche andine de l'hantavirus.
Comment l’épidémie a basculé à bord du MV Hondius
Lorsque Leo et Mirjam Schilperoord embarquent à bord du MV Hondius le 1er avril, rien ne laisse présager le drame qui va suivre. Ce navire d'expédition néerlandais transporte alors 112 passagers, parmi lesquels plusieurs scientifiques et passionnés d'ornithologie venus explorer les régions australes.
Mais le 6 avril, Leo Schilperoord commence à présenter des symptômes inquiétants : fièvre, maux de tête, douleurs abdominales et diarrhées. Son état se dégrade rapidement au fil des jours. Le retraité néerlandais décède finalement le 11 avril à bord du navire.
Après le décès de son mari, Mirjam quitte le navire le 24 avril lors d'une escale sur l'île de Sainte-Hélène, avec le corps de Leo. Elle rejoint ensuite Johannesburg, en Afrique du Sud, afin de prendre un vol vers les Pays-Bas. Mais son état de santé se dégrade brutalement. Jugée trop malade pour embarquer, elle est débarquée de l'avion avant de s'effondrer à l'aéroport. Elle décède le lendemain. Son infection à l'hantavirus sera confirmée quelques jours plus tard.
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Plusieurs personnes et membres d'équipage sont alors placés sous surveillance, tandis que des évacuations sanitaires sont organisées lors des escales du navire.
Des passagers ayant quitté le navire ont ensuite été suivis dans plusieurs pays, alimentant les inquiétudes autour d'une possible diffusion internationale du virus.
De nombreuses zones d’ombre persistent encore
Malgré les nombreuses hypothèses avancées ces derniers jours, les autorités sanitaires continuent d'enquêter pour reconstituer précisément les circonstances de contamination et les éventuelles chaînes de transmission. L'OMS n'a notamment pas confirmé officiellement que Leo Schilperoord était bien le « patient zéro ». En outre, les autorités sanitaires de la Terre de Feu contestent cette théorie. Le directeur provincial de l'épidémiologie, Juan Petrina, a jugé « très improbable » une contamination locale, soulignant qu'aucun cas d'hantavirus n'avait été recensé dans la province depuis l'existence des registres sanitaires. Selon lui, le couple aurait pu être exposé plus tôt lors de son passage dans des régions du Chili où des foyers d'hantavirus ont déjà été signalés.
Plusieurs cas recensés parmi les passagers et membres d'équipage du MV Hondius laissent penser que des transmissions ont probablement eu lieu à bord du navire. La souche andine de l'hantavirus, suspectée dans cette épidémie, est en effet la seule forme connue capable de se transmettre entre humains, même si ces contaminations restent rares. La chronologie exacte des cas et l'ampleur précise de la chaîne de transmission demeurent toutefois encore floues.


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