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Parfois optimistes, parfois réalistes et souvent un peu des deux : les partisans montréalais du Canada ont fièrement célébré la victoire historique de leur équipe à la Coupe du monde de soccer, dimanche après-midi.
Dans le Sud-Ouest, un orage a surpris les partisans de l’unifolié à peine une heure avant le coup d’envoi du match opposant le Canada à l’Afrique du Sud en seizième de finale.
Familles et groupes d’amis ont déserté les rues et les abords du canal Lachine, où une diffusion en plein air était prévue, avant la mise au jeu. Plusieurs se sont retrouvés à quelques coins de rues de là, à la brasserie Siboire, rue Notre-Dame.
Les amateurs trempés qui s’y sont réfugiés étaient d’abord assez discrets, mais leur après-midi est allé crescendo. Et, contrairement à l’orage qui a sévi avant la défaite des Canadiens de Montréal, quelques semaines plus tôt, celui de dimanche a porté chance au Canada.
Parmi les partisans, Lotfy, attablé avec des amis tout près d’un écran géant, demeurait prudent. Jusqu’à maintenant, le Canada est la meilleure équipe, mais ça reste à voir, a-t-il d’abord estimé.
Les deux équipes qui s’affrontaient avaient un profil et un parcours similaires : le Canada et l’Afrique du Sud ne s’étaient jamais rendus aussi loin dans le Mondial.
Avant même la fin du match, Lotfy, partisan de l’Allemagne avoué, avait déjà les yeux rivés sur le prochain match. L’équipe victorieuse affronterait ensuite soit le Maroc, soit les Pays-Bas, deux équipes de taille.
L’esprit de son ami Ali, lui, était davantage ancré dans le moment présent. On a beaucoup, beaucoup de chances de gagner aujourd’hui, a-t-il lancé.
De l'électricité dans l'air
Il aura fallu une excellente séquence et une chance de marquer ratée, à quelques instants de la mi-temps, pour que le bruit de fond des discussions laisse finalement place à des cris de frustration et d’excitation.

Il a fallu un peu de temps avant que l'électricité s'installe dans l'air du restaurant.
Photo : Radio-Canada / Charles Séguin
Le groupe de Frederico, au fond du restaurant, était de loin le plus bruyant. Compte tenu qu’Alphonso Davies est blessé, je suis très satisfait, a affirmé le principal intéressé, après 45 minutes de jeu.
Aujourd’hui, on peut y croire, a renchéri son ami Mathieu, devant lui.
Toujours le premier à tonitruer devant une bonne séquence des Canadiens depuis le début de la rencontre, Frederico a martelé pendant la pause qu’un but, ça peut nous mener loin.
Ses paroles ont finalement été garantes du reste du match : le joueur étoile du Canada, Alphonso Davies, a sauté sur le terrain pour la seconde portion de la partie et le Canada a filé avec la victoire avec un seul petit but, marqué dans le temps additionnel de la seconde mi-temps.
Terminée l’ambiance d’apéro d’après-midi, tous les occupants du restaurant étaient finalement absorbés par la partie, alors que les dernières secondes qui s’écoulaient semblaient durer une éternité.

Stephen Eustaquio (7) réagit à son but face à l'Afrique du Sud en seizième de finale.
Photo : Getty Images / Fran Santiago
Grâce au but de Stephen Eustáquio, marqué sur un rebond – tout un rebond, selon Mathieu – le Canada est devenu la première équipe à se qualifier pour les huitièmes de finale.
Fier de son équipe, et d’avoir vu juste lors de son analyse, Frederico a dit qu’il tenterait de faire d’aussi bonnes prédictions lors du prochain match au Texas, le 4 juillet.
Il s’est même permis une ambitieuse hypothèse : Chanceux, bien chanceux, on peut jouer encore deux matchs.
Mathieu, son ami, a quant à lui rappelé le caractère historique de l’exploit auquel ils venaient d'assister. Les joueurs du Canada n’auront jamais vécu ça, un huitième de finale. Ils auront beaucoup de stress, et nous aussi!
Une victoire loin de la maison
Un élément a toutefois dérangé Frederico. Même si la foule était de toute évidence en sa faveur, à Los Angeles, le Canada n’a pas pu vivre cette expérience historique à la maison.
Plus loin, Ali aussi en était déçu. Il aurait adoré que Montréal accueille des matchs de cet événement sportif mondial. Mais devant la facture très salée ainsi que d’importantes concessions exigées par la FIFA, la métropole québécoise a finalement refusé d’accueillir l’événement.
J’aurais aimé voir ça à Montréal, a-t-il avoué. Mais je comprends les concessions que ça prend pour avoir une game ici et on a de plus grandes priorités pour offrir des activités au monde.
Ce n’est pas si triste que ça, on peut venir la voir au bar!
La victoire du Canada est d'ailleurs une autre occasion en or pour les tenanciers de bar de la ville, qui ont déjà pu surfer sur la fièvre des séries du hockey ce printemps.
En entrevue à Radio-Canada, le copropriétaire du bar du Mile-End Double’s Late Night, Zack Macklovitch, a souligné qu’il y a des années plus difficiles pour les propriétaires de bar. Mais cette année, on est contents, on continue de voir l’achalandage, s’est-il réjoui.
Avec des informations de Raphaëlle Drouin


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