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De petites municipalités ontariennes doivent, chaque année, réviser leur budget pour faire face au règlement de la facture du service de la Police provinciale de l’Ontario (PPO), qui ne cesse de gonfler avec le temps. Pour faire face à cette situation financière éprouvante, des localités demandent l’intervention de la province.
C’est le cas du Canton de Fauquier-Strickland, qui a mis de l’avant une motion pour réclamer un allègement des coûts, lors de sa rencontre du conseil municipal du 14 avril.
C’est aussi le cas pour d’autres municipalités, comme la Ville de Sarnia, le comté de Prince-Édouard, et la municipalité de Fort Frances, qui proposent une réforme des dépenses liées aux services policiers.
Robin Jones, présidente de l’Association des Municipalités de l’Ontario (AMO), pense que les dépenses des Villes pour les services policiers ne peuvent pas être diminuées avec simplicité.

(À gauche), la présidente de l'Association des Municipalités de l'Ontario, Robin Jones. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Nathan Fung
Selon elle, une hausse des frais de services policiers ne peut pas être uniquement imputée à la PPO.
Certains coûts sont inévitables, et cela a un impact sur le budget municipal, y compris l’augmentation d’impôts fonciers.
Notamment, le transport des détenus, bien qu’une partie des frais soit couverte par la province, une part importante pèse encore sur le budget municipal. À cela s’ajoutent les coûts liés à la sécurité des tribunaux, qui sont incontournables. Enfin, il y a les urgences nécessitant l’intervention de policiers de garde, car une présence policière est alors indispensable, explique-t-elle.
Par contre, elle précise que l’Ontario pourrait agir pour moderniser les forces de l’ordre et ainsi alléger le fardeau des villes ontariennes.
Pour elle, l’une des solutions consiste à embaucher du personnel pour intervenir dans des situations précises n’exigeant pas la présence d’un agent armé.
Mme Jones cite, à titre d’exemple, la question des travailleurs qui effectuent les contrôles de vitesse.
Nous accueillerons favorablement une discussion avec la province afin de définir les cas pour lesquels il n’est pas nécessaire de mobiliser un policier possédant toute la formation, l’expérience, les aptitudes et les compétences que nous exigeons pour le recrutement et la rétention des agents de police .
Elle indique que d’autres secteurs, notamment les services sociaux, constituent des gouffres financiers pour les municipalités de l’Ontario. Mais elle précise que le gouvernement ontarien offre quand même des subventions pour alléger le fardeau.
Pour l’instant, la loi ne permet pas aux municipalités de modifier les budgets des services policiers.
Pour sa part, Gisèle Pageau, maire de la municipalité de la Rivière des Français, estime qu’il est injuste que certains services ne soient pas fournis par la province.
Honnêtement, je crois que tous les frais de la PPO, de santé, d’ambulanciers, les services de garderie devraient être abordés par le gouvernement et non par les municipalités, déclare-t-elle.

Gisèle Pageau est la maire de la municipalité de la Rivière des Français. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Mme Pageau croit que les dépenses d’envergure devraient faire partie des responsabilités de la province.
On a tous les chemins à réparer, on a aussi de la neige à enlever, note-t-elle.
Elle souligne tout de même que les coûts de la PPO sont moins élevés que si la région disposait de son propre corps policier. Mme Pageau précise que la municipalité doit payer environ huit cent mille dollars, annuellement.
Je crois que le gouvernement a fait une grosse erreur quand il a décidé de mettre le tout sur les assiettes des municipalités, dit-elle.
En réponse aux inquiétudes des petites villes, la province a limité les augmentations budgétaires de la PPO pour les municipalités à 11 % par année, en 2026.
Au moment de la publication de cet article, la Police provinciale de l’Ontario et le bureau du Solliciteur général n’avaient pas répondu aux demandes d’entrevue de Radio-Canada.


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