Le chaos au Moyen-Orient provoque une certaine cacophonie au sein de l’UE, en difficulté lorsqu’il s’agit d’adopter une position commune. Dimanche, la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, a convoqué une réunion d’urgence des ministres européens des Affaires étrangères. Mais dès le lendemain, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a réuni ses 27 commissaires pour aborder à son tour les questions de sécurité et de défense. Un ballet diplomatique frénétique qui a rapidement fait apparaître des tensions. Et une question, centrale: qui peut vraiment s’exprimer au nom des Vingt-Sept?
Les Européens disent ne pas avoir été informés en amont de l’opération «Fureur épique» des Etats-Unis menée conjointement avec Israël pour attaquer l’Iran. Tant Kaja Kallas qu’Ursula von der Leyen, qui a publié une sobre déclaration commune avec le président du Conseil européen António Costa, ont appelé à la «désescalade», au retour rapide de la voie diplomatique et à l’arrêt définitif des programmes nucléaire et balistique. Mais quid de la légalité des frappes américaines et israéliennes? La question a été posée lundi à l’occasion de la cérémonie de signature du paquet Suisse-UE entre le président de la Confédération Guy Parmelin et Ursula von der Leyen. Et la porte-parole de la Commission l’a très vite écartée. Idem quelques minutes plus tard, lors du traditionnel «midday briefing» au Berlaymont. Malgré les questions répétées de journalistes s’interrogeant sur la position de la Commission, la porte-parole s’est contentée de botter en touche et de rappeler que le meurtrier régime des mollahs était responsable de l’oppression du peuple iranien.


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