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Lors d’un point presse tenu ce vendredi, le procureur adjoint et le contrôleur général de la sûreté publique sont revenus sur les grandes étapes de l’enquête, entre déguisement et pistes de complicité toujours à l’étude.
Il aura fallu «48 heures» aux enquêteurs pour identifier la principale suspecte de l'explosion survenue à Monaco lundi 29 juin, a indiqué ce vendredi 3 juillet le procureur adjoint de Monaco, Morgan Raymond, lors d’un point presse. D’après ce dernier, cette femme ukrainienne de 39 ans, nommée Anastasia Berezovska, «n’aurait pas agi seule (...) Deux autres personnes de sexe masculin ont été interpellés ces derniers jours, mais rien ne permet d’établir leur complicité. Leur garde à vue a été levée», précise-t-il.
Ce vendredi, la police allemande rapporte que le domicile en location en Allemagne de la suspecte de l’attaque a été perquisitionné ce jeudi 2 juillet, par la police locale accompagnée des forces d’intervention spéciale, sans que l’intéressée n’ait été retrouvée. «Des éléments de preuve ont pu être saisis et seront remis aux autorités monégasques», a indiqué un communiqué de la police de la région de Hesse et du parquet de Francfort, ajoutant que «la femme recherchée est actuellement en fuite». Parallèlement, un véhicule qu’a utilisé la suspecte a été fouillé et saisi par les forces allemandes. Les preuves ont été remises aux autorités monégasques dans la foulée.
Selon les éléments présentés lors de la conférence de presse à Monaco, la famille visée, celle d'un oligarque, revenait d'un dîner en bord de mer au moment des faits. La suspecte avait attendu les victimes sur un banc place des Moulins, puis avait déposé un engin explosif «sorti de son sac cabas» sur le perron de l'immeuble. Elle s'est retournée pour vérifier la présence des victimes sur le perron avant de déclencher l'explosif, a précisé le procureur adjoint, qui indique qu'elle a agi «à l'aide d'une télécommande». L'engin utilisé «reste artisanal néanmoins», a-t-il ajouté.
Le pronostic vital de l’une des trois victimes touchées par l’explosion est toujours engagé aujourd’hui, déclare Morgan Raymond. Il s’agirait, selon nos informations, de la « maîtresse » de l’oligarque ukrainien Vadim Ermolaev, qui aurait dû être amputée en raison des dégâts causés par l’explosion.
«Une femme grimée en homme»
Les premières images de vidéosurveillance «montraient un homme» portant un bonnet noir et vêtu de vêtements amples. Une «exploitation plus large des enregistrements» a permis de repérer plusieurs passages de cette même silhouette, vêtue d’une tenue identique et portant le même sac quelques jours avant dans la principauté. La suspecte a effectué «plusieurs repérages» dans les jours précédents, a précisé le procureur adjoint, citant notamment le 26 et le 27 juin. Elle portait alors les mêmes vêtements et était «grimée en homme». Le 28 juin, une femme a également effectué les mêmes repérages : il s'agirait de la suspecte. Elle est décrite comme «de forte corpulence» et présente au moins un tatouage.
Cette identification a également permis de remonter jusqu’à un «véhicule immatriculé en Allemagne», une voiture de location repérée à Monaco. Le suivi de son cheminement a permis de retracer son trajet vers l’Italie, puis à travers plusieurs pays européens, jusqu’à son retour à son domicile en Allemagne, a indiqué le procureur.
Le contrôleur général Eric Arela, en charge de la sûreté publique de Monaco, a insisté sur l’ampleur des moyens déployés, tout en rappelant que les identifications sont «loin d’être terminées». Il a salué le «fruit d’un travail exceptionnel des effectifs de la sûreté de Monaco», qui a mobilisé 200 personnes, et évoqué une «exploitation monumentale des images de vidéosurveillance, qui a été déterminante dans notre enquête», menée en lien avec Interpol et Europol.


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