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  • Aéronefs, moyens humains... comment l’Europe se prépare aux risques de feux de forêt

La récurrence des épisodes de chaleur et de sécheresse pousse les États à s’organiser pour faire face aux risques accrus de feux de forêt. Pour les aider, l’Union européenne s’est également dotée d’un dispositif de prévention et d’intervention.

Théo Meunier - Aujourd'hui à 08:00 - Temps de lecture :

146 pompiers européens viendront renforcer le dispositif français cet été. Photo d'illustration Sipa/Syspeo 146 pompiers européens viendront renforcer le dispositif français cet été. Photo d'illustration Sipa/Syspeo

L’épisode caniculaire à venir augmente le risque de feux de forêt. Pour y faire face, l’Union européenne (UE) met en place un dispositif afin d’épauler les États membres. Les 27 pays de l’UE et 10 pays partenaires (*) participent au mécanisme européen de protection civile créé en 2001. Son centre de crise, basé à Bruxelles, est ouvert de mi-juin à septembre et permet d’assurer le financement, la coordination et le déploiement des équipes. Lorsqu’un pays sollicite de l’aide, cette cellule évalue les besoins afin d’envoyer sur place au plus vite des moyens humains et matériels mis à disposition par les États participants. « L’année 2025 était assez chargée, 17 pays ont demandé de l’assistance. La cellule de coordination a pu déployer 39 avions, 19 hélicoptères, et des équipes terrestres avec un peu moins de 800 sapeurs-pompiers », détaille Claire Kowalewski, colonelle de sapeurs-pompiers française détachée auprès de la Commission européenne.

Au-delà de cette entraide interétatique, l’Union européenne dispose également d’une flotte supranationale composée de 23 aéronefs qui peuvent être envoyés à tout moment. « L’an dernier, nous avons traité le feu de Ribaute (Aude) avec nos moyens nationaux, mais si toutefois un deuxième gros feu était survenu simultanément, nous aurions pu faire appel aux moyens européens », assure Frédéric Harrault, lieutenant-colonel chargé de mission relations internationales auprès du ministère de l’Intérieur. Ce fut notamment le cas durant l’été 2022, où la France a dû pour la première fois solliciter des moyens terrestres en renfort. « On a pu constater que la France pouvait avoir besoin de la solidarité des pays voisins », ajoute le lieutenant-colonel.

L’UE dispose également de 777 sapeurs-pompiers prépositionnés dans six pays à risque (France, Espagne, Portugal, Grèce, Malte, Chypre) de sorte à être mobilisés rapidement. Ainsi, la France accueillera 146 pompiers grecs, italiens, roumains et slovaques pour renforcer ses équipes. La flotte française est aussi renforcée de deux Canadairs et d’un hélicoptère financés à 75 % par l’UE.

Sécheresse annoncée en juillet

Selon les données du European Forest Fire Information System (EFIS) répertoriées sur les 20 dernières années, le nombre de feux et les surfaces brûlées ont tendance à augmenter. Surtout, des territoires autrefois préservés sont aujourd’hui largement concernés par cette problématique. « On a de plus en plus de feux en Europe centrale. Sur la période 2006-2016, c’était vraiment anecdotique, désormais ce secteur devient de plus en plus critique », alerte Claire Kowalewski, qui note que les Pays-Bas et la République tchèque ont d’ores et déjà demandé une assistance européenne lors du premier épisode caniculaire de l’année. Les projections de Copernicus tablent sur un manque de précipitation en France pour le mois en cours et celui à venir, accentuant le risque d’incendie. « Il va y avoir un déficit en eau, on devrait avoir une sécheresse au mois de juillet », craint la colonelle de sapeurs-pompiers.

(*) L’Islande, la Norvège, l’Ukraine, la Moldavie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie le Monténégro, la Macédoine du Nord, l’Albanie et la Turquie.

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