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La chapelle de l’hôpital général de Yaoundé était trop petite. C’est le premier détail qui dit tout sur ce que Bassek ba Kobhio représentait. Hier, lors de la mise en bière et la levée du corps, amis, acteurs, comédiens, élus, membres du gouvernement ont fait le déplacement. Le réalisateur de « Sango Malo » décédé le 12 mai dernier à Yaoundé sera inhumé à Nindjé, dans l’arrondissement de Ndom, région du Littoral, la terre de ses ancêtres.
Une cérémonie sobre, mais une foule qui ne mentait pas
Les obsèques ont débuté hier après-midi à l’hôpital général de Yaoundé. Le moment de recueillement, d’environ trois quarts d’heure, s’est tenu en présence de Bidoung Mkpatt, représentant du président de la République et ministre des Arts et de la Culture. La veillée a suivi à la paroisse ADNA d’Elig-Essono.
Les révérends pasteurs Siméon Mboo, Timothée Achil Ateba et Pierre Mbenda ont pris la parole pour adresser des paroles de réconfort à la famille. Cantiques, confession de foi, prières de bénédiction du corps. Une cérémonie chrétienne classique, et pourtant chargée.
Un proche a confié, visiblement ému : « Je garde surtout de lui les regrets de n’avoir pas concrétisé certains de ses projets. Il voulait faire un film sur les villes mortes à Douala. Il avait beaucoup travaillé là-dessus. Il voulait faire un film sur Manu Dibango et sur Ruben Um Nyobè. C’était un grand intellectuel et nous n’avions pas toujours les mêmes idées mais nous avons travaillé plus de 25 ans ensemble. »
Bassek ba Kobhio est né le 1er janvier 1957 à Nindjé.
Ce que son départ laisse derrière lui
Le truc c’est que Bassek ba Kobhio n’était pas seulement un réalisateur. Il avait eu le mérite, selon Grégoire Owona, président du Conseil d’administration de l’association Écrans noirs, de faire en sorte que les Camerounais parlent encore de cinéma des décennies après la fermeture de toutes les salles du pays.
C’est un signal fort. Pas une consolation, mais un fait : il a maintenu vivante une culture cinématographique dans un pays où les infrastructures avaient disparu une à une.
La dépouille sera acheminée vers Nindjé pour l’inhumation. Le programme précis n’a pas encore été communiqué publiquement à ce stade.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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