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Politique 09/06/2026 14:16 Actualisé le 09/06/2026 15:07
En marge d’une réunion avec plusieurs ministres, Sébastien Lecornu a annoncé deux mesures censées muscler la protection des mineurs.

STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Sébastien Lecornu, ici en mai 2026 à Matignon, a annoncé des premières mesures en réaction à l’affaire Lyhanna.
Sébastien Lecornu, qui a réuni ce mardi 9 juin plusieurs ministres pour tenter de répondre à l’émotion suscitée par la mort de Lyhanna, 11 ans, a proposé de renforcer les peines pour les violeurs en série, qui pourront encourir la perpétuité au lieu de 20 ans actuellement, a fait savoir Matignon.
Concernant les crimes contre les enfants, les actes d’enquêtes devront être effectués « dans un délai maximal de 3 mois », a également proposé le Premier ministre à l’issue d’une réunion avec cinq ministres. Une mesure qui répond à l’inaction de la justice face à Jérôme Barella, le principal suspect dans la mort de Lyhanna, lequel avait fait l’objet de plusieurs plaintes et signalements.
D’autres mesures sont « en cours de finalisation », et toutes seront intégrées dans le projet de loi sur la protection des enfants, déjà présenté en Conseil des ministres il y a une dizaine de jours et qui sera examiné par le Parlement en juillet.
Darmanin sur une ligne de crête
Parmi ces autres dispositifs potentiels, plusieurs étaient sur la table de Matignon ce mardi comme la modification des règles de prescription, l’information des victimes tout au long de la procédure ou encore la nécessité de motiver les décisions de classement sans suite concernant les crimes et délits sexuels. Le système judiciaire n’est « pas suffisamment du côté des victimes », a estimé sur France 2 la ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes Aurore Bergé.
Le gouvernement, et singulièrement Gérald Darmanin (qui a exclu pour l’heure de démissionner), sont sur une ligne de crête. Ils doivent tenir compte de l’émotion sans heurter l’ensemble de l’institution judiciaire. Le Conseil supérieur de la magistrature a ainsi déploré le « discrédit jeté sur des milliers de magistrats », répondant aux critiques sur le traitement de l’affaire et son « instrumentalisation ».
« La justice n’a pas fait son travail »
Il faut dire que la pression s’accentue sur le gouvernement. Après le courroux exprimé dans plusieurs villes de France par plus de 60 000 manifestants lundi soir contre les dysfonctionnements dans cette affaire, des plaintes vont être déposées visant l’inaction des pouvoirs publics.
Parmi elles, celles de la mère de Rosa, une enfant de 10 ans, qui accuse Jérôme Barella de viol. « La justice n’a pas fait son travail, je ne comprends pas pourquoi il faut attendre aussi longtemps », a-t-elle déclaré ce mardi au cours d’une conférence de presse avec son avocat.
Une prise de parole au cours de laquelle elle a rappelé qu’elle avait déposé une plainte en août 2025 qui n’a débouché sur aucune convocation du suspect et qui n’a pas été suivie d’actes d’enquête suffisamment rapides. De longs mois se sont écoulés entre ce signalement et l’enlèvement de Lyhanna, à Fleurance, le 29 mai. D’où la volonté de l’avocat de cette mère de poursuivre l’État pour « faute lourde » et saisir la Cour de justice de la République contre le garde des Sceaux Gérald Darmanin.


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