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A la veille d’élections législatives locales, le 11 juillet, la chute des prix du « roi des fruits », provoquée par une récolte exceptionnelle, place le premier ministre Anwar Ibrahim face à des producteurs en difficulté.
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Le durian, fruit asiatique à l’odeur redoutée mais au goût prisé dans la région, est au cœur d’une crise agricole qui s’invite dans la campagne législative de l’Etat malaisien de Johor, dont les habitants élisent leurs parlementaires ce samedi 11 juillet.
Depuis juin, une récolte hors norme, due à l’arrivée précoce de chaleurs inhabituelles, fait chuter les prix du durian, surnommé « le roi des fruits » en Asie. Des variétés d’ordinaire vendues jusqu’à 20 euros le kilo le sont aujourd’hui à moitié prix, voire distribuées gratuitement sur certains marchés. Si les consommateurs, pour qui ce fruit reste d’ordinaire un produit de luxe, s’en réjouissent, cette surproduction produit une inquiétude croissante chez les producteurs, qui voient leurs récoltes perdre en valeur.
« Nous sommes peu nombreux, mais nous, les cultivateurs de durian, souffrons », résume Han Xingen, propriétaire d’une exploitation à Johor, joint au téléphone. Il y a deux ans encore, les durians Musang King – variété la plus recherchée – produits dans sa ferme se vendaient 80 ringgits (environ 17 euros) le kilo. Ils n’en valent plus que 30, une chute qui pourrait le contraindre à « ajuster les opérations de la ferme, réduire les coûts liés aux engrais ».
Handicap logistique
Cette abondance a une origine structurelle : depuis 2020, de nouvelles fermes ont été plantées en Malaisie pour capter la demande chinoise, alors en plein essor. Leurs arbres arrivent aujourd’hui à maturité, produisant plus vite que la demande n’a progressé.
Cette demande a elle-même évolué : la Chine, incapable de cultiver le durian pour des raisons climatiques, mais premier importateur mondial du fruit (1,87 million de tonnes en 2025, selon l’agence de presse Xinhua), délaisse progressivement les produits congelés au profit des fruits frais.
Une évolution qu’Anwar Ibrahim, le premier ministre malaisien, avait précédée en obtenant dès août 2024, lors d’une visite du premier ministre chinois, Li Qiang, en Malaisie, l’autorisation d’exporter du durian frais vers la Chine, en plus des produits congelés ou transformés. Une ligne maritime dédiée, le « durian express », a même été inaugurée à l’automne 2025 pour accélérer l’acheminement des fruits du Sud-Est asiatique vers le sud de la Chine et les faire mûrir sur place.
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