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France 03/08/2026 13:01 Actualisé le 03/08/2026 13:31
Les habitants des deux communes avaient été évacués à titre préventif depuis le 22 juillet, face à l’incendie qui a été annoncé fixé une dizaine de jours plus tard.

ED JONES / AFP
Un habitant se tenant devant sa maison détruite par un incendie dans le village du Porge, en Gironde, le 31 juillet 2026.
Une douzaine de jours après le déclenchement du gigantesque incendie en Gironde et dans les Landes, qui aura brûlé 42 000 hectares au total, les habitants du Porge et de Lège-Cap-Ferret sont autorisés à y revenir ce lundi 3 août, à partir respectivement de 14h et 19h. Cette mesure exclut toutefois deux quartiers - Le Ferron et Plein Soleil - du Porge, le village le plus touché par les incendies, où des opérations de déminage sont en cours en raison de la présence dans le sol d’obus de la Seconde Guerre mondiale.
Le choc sera important pour une partie des habitants, puisque 183 des 240 habitations entièrement détruites par les flammes dans le département l’ont été dans cette commune très étendue de 3460 habitants. À titre de comparaison, « seulement » une trentaine de bâtiments et d’habitations avaient été détruits sur les 30 000 hectares brûlés lors des mégafeux de juillet 2022 en Gironde, qui à l’époque, avaient déjà sérieusement secoué la population.
Au Porge, les habitants ne seront pas livrés à eux-mêmes aux cours de prochaines heures qui pourraient s’avérer traumatisantes. Un guichet France services sera ainsi ouvert pour les sinistrés, en présence des autorités et des différents services engagés. « On sera disponible pour toutes les questions, s’ils ont besoin de support psychologique, il y aura la cellule du Samu juste à côté. Surtout faire attention, pas de suraccident, on ne se met pas en danger en rentrant à la maison », prévenait une bénévole sur BFMTV.
Début d’un long parcours administratif
Mais, toujours selon des bénévoles interrogés par BFMTV, la réouverture du village constitue plus une crainte qu’un soulagement, notamment car il n’y a pas encore d’électricité partout. La méfiance vis-à-vis de l’extérieur et la colère font aussi partie des sentiments qui animent actuellement les locaux, comme le laissait affleurer ce reportage de Sud-Ouest ce week-end à la veille de la réouverture.
Les habitants devront en outre faire preuve de grande prudence avec leur environnement direct, en évitant par exemple les zones incendiées où des arbres fragilisés peuvent tomber. Il est aussi recommandé de porter des masques FFP2 pour les opérations de nettoyage, à cause des cendres et des poussières.
Et pour les centaines de personnes qui ont perdu leur maison, le plus dur commence. Comme pour ce couple avec un enfant en bas âge qui a déjà pu dimanche revenir constater, impuissant, les dégâts sur leur pavillon parti en fumée, comme le montre un reportage de M6 (ci-dessous).
Rien que le déblayage des gravats nécessite le feu vert de l’expert, l’intervention d’un tri agréé, un tri par matériau et un désamiantage pour les maisons les plus anciennes, explique TF1 dans ce reportage.
Les visites d’expertises mandatées par les assurances vont, elles, tout juste démarrer, mais ce n’est que le début d’un long parcours administratif.
Après les incendies de 2022, il avait parfois fallu attendre de longs mois, voire un an, pour obtenir les rapports d’expertise complets et le chiffrage des dommages permettant de lancer les chantiers. Face aux lenteurs, certains ont préféré faire une croix sur leur terrain et repartir de zéro ailleurs, comme cette famille rencontrée par Le Parisien à La Teste-de-Buch, qui a décidé de toucher l’argent de l’assurance au lieu d’attendre que celle-ci prenne en charge une reconstruction qui n’arrivait pas.
Tout n’est pas pris en charge par les assureurs
Il faut aussi prendre en compte que les entreprises locales du domaine de la construction et de la rénovation devraient rapidement être prises d’assaut, quand celles-ci n’ont pas elles aussi brûlé. « On a mis beaucoup d’énergie à lutter contre le feu pour protéger les vies. Maintenant on va mettre la même énergie à soutenir et accompagner les victimes qui ont perdu leur maison (...) et pour soutenir le tissu économique local », avait assuré samedi la préfète de Gironde Sophie Brocas, qui avait rencontré les assureurs pour « fluidifier le passage des experts ».
Pour les démarches des habitants, les délais de déclaration de sinistres ont été allongés jusqu’au 31 août par un accord entre l’État et les assureurs. Mais attention aux contrats souscrits. « Il pourrait (...) y avoir des déceptions sur les dégâts qui ont été subis par ces personnes, sur ce qu’elles auront de pris en charge par leur assureur ou pas », prévient ce lundi sur BFMTV Stéphanie Duraffourd, porte-parole du site Assurland.com.
« Les personnes seront indemnisées à hauteur du contrat d’assurance qu’elles ont souscrit, c’est-à-dire qu’elles ne seront pas indemnisées pour des choses qui malheureusement ne faisaient pas partie de leur contrat (...). Les équipements extérieurs, les jardins, parfois, sont des options qui n’ont pas été souscrites », précise-t-elle. Et pour les véhicules, seules les assurances dites « tous risques » donnent lieu à indemnisation.


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