Le président américain, Donald Trump, avait annoncé mercredi, lors d’une rencontre avec son homologue ukrainien en marge du sommet de l’OTAN, qu’il allait autoriser Kiev à fabriquer des missiles pour ces systèmes indispensables à l’interception des missiles balistiques russes qui frappent l’Ukraine.

Live animé par Elie Guidi et Emile Drousie (service photo)

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et le président américain, Donald Trump, le 8 juillet 2026, lors du sommet de l’OTAN à Ankara, en Turquie. - SAUL LOEB / AFP Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et le président américain, Donald Trump, le 8 juillet 2026, lors du sommet de l’OTAN à Ankara, en Turquie. SAUL LOEB / AFP

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Un système antibalistique « équivalent au Patriot » en développement en Ukraine, selon son président

Un système antimissile comparable au Patriot américain est en cours de développement en Ukraine avec l’aide de partenaires européens dans le cadre d’un projet baptisé Freyja, a confirmé Volodymyr Zelensky.

« Je dirais qu’il s’agit d’un système européen, mais qui reste placé sous notre direction. Ce projet est notre système antibalistique, qui doit être l’équivalent du Patriot en matière de capacité d’interception, mais il est davantage destiné à la production de masse et moins coûteux. C’est en tout cas l’objectif que j’ai fixé à nos fabricants », dit le président ukrainien, dans son message audio adressé à la presse.

Une première réunion avec d’éventuels partenaires doit avoir lieu « très prochainement en France » avec les partenaires potentiels, poursuit-il sans préciser la date, ajoutant que le projet prendra des années. Selon le Financiel Times, un intercepteur baptisé FP-7.X a été testé le mois dernier en Ukraine.

Le point sur la situation, jeudi 9 juillet à 21 heures

  • Des accords sur « les aspects techniques » doivent encore être conclus pour que l’Ukraine commence à produire des missiles Patriot, a annoncé le président ukrainien, au lendemain d’une rencontre avec son homologue américain en marge du sommet de l’OTAN à Ankara. Volodymyr Zelensky a, par ailleurs, dit s’attendre à la livraison prochaine de missiles PAC-3, version la plus récente du système Patriot.
  • Douze pétroliers, un cargo et un remorqueur russes ont été touchés dans la nuit en mer d’Azov, a annoncé le centre des communications stratégiques des forces armées ukrainiennes (StratCom). Le terminal pétrolier de Bataïsk, dans l’oblast russe de Rostov, a également été pris pour cible, selon le StratCom.
  • Dans ​l’oblast russe de Tver, un dépôt de pétrole a pris feu à la suite d’une attaque de drone, a fait savoir le gouverneur par intérim, Vitali ‌Koroliov. De même, un raid de drones ukrainiens a provoqué un incendie dans une « installation industrielle » de Viasniki, dans le kraï de Stavropol, selon son gouverneur.
  • Le traitement du pétrole brut a cessé, mercredi, à la raffinerie de Saratov, dans l’oblast russe du même nom, en raison des dégâts causés par des drones ukrainiens, rapporte Reuters, qui cite des sources informées. L’agence avait déjà annoncé, mardi, la mise à l’arrêt de celle d’Omsk, la plus importante de Russie en matière de production, au lendemain d’une attaque ukrainienne.
  • Les recettes pétrolières et gazières de la Russie ont baissé de 22,7 % au premier semestre de cette année, par rapport à celui de 2025, selon l’évaluation préliminaire du ministère des finances qui attribue cette réduction à celle des prix du pétrole « au cours des périodes précédentes ».

Production de missiles Patriot en Ukraine : des accords sur les « aspects techniques » sont encore nécessaires, dit Volodymyr Zelensky

« Maintenant, après notre accord avec le président [américain], nos équipes, nos diplomates, le ministère des affaires étrangères et le ministère de la défense doivent se mettre d’accord sur tous les aspects techniques restants », a déclaré le président ukrainien, dans un message audio en réponse aux questions de journalistes, après l’annonce, la veille par Donald Trump, que Kiev allait obtenir une licence pour produire des missiles Patriot indispensables à la défense contre les missiles balistiques russes.

« Dans les prochains jours, nous recevrons un paquet [d’aides] des Etats-Unis d’Amérique, et j’ai également conclu des accords distincts avec des Européens. Pour l’instant, il n’y a pas encore de date précise, mais il y aura des missiles PAC-3 [pour le système Patriot] supplémentaires », a-t-il ajouté.

« Nous ne pouvons plus croire que l’Occident souhaite une solution négociée », dit le chef de la diplomatie russe

« L’Occident continue hypocritement à réclamer une solution négociée » à la guerre en Ukraine, a déclaré le ministre des affaires étrangères russes, Sergueï Lavrov, lors d’une visite au Mozambique, selon des propos rapportés par l’agence de presse TASS.

« Des solutions négociées, sous garanties occidentales, ont été conclues en 2014, 2015 et 2019. Dans tous ces cas, les garanties de l’Occident ont été bafouées par l’Occident lui-même ; elles se sont révélées illusoires », a poursuivi Sergueï Lavrov, évoquant notamment les accords de Minsk.

« Nous ne pouvons plus croire que l’Occident souhaite une solution négociée. Cette réserve de bonne volonté et d’espoir est complètement épuisée », a-t-il ajouté.

Sergueï Lavrov était à Maputo pour proposer le soutien de Moscou à la lutte contre la « menace terroriste » dans le nord du pays, riche en pétrole, selon le gouvernement mozambicain.

La raffinerie russe de Saratov à l’arrêt, selon Reuters

Le traitement du pétrole brut a cessé, mercredi, à la raffinerie de Saratov, dans l’oblast russe du même nom, en raison des dégâts causés par des drones ukrainiens, rapporte l’agence Reuters, qui cite des sources informées.

L’agence américaine Bloomberg avait fait état, le même jour, d’un incendie sur le site, dont la capacité est d’environ 140 000 barils par jour, après un raid de drones. Roman Boussarguine, gouverneur de l’oblast de Saratov, a reconnu sur Telegram que des infrastructures civiles avaient été endommagées et qu’une personne avait été tuée.

Reuters avait déjà annoncé, mardi, la mise à l’arrêt de la raffinerie d’Omsk, la plus importante de Russie en termes de production, avec plus de 20 millions de tonnes par an, au lendemain d’une attaque ukrainienne. Elle est située à 2 500 kilomètres de la frontière.

Sur Le Monde aujourd’hui

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Un mort et deux blessés signalés dans l’oblast de Louhansk, en grande partie occupé

Des drones ukrainiens ont causé la mort d’un jeune homme de 18 ans et blessé deux autres personnes, mercredi soir, dans l’oblast ukrainien de Louhansk, en majeure partie occupé, a annoncé Leonid Passetchnik, président la « république populaire » proclamée par les alliés locaux de Moscou. Une vingtaine d’autres drones y ont, selon lui, été interceptés.

Environ 1,6 million d’enfants ukrainiens exposés à un système d’endoctrinement russe, selon un rapport de l’OSCE

Environ 1,6 million d’enfants ukrainiens vivant dans les zones occupées par les forces russes sont exposés à un système d’endoctrinement et de militarisation pouvant relever du crime contre l’humanité de persécution, selon les conclusions d’experts indépendants mandatés par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Présenté jeudi à Vienne dans le cadre du « mécanisme de Moscou » de l’OSCE, leur rapport conclut que les autorités russes ont mis en place un système institutionnalisé pour les endoctriner.

« Nous pensons (…) que ce système pourrait relever du crime contre l’humanité de persécution », a estimé l’expert français Hervé Ascensio, ajoutant que les enfants et leurs parents étaient pris pour cibles lorsqu’ils tentaient de conserver leur identité ukrainienne. Selon sa collègue lettone Elina Steinerte, les autorités ont envoyé les convocations militaires plus tôt qu’ailleurs en Russie aux jeunes des territoires occupés.

Le rapport consulté par l’Agence France-Presse, qui fait état de cours de maniement des armes et de camps d’entraînement, mentionne plusieurs cas de jeunes adultes ayant été incorporés puis envoyés sur le front. Ses auteurs recommandent d’intégrer la question des enfants dans tout processus de cessez-le-feu ou de négociation de paix, et d’ouvrir des corridors humanitaires pour permettre de réunir les familles.

Un mort dans une station-service de Zaporijia, prise pour cible par un drone russe

Un drone russe a fait un mort et trois blessés dans une station-service de Zaporijia, dans le sud de l’Ukraine, annonce Ivan Fedorov, chef de l’administration militaire de l’oblast.

Le gouverneur de Sébastopol, en Crimée, demande un plan d’aide à l’achat de sources d’énergie alternatives

Mikhaїl Razvojaїev, gouverneur de Sébastopol nommé par Moscou, a ordonné jeudi « aux services compétents » d’élaborer un programme de soutien étatique pour compenser partiellement les dépenses de ses administrés dans des sources d’énergie autonomes, telles que les panneaux solaires.

Il a, en outre, annoncé l’annulation de la troisième session des colonies de vacances qui devait débuter à la mi-juillet, en raison des risques de pannes dus aux attaques qui visent le réseau électrique de Crimée. « La sécurité des enfants est la priorité absolue. Si la situation s’améliore, nous organiserons rapidement de nouvelles sessions », écrit-il dans un communiqué diffusé sur Telegram.

Depuis mai, les forces ukrainiennes prennent méthodiquement pour cibles les routes et les ponts reliant la Crimée à la Russie, ainsi que le réseau électrique et les installations militaires russes de la péninsule.

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La dernière habitante d’un village de l’oblast de Kharkiv tuée par un drone

La dernière habitante de Tokarivka Drouha, village de l’oblast de Kharkiv proche de la frontière russe, a succombé à des blessures causées mercredi par un drone russe, a annoncé Viatcheslav Zadorenko, maire de Derhatchi, où travaillait la victime, qui était âgée de 57 ans. « Je rappelle aux habitants des districts périphériques que, pour éviter de telles situations et vous préserver, il convient d’évacuer », écrit-il sur Telegram.

La Slovénie alloue 50 millions de dollars supplémentaires à l’achat d’armes pour le compte de l’Ukraine

La Slovénie versera une contribution supplémentaire de 50 millions de dollars (43,7 millions d’euros) à l’initiative PURL (Prioritised Ukraine Requirements List) de l’OTAN, consistant à acquérir des armes américaines pour le compte de l’Ukraine, et cofinancera la construction de trois abris de protection civile, a annoncé son ministre des affaires étrangères, Tone Kajzer, au lendemain du sommet annuel de l’Alliance, à Ankara.

« L’Ukraine se bat pour sa liberté, sa souveraineté et son intégrité territoriale. Notre mission est de nous tenir à ses côtés et de lui garantir un soutien prévisible, à long terme et durable », écrit-il sur X, tout en soulignant l’importance du dialogue. « La réponse à des défis géopolitiques de plus en plus complexes ne peut être plus de guerre. Nous avons besoin de dialogue, nous devons écouter toutes les parties et chercher des solutions communes fondées sur les principes de la Charte des Nations unies », ajoute le chef de la diplomatie slovène.

Défait dans sa tentative de soumettre l’Ukraine en s’emparant de Kiev en février-mars 2022, incapable, quatre ans plus tard, de conquérir la totalité des plaines ukrainiennes qui bordent la frontière ouest de la Russie, le maître du Kremlin se venge sur les populations civiles, observe Alain Frachon, chroniqueur au « Monde ».

« Obsession impériale et fuite en avant : jamais Vladimir Poutine n’a semblé aussi prisonnier de ses fantasmes »

Par Alain Frachon

La guerre de choix s’est transformée en une guerre de vengeance. Défait dans sa tentative de soumettre l’Ukraine en s’emparant de Kiev en février-mars 2022, Vladimir Poutine s’était rabattu sur le Donbass. Mais incapable, quatre ans plus tard, de conquérir la totalité des plaines ukrainiennes qui bordent la frontière ouest de la Russie, le maître du Kremlin se venge. Sur les populations civiles. Pas une nuit sans que les grandes villes d’Ukraine, et particulièrement la capitale, ne soient la cible des missiles et des drones russes. Tirés à l’aveugle. Obsession impériale et fuite en avant dans un nihilisme destructeur : jamais le président russe n’a semblé aussi prisonnier de ses fantasmes.

Huit blessés à bord d’un bus visé à Kherson

Huit personnes ont été blessées à bord d’un autobus pris pour cible par un drone FPV russe, en début d’après-midi à Kherson, annonce Iaroslav Chanko, chef de l’administration militaire de la ville. Les victimes présentent des traumatismes crâniens, des contusions et des blessures causées par des éclats, précise-t-il, ajoutant qu’elles ont été placées sous surveillance médicale.

Le président russe plus enclin à accentuer la pression militaire qu’à négocier, selon Reuters

La campagne que l’armée ukrainienne mène contre les installations pétrolières russes a renforcé la détermination de Vladimir Poutine à poursuivre les combats plutôt qu’à chercher une solution négociée, rapporte l’agence Reuters, qui cite trois sources proches du Kremlin.

Selon deux d’entre elles, le président russe est même favorable à une intensification du conflit. Une troisième, qui serait en contacts réguliers avec lui, juge une surenchère militaire « très probable » dans les mois à venir, rapporte l’agence.

D’après l’un des responsables cités, il reste « campé sur ses positions », qui consistent à achever la conquête du Donbass, et a réprimandé récemment des conseillers qui lui suggéraient d’accepter un compromis fondé sur un cessez-le-feu et le gel des positions.

Les recettes pétrolières russes en baisse de près de 23 % au premier semestre

Les recettes pétrolières et gazières de la Russie pour le premier semestre s’élèvent à 3 661 milliards de roubles (42,19 milliards d’euros), ce qui est inférieur de 22,7 % à celles du premier semestre de l’an dernier, selon l’évaluation préliminaire publiée jeudi par le ministère des finances, qui attribue cette baisse à celle des prix du pétrole « au cours des périodes précédentes ».

A la fin du premier semestre, le budget fédéral affichait un déficit de 5 731 milliards de roubles (66,04 milliards d’euros), soit 2,35 milliards de roubles (27,08 millions d’euros) de plus qu’à la même période l’an dernier. « Ce déficit important en début d’année s’explique principalement par le financement anticipé des dépenses », écrit le ministère.

Le Kremlin va se pencher sur l’évocation énigmatique par Donald Trump d’une possible fermeture de l’espace aérien ukrainien

Dans le cadre du sommet de l’OTAN à Ankara, mercredi, le président américain, Donald Trump, s’est vu demander par une journaliste s’il envisageait de faire fermer l’espace aérien ukrainien afin de protéger l’Ukraine des bombardements russes, en vue d’une sortie du conflit. Alors qu’il se trouvait au côté de son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, il a répondu : « Si c’est nécessaire, oui. » Avant de poursuivre : « Quand on aura conclu un accord, et on le fera, on n’aura pas à se soucier de ce que vous dites. »

Si cette réponse quelque peu énigmatique n’a pas fait couler beaucoup d’encre aux Etats-Unis ou en Europe, la Russie de Vladimir Poutine n’a pas manqué de relever cette « nouvelle déclaration », relayée notamment par l’agence de presse russe d’Etat, TASS, mercredi.

Lors d’une conférence de presse, jeudi, Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe, l’a largement commentée. « Personne n’avait évoqué la question d’une fermeture. Quoi qu’il en soit, cela reviendrait à ce que les forces armées d’un pays de l’OTAN opèrent sur le territoire ukrainien [l’espace aérien ukrainien]. C’est précisément ce contre quoi l’opération militaire spéciale [autrement dit, la guerre] est menée. Il faut bien le comprendre. Il faudra donc, bien sûr, déterminer dans quelle mesure cette question a été étudiée, entre qui elle a été discutée, etc. »

La réponse, pour le moins laconique, de Donald Trump contredit en tout cas la position officielle de l’OTAN. Dans la foire aux questions de son site Internet, l’Alliance répond par la négative à cette éventualité de fermer l’espace aérien ukrainien. « Les actions de l’OTAN sont défensives, elles visent non pas à provoquer un conflit, mais à le prévenir (…), lit-on. Imposer une zone d’exclusion aérienne ou déployer des troupes de combat en Ukraine mettrait les forces de l’OTAN en conflit direct avec la Russie. Cela aggraverait considérablement la guerre et entraînerait davantage de souffrances humaines et de destructions pour tous les pays concernés. »

Dans un entretien au Monde, l’intellectuel russe en exil, connu pour son verbe ardent et truculent, raconte les rapports complexes de la société de son pays avec les autorités. Il revient aussi sur le rôle de l’écrivain en diaspora pour faire advenir une autre Russie.

Dmitri Bykov, « poète citoyen » : « En Russie, une guerre civile larvée se déroule entre le peuple et le pouvoir »

Par Elena Balzamo, Benjamin Quénelle

A 58 ans, Dmitri Bykov est un électron libre, considéré comme l’un des principaux intellectuels russes de sa génération. A la fois écrivain et poète, journaliste et professeur de littérature, mais aussi polémiste et militant, il remplissait des salles immenses à Moscou. Il a été l’un des leaders du monde culturel mobilisé lors des manifestations anti-Kremlin de 2011 et 2012. Il avait lancé le projet « Poète citoyen » : il écrivait des poèmes satiriques parodiant les grands classiques russes tels qu’Alexandre Pouchkine (1799-1837) ou Nikolaï Nekrassov (1821-1877), et les auteurs-compositeurs comme Boulat Okoudjava (1924-1997) et Vladimir Vyssotski (1938-1980).

La Russie conteste son exclusion totale des compétitions internationales d’athlétisme

La Fédération russe d’athlétisme a saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour contester l’exclusion totale de ses représentants des compétitions internationales, confirmée vendredi par World Athletics, a-t-elle annoncé jeudi. L’intransigeance de l’instance internationale, inchangée depuis l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, « affecte les intérêts fondamentaux de l’athlétisme en Russie », « pour des motifs que la fédération russe considère comme discriminatoires », écrit-elle dans un communiqué.

L’Italie annonce l’expulsion de deux espions russes

Le ministère des affaires étrangères italien, Antonio Tajani, a annoncé, sur le réseau social X jeudi, l’expulsion de deux espions russes de son territoire. Selon le gouvernement, ces « deux attachés militaires de l’ambassade de la Fédération de Russie en Italie », Ivan Gorbatchov et Mikhaïl Astakhov, ont été jugés « responsables des activités d’espionnage révélées dans l’enquête menée par le parquet de la République de Rome ».

Ils doivent quitter Rome dans un délai de trois jours, conclut Antonio Tajani, qui dénonce « une ingérence grave et inacceptable pour les institutions italiennes et pour la sécurité nationale ».

Le ministère des affaires étrangères russe, cité par l’agence de presse Ria Novosti, a aussitôt promis « une réponse appropriée ».

L’annonce de ces expulsions a lieu deux jours après l’arrestation de deux anciens agents des services de renseignement italiens, accusés d’avoir livré à Moscou des informations sensibles relatives notamment à l’aide militaire à l’Ukraine, selon la presse italienne.

Les quotidiens La Repubblica et Il Messaggero affirment qu’au moins un des deux agents russes a collecté, moyennant rétribution, des informations relatives au système franco-italien de défense aérienne SAMP-T, que l’Ukraine doit recevoir cette année pour le tester, et aux missiles franco-italiens Aster, déjà livrés à Kiev. Cet agent s’intéressait également à la mission de l’OTAN en Bulgarie, ainsi qu’à l’entreprise italienne Avio, qui produit des moteurs de drones et des missiles supersoniques.

L’un des deux espions italiens à la retraite arrêtés mardi est, en outre, accusé d’avoir transmis à ce contact russe les identités d’agents du contre-espionnage italien chargés de contrecarrer les activités des services de renseignement de Moscou dans la péninsule, d’après le Corriere della Sera.