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EN DIRECT - Affaire Lyhanna : Sébastien Lecornu réunit des ministres mardi pour prendre de nouvelles mesures législatives

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21:50

Darmanin estime les «pédocriminels incurables»

Invité sur BFMTV ce lundi soir, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a dit «penser» que «les pédocriminels sont incurables». «Pour ma part vouloir réinsérer des pédocriminels me paraît contraire à la vérité de ce qu’il se passe. Je pense que notre réponse pénale ne doit pas viser leur réinsertion future mais les priver de liberté le plus possible», a-t-il dit.

21:17

Lecornu réunit des ministres mardi matin sur la protection de l’enfance

Sébastien Lecornu va réunir des ministres mardi sur la protection de l’enfance, en réponse à l’affaire Lyhanna, pour prendre de nouvelles mesures législatives, souhaitant «enrichir» un projet de loi déjà déposé et aussi «accélérer» l’examen par le Conseil d’Etat d’une proposition de loi transpartisane sur les violences sexistes et sexuelles, selon un courrier diffusé par Matignon.

Qualifiant la mort de la collégienne de «drame (qui) suscite l’effroi», le Premier ministre indique qu’un prochain Conseil des ministres «ajoutera ces mesures dans le cadre d’une saisine rectificative du Conseil d’Etat, qui permettra d’enrichir le projet de loi» sur la protection de l’enfance, présenté fin mai. «Certaines dispositions seront prises, le cas échéant, par voie réglementaire», a-t-il ajouté.

En outre, il dit, dans cette lettre à ses ministres, «souhaiter que la proposition de loi visant à lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles soit soumise dans les prochains jours au Conseil d’Etat».

À lire aussi L’affaire Lyhanna devient politique : face aux critiques sur les dysfonctionnements de la justice, Sébastien Lecornu convoque ses ministres ce vendredi

20:50

Le plus haut procureur de France appelle à «tout mettre à plat» face à une «catastrophe»

Le plus haut procureur de France, Rémy Heitz, a appelé lundi à «tout mettre à plat pour que plus jamais une telle affaire ne survienne», en reconnaissant que le traitement judiciaire de l’affaire Lyhanna est «un échec».

«Vous savez, une telle catastrophe... Après toute une série de dysfonctionnements, il faut bien les identifier, puisqu’il y a l’amont, il y a l’aval, il y a le problème des signalements, il y a le problème sûrement de l’intervention judiciaire et puis il y a aussi la question des services enquêteurs. Il faut absolument tout mettre à plat pour que plus jamais, plus jamais, une telle affaire ne survienne», a déclaré sur France 2 le procureur général près la Cour de cassation.

Malgré l’émotion suscitée par cette affaire et la mort de la fillette de 11 ans, Rémy Heitz a souligné la nécessité que «la confiance revienne pour que les magistrats puissent travailler dans la sérénité» et «la confiance».

À lire aussi Affaire Lyhanna : Gérald Darmanin pris en étau entre l’opinion et les magistrats

20:18

À Nice, une banderole de témoignages déployée

Après une minute de silence observée dans un relatif calme, une banderole blanche étendue au sol fait office de recueil manuscrit de témoignages allant de mots de soutien à la famille de Lyhanna jusqu’aux appels à « protéger les faibles ».

Alors que la foule se disperse, une chaîne humaine se forme pour signifier la solidarité des personnes présentes. « C’était spontané, ce sont les personnes mais aussi les victimes venues courageusement qui se sont unies en soutien à cette cause», explique Anne Cécile Collet, présidente des « Petites invincibles » créée en 2023 pour lutter contre la maltraitance des enfants et les abus sexuels et à l’origine, avec d’autres, de cet appel à se mobiliser.

Une banderole de soutien à Lyhanna. Jacques Paugam / Le Figaro

Par Jacques Paugam, journaliste au Figaro Nice

20:00

«Tout le système est défaillant», estime-t-on à Nantes

À Nantes, de nombreuses personnes se sont rassemblées devant le tribunal judiciaire de Nantes, dans une ambiance calme. Sur le grillage lui faisant face, des roses blanches ont été déposées. «Notre devoir : protéger les jeunes personnes», peut-on lire sur une pancarte du collectif enfantiste 44, à l’initiative de ce rassemblement. Dans le public, des personnes de tout âge sont venues.

«Je vous parle avec mon cœur. Toute la ville devrait être mobilisée. Tous les milieux sont touchés», confie Claire, qui travaille dans une pouponnière. Cette ancienne directrice d’école s’est toujours battue pour faire de la prévention auprès des élèves le plus tôt possible. Ce soir, elle est venue avec sa fille Lila de 8 ans. Un peu plus loin, Bernard, 71 ans, ne décolère pas.

À Nantes. Laurène Trillard / Le Figaro

«C’est lamentable d’enlever la vie à un enfant. Un mec comme ça, je lui mets la perpétuité, pas 20, 30 ans mais jusqu’à la fin des jours». Sur scène, les prises de parole et prestations artistiques se sont enchaînées pendant 40 minutes . «Aujourd’hui, nous pleurons la perte d’une enfant mais il ne s’agit pas d’un cas isolé», clame une militante du collectif enfantiste 44.

«Tout le système est défaillant. Dire que la situation de Lyhanna est une erreur de procédure exceptionnelle, ce n’est pas vrai», enchaîne une mère protectrice émue, au micro, longuement applaudie. Durant ce temps de recueillement, une minute de silence a été observée. Des militantes ont réalisé la chorégraphie du collectif féministe chilien «Las Tisis» dont l’hymne «Un violador en tu camino» était devenu un hymne mondial contre les violences faites aux femmes en 2019, et une chorale féministe nantaise a interprété deux chants.

Par Laurène Trillard, journaliste au Figaro Nantes.

À lire aussi Affaire Lyhanna : que sont les 70 000 plaintes impliquant des mineurs que les magistrats doivent passer en revue d’ici le 14 juillet ?

19:49

«Rien ne changera» : le pessimisme des manifestants à Nice

Devant le Palais de Justice de Nice, ils sont environ 300 à manifester leur colère mais aussi leur indignation, parfois leur tristesse. « Je ne vais jamais aux manifestations, il se trouve que je suis très touchée parce qu’il est arrivé à cette petite. Je n’ai pas d’enfant mais j’ai échangé avec quelques personnes ici. Pour moi, ça comptait d’être là », confie Alexandra, une habitante de Nice qui pense, malgré tout, que « rien ne changera ».

Sous un soleil rasant, les interventions et les témoignages se multiplient au micro pour dénoncer l’inertie du système judiciaire. « Protégez nos enfants », scande la foule sous l’œil de quelques avocats en robe noir juchés sur les marchés du tribunal correctionnel. Des pancartes brandies par des personnes de tout âge rappellent la présence des associations pour la lutte contre l’enfance en danger à l’origine de ce rassemblement : « Nous sommes les voix des enfants qui n’en ont plus », peut-on lire.

À Nice ce lundi soir. Jacques Paugam / Le Figaro

19:40

Malgré l’interdiction, les manifestants envahissent la place Vendôme, à Paris

Les manifestants ont envahi la place Vendôme ce lundi soir, à Paris, malgré l’interdiction de la préfecture de police quant à ce rassemblement, officiellement délocalisé dans l’île de la Cité. Une foule de CRS protège l’entrée du ministère de la Justice.

Charlotte témoigne au Figaro d’un «ras-le-bol général». «On a l’impression que les choses n’avancent pas. Il fut un temps où l’on disait les femmes et les enfants d’abord. Là, ils passent après. Je n’ai même plus de mot, à chaque fois c’est un nouvel événement et puis la semaine prochaine, il y aura une nouvelle Lyhanna. Notre ministre ne se sent pas concernés par les enfants, et le moins que l’on puisse dire c’est que lui non plus n’est pas un modèle »

Près de la place Vendôme, à Paris. Esther Paolini / Le Figaro

19:33

«Darmanin, démission!», scandent les manifestants à Marseille

À Marseille, où la place devant le palais de Justice est noire de monde, les manifestants scandent «Darmanin, démission!», selon notre journaliste sur place Mathilde Ceilles.

«Il n’y a rien qui est fait depuis des années», tempête Elise sous sa pancarte au milieu de la foule de manifestants à Marseille. «Lyhanna, c’est le meurtre de trop. Il y en a ras le bol.»

Devant le palais de Justice de Marseille. Mathilde Ceilles / Le Figaro

19:28

Flavie Flament espère que la mort de Lyhanna «permettra à la justice de se mettre en ordre de marche»

L’animatrice Flavie Flament, présente place Vendome et qui a récemment porté plainte contre Patrick Bruel, a apporté son «soutien à la famille de la petite Lyhanna».

«On essaie de disperser cette manifestation, mais force est de constater qu’on est toujours là et motivés», s’est félicitée Flavie Flament, selon BFMTV. «Je pense que tout le monde doit entendre. La magistrature doit entendre, la société doit entendre. Absolument tout le monde doit entendre. Ce soir, je me demande ce qui est le plus dangereux: est-ce que ce sont les manifestations comme celle-ci ou le fait de laisser des violeurs dans la nature?»

À lire aussi Affaire Lyhanna : que sont les 70 000 plaintes impliquant des mineurs que les magistrats doivent passer en revue d’ici le 14 juillet ?

19:19

Un rassemblement en cours également à Nantes

Un rassemblement en hommage à Lyhanna est également en cours à Nantes, selon notre journaliste sur place Laurène Trillard.

À Nantes. Laurène Trillard / Le Figaro

À Nantes. Laurène Trillard / Le Figaro

19:06

«Ce drame est un marasme judiciaire», déplore une mère de famille à Bordeaux

À Bordeaux, le «Collectif enfantiste» et l’association «Mouv’enfant» a appelé à un «rassemblement pacifique», parvis des Droits de l’Homme, devant le tribunal.

À Bordeaux. Clément Arion / Figaro

Laurette et Caroline, deux mamans girondines, on fait le déplacement. «Nous sommes venus pour montrer tout notre soutien à la famille de Lyhanna. Il faut que les choses bougent et qu’on écoute les enfants. 160.000 enfants par an sont victimes de violences sexuelles. Les signalements et les plaintes sont nombreuses, mais trop souvent classés sans suite», regrette Caroline. Elle ajoute :
«Ce drame est un marasme judiciaire. J’ai une fille qui a 13 ans, je suis révoltée »

«Le réexamen des 70 000 plaintes de Darmanin jusqu’au 14 juillet... Ce n’est pas possible, il y aura d’autres Lyhanna », confie Laurette.

Laurette et Caroline. Clément Arion / Figaro

19:04

«Justice pour Lyhanna», scande-t-on devant le palais de Justice de Marseille

Une foule de personnes était présente devant le palais de Justice de Marseille ce lundi soir, selon notre journaliste sur place Mathilde Ceilles. «Justice pour Lyhanna», scandent-ils. Des militants se revendiquant antifascistes font partie des manifestants.

Devant le palais de Justice de Marseille. Mathilde Ceilles / Le Figaro

Au mégaphone une militante du collectif enfantiste lance sous les applaudissements devant le palais de justice de Marseille : 
«Cette affaire n’est pas un fait divers. Nous sommes nombreux à le penser. Elle démontre l’incapacité de nos institutions à protéger nos enfants. Les enfants sont des personnes. Leur parole mérite d’être entendue et prise au sérieux. Combien de drame faudra t il encore pour que nous les écoutions sérieusement?» 

Dans l’assistance se trouvent notamment plusieurs adjoints du maire Benoît Payan.

À lire aussi Affaire Lyhanna : procureurs par nombre d’habitants, budget, délais... La justice française est-elle à la traîne derrière ses voisins européens ?

18:59

Environ 200 personnes présentes à Lyon, devant la cour d’appel

Environ 200 personnes présentes à Lyon, devant la cour d’appel, selon notre journaliste sur place, Justin Boche.

Devant la cour d’appel de Lyon. Justin Boche / Le Figaro

Regarder la vidéo Affaire Lyhanna : la responsabilité des magistrats est-elle généralement sanctionnée ?

18:55

«Plus jamais ça!» : une foule de manifestants présents place Vendôme, à Paris

Une foule de manifestants sont présents place Vendôme, à Paris, où un rassemblement en hommage à Lyhanna était prévu ce soir, avant d’être interdit et officiellement délocalisé sur l’île de la Cité.

«Laissez-nous passer», «plus jamais ça», scandent les manifestants présents, selon notre journaliste sur place, Esther Paolini. Certains manifestants veulent débloquer le passage malgré l’interdiction de la préfecture de police. Sur la place Vendôme se trouve le ministère de la Justice.

Près de la place Vendôme. Esther Paolini / Le Figaro

«On nous interdit de nous mobiliser, c’est la honte», ont scandé d’autres manifestants.

À lire aussi Affaire Lyhanna : que sont les 70 000 plaintes impliquant des mineurs que les magistrats doivent passer en revue d’ici le 14 juillet ?

18:53

Près de 200 rassemblements prévus dans toute la France ce soir

Près de 200 rassemblements sont prévus dans toute la France ce soir, notamment appelés par des associations féministes et de la protection de l’enfance.

17:49

DÉCRYPTAGE - Que sont les 70 000 plaintes impliquant des mineurs que les magistrats doivent passer en revue d’ici le 14 juillet ?

Le ministre de la Justice, qui a réuni les procureurs généraux ce lundi matin à la Chancellerie dans le sillage de la mort de Lyhanna, souhaite un recensement exact, tribunal par tribunal, de toutes les plaintes qui concernent des violences sexuelles sur mineurs. Une date butoir a été fixée au 14 juillet. «À notre connaissance, il y a 70.000 plaintes connues des procureurs pour lesquelles des infractions délictuelles ou criminelles touchent des mineurs», a détaillé Gérald Darmanin ce lundi lors d’une conférence de presse.

Aurélien Martini, procureur adjoint de la République de Meaux et secrétaire général adjoint de l’Union syndicale des magistrats (USM), dénonce une «opération de communication» du ministre de la Justice. «C’est bien de faire ce type d’annonce mais encore faut-il que ce soit possible. Recenser les plaintes en un mois ça doit être possible mais en revanche s’il faut les traiter c’est impossible», explique-t-il.

«Si on divise les 70.000 procédures par le nombre de magistrats dans les parquets pour mineurs , on arrive à 175 dossiers par magistrat. En comptant 4 à 5 heures par dossier et des journées de travail de 10 heures, il faudrait y passer 4 mois sans rien faire d’autre», estime Aurélien Martini. «Faire ça en un mois est infaisable. Les parquets vont faire ça au détriment d’autres choses, ils vont laisser tomber des interpellations et des actes d’enquête», met-il en garde. «En France, il y a 3 procureurs pour 100.000 habitants, contre 12 dans la moyenne européenne, et on nous dit que ce n’est pas un problème de moyens», ajoute Aurélien Martini, alors que Gérald Darmanin a martelé que «ce n’est pas une question de moyens qui a empêché de prendre des décisions» dans l’affaire Lyhanna.

À lire aussi Affaire Lyhanna : que sont les 70 000 plaintes impliquant des mineurs que les magistrats doivent passer en revue d’ici le 14 juillet ?

17:01

Bruno Retailleau juge que Darmanin «a fait son travail», pointe le manque de «discipline» des procureurs

Mis en cause par la gauche dans l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a reçu lundi l’appui du président des Républicains Bruno Retailleau, qui a estimé que le ministre de la Justice «a fait son travail», mais que ses consignes n’ont pas été «appliquées dans la discipline» par le parquet.

Au Garde des Sceaux, le bénéfice du doute. «Si je comprends bien, il y avait eu des circulaires qui avaient été envoyées au parquet, aux procureurs généraux et aux procureurs de chaque ressort. Donc, j’estime que le ministre avait fait son travail», a déclaré M. Retailleau lors d’une conférence de presse au siège de son parti.

Pas question, par conséquent, de réclamer la tête de M. Darmanin, qui a lui-même écarté lundi matin l’idée d’une démission. De toute façon «je demande rarement, quasiment jamais, la démission d’un ministre», a souligné le patron de LR.

L’ancien ministre de l’Intérieur n’a en revanche pas hésité à mettre en cause l’institution judiciaire, puisque «c’est plutôt dans l’application de ces circulaires que les choses n’ont pas suivi».

Jugeant que l’affaire Lyhanna a mis en lumière «un problème systémique» mais «pas un problème de moyens», M. Retailleau a comme à son habitude dénoncé «une forme de laxisme» au sein d’une «justice très syndicale» et «politisée», qu’il entend réformer par référendum.

«Ce n’est pas d’indépendance du parquet dont on a besoin. C’est que les circulaires du ministre soient strictement appliquées dans la discipline», a insisté le candidat des Républicains à l’élection présidentielle, qui avait proposé samedi la création d’une «cour disciplinaire de la magistrature» pour sanctionner les magistrats fautifs.

16:55

Gérald Darmanin est l’invité de Maxime Switek sur BFMTV ce lundi

BFMTV bouleverse ses programmes. En effet, la chaîne d’information en continu a choisi de consacrer sa soirée à l’affaire Lyhanna. L’adolescente de 11 ans avait disparu le vendredi 29 mai à Fleurence (Gers) après avoir quitté son établissement scolaire. Des caméras de surveillance l’ont enregistrée en train de monter à bord de la voiture de Jérôme B. Interpellé le samedi matin et placé en garde à vue, ce père de deux enfants a finalement été mis en examen pour «enlèvement et séquestration» et placé en détention provisoire le 1er juin. Six jours après sa disparition, le corps de la jeune fille a été retrouvé à Puycasquier, à une quinzaine de kilomètres de Fleurance, dans un silo à grains abandonné.

Pour en parler, le ministre de la Justice Gérald Darmanin sera ce lundi 8 juin sur BFMTV. Dans un nouveau numéro du «Forum BFMTV» prévu à 21 heures, le ministre de la Justice répondra aux questions de citoyens, responsables politiques et experts. Il sera l’invité de Maxime Switek.

16:54

Comment est engagée la responsabilité des magistrats en cas de défaillance de la justice

L’affaire Lyhanna relance une question sensible : qui juge les juges quand la justice vacille ? Théoriquement exposés à des poursuites disciplinaires, les magistrats restent, dans les faits, rarement sanctionnés pour leurs décisions.

À lire aussi Affaire Lyhanna : fautes, négligences… Comment sont jugées les responsabilités des magistrats

16:44

Gérald Darmanin et Laurent Nuñez auditionnés mardi au Sénat

Les ministres de la Justice et de l’Intérieur, Gérald Darmanin et Laurent Nuñez, seront auditionnés mardi par la commission des Lois du Sénat sur la mort de la petite Lyhanna, a annoncé la chambre haute lundi.

Les deux ministres, mis sous pression depuis plusieurs jours quant aux dysfonctionnements ayant entouré cette affaire, ont été convoqués à 9h30 par la Haute assemblée. Ils répondront aux questions des commissaires aux Lois.

Les membres du gouvernement devront probablement s’expliquer sur les failles identifiées dans les services de l’Etat, cinq jours après la découverte jeudi du corps de la fillette de 11 ans et les révélations sur des plaintes pour viols sur mineures - certaines procédures ayant ensuite été classées - dont le suspect a fait l’objet.

Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a demandé lundi une «mobilisation générale» afin de «faire la vérité» sur les responsabilités de l’Etat dans cette affaire qui suscite des appels à manifester devant les tribunaux. Il a promis des sanctions, écartant néanmoins l’hypothèse d’une démission réclamée notamment par La France insoumise. Une inspection (justice, gendarmerie et Éducation nationale) doit rendre ses conclusions sous 15 jours.

Les ministres de la Justice et de l’Intérieur, Gérald Darmanin et Laurent Nuñez. Manon Cruz / REUTERS

16:40

«Ce n’est pas une baguette magique»: face au fléau des violences sexuelles, la castration chimique est-elle une illusion?

Face à la colère et la douleur légitimes des victimes, la castration chimique, a fortiori obligatoire, revient régulièrement sur la table. Véritable serpent de mer, elle est souvent brandie comme LA solution qui pourrait répondre à l’exigence du «plus jamais ça», de nouveau clamé ce dimanche, lors de la marche blanche pour la jeune Lyhanna, à Fleurance, dans le Gers dimanche. Interrogé au micro de CNEWS sur le fléau des violences sexuelles dans le périscolaire, le président du parti Les Républicains Bruno Retailleau s’y est déclaré favorable, affirmant qu’il fallait «traiter le mal à partir de la racine».

Au printemps dernier, la fille de Gisèle Pelicot avait affirmé à la télévision britannique Sky News que la castration chimique obligatoire pourrait être «une partie de la solution» pour les hommes comme son père. En Europe, plusieurs pays réfléchissent à la rendre systématique pour les individus condamnés pour des faits de nature sexuelle. Mais derrière ce procédé se cachent des mythes dans lesquels il serait dangereux de se laisser bercer.

À lire aussi «Ce n’est pas une baguette magique»: face au fléau des violences sexuelles, la castration chimique est-elle une illusion?

15:33

Yaël Braun-Pivet demande l’inscription à l’agenda parlementaire de la «loi intégrale» sur les violences sexistes et sexuelles

Yaël Braun-Pivet. ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a demandé lundi l’inscription à l’agenda du Parlement de la «loi intégrale» transpartisane sur les violences sexistes et sexuelles, en réponse à l’affaire Lyhanna.

«Je demande au gouvernement, au président de la République, d’inscrire (...) cette proposition de loi intégrale cosignée par plus de 100 députés à l’ordre du jour de la session extraordinaire dont l’Assemblée nationale sera saisie soit en juillet, soit en septembre», a affirmé la députée Renaissance des Yvelines, en ouverture d’une conférence de presse à l’Assemblée des porteurs de la proposition de loi.

La députée socialiste Céline Thiébault-Martinez a déposé en novembre avec une centaine de députés, issus de la gauche et de la coalition gouvernementale, une proposition de loi de près de 80 articles, inspirée des 140 recommandations formulées par la «coalition féministe pour une loi intégrale» qui regroupe quelques dizaines d’associations.

À lire aussi École : 255 signalements de violences sexistes et sexuelles enregistrés depuis début 2026, selon le ministre de l’Éducation

Alors que les «problématiques sont systémiques», ce texte «porte des réponses qui touchent l’ensemble des domaines: la justice, la sécurité, le foyer (...) les associations, les activités sportives, l’éducation», car le combat doit être porté «sur tous les fronts», a expliqué Mme Braun-Pivet.

Soulignant le travail transpartisan mené à travers différentes commissions d’enquête et propositions de loi au cours des dernières années, l’ancienne avocate a appelé à ne pas faire de l’affaire Lyhanna le terrain d’un «affrontement partisan», ni à chercher des «boucs émissaires». «Ce n’est pas un sujet partisan, c’est le sujet d’une nation, et c’est un sujet qui dépasse largement les clivages politiques», a-t-elle souligné, entouré de sept députés signataires du texte.

Mme Braun-Pivet a précisé avoir décidé de saisir le Conseil d’État «pour avoir un avis juridique sur ces propositions, pour que, lorsque le gouvernement estimera nécessaire d’inscrire ce texte, le Parlement soit pleinement prêt à légiférer». Le Parlement devrait siéger en session extraordinaire une partie du mois de juillet et du mois de septembre. Il revient au président de la République de convoquer ces sessions et d’en définir les dates et l’ordre du jour.

15:06

Les magistrats du tribunal de Bobigny dénoncent «l’hypocrisie» de Darmanin

Les magistrats du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), deuxième juridiction de France, ont dénoncé lundi «l’hypocrisie» du garde des Sceaux Gérald Darmanin sur la priorisation des contentieux liés aux violences faites aux enfants, et pointé un manque de moyens.

Dans leur motion, votée à l’unanimité lundi, les magistrats, du siège et du parquet, rappellent partager «l’émotion causée par la mort» de Lyhanna, 11 ans, mais ils dénoncent «l’aveuglement» des pouvoirs publics face à la situation des juridictions et évoquent un «abandon des acteurs de la protection de l’enfance».

Ce texte fait suite aux propos de Gérald Darmanin, lundi, depuis la place Vendôme, demandant une «mobilisation générale» des magistrats afin de «faire la vérité» après la mort de la collégienne.

À lire aussi L’éditorial d’Yves Thréard : «Lyhanna, l’insupportable impunité des magistrats»

«Il ne nous a manqué ni de moyens, ni de loi, il nous a manqué de prioriser des viols sur les mineurs», a insisté le ministre de la Justice, après avoir réuni dans la matinée, à la Chancellerie, les procureurs généraux pour leur demander de «reprendre l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants», soit environ 70.000.

Après ces propos, les magistrats de Bobigny dénoncent «l’absence de priorisation du contentieux des violences faites aux enfants et l’hypocrisie de l’affirmation contraire, alors que le ministère de la Justice a publié 64 circulaires et dépêches en 2025 et 53 en 2026, faisant de chaque actualité une nouvelle priorité de politique pénale, sans allouer aux juridictions les moyens pour les mettre en oeuvre».

Ils rappellent que le parquet des mineurs de Bobigny compte 12 magistrats pour un territoire de 1,7 million d’habitants, dont 28% de mineurs, soit un juge pour 39.666 mineurs.

Les magistrats relèvent en outre une augmentation importante du nombre d’informations judiciaires ces dernières années, sans création de postes supplémentaires, ainsi qu’un manque de moyens dans les services d’enquête, avec parfois seulement «un ou deux enquêteurs dédiés aux enquêtes concernant les mineurs victimes» dans certains commissariats du département.

Face à cette situation, les magistrats affirment être contraints à «un tri permanent» entre les urgences et dénoncent «un sous-effectif chronique».

Les signataires estiment enfin que la «délation de magistrats» après la mort de Lyhanna, engagée «sans attendre les conclusions de l’enquête administrative et au mépris du contexte de leur activité», relève d’un «raisonnement fallacieux visant à identifier des responsabilités individuelles pour mieux occulter des difficultés structurelles et systémiques».

14:50

Le frère de Jérôme B. placé en garde à vue pour viol sur mineure, viol par conjoint, séquestration et menaces

Le frère de Jérôme B., vient d’être placé en garde à vue au commissariat d’Auch, dans le Gers, a-t-on appris d’une source proche du dossier, confirmant une information de BFMTV, dans le cadre d’une enquête pour viol sur mineure, viol par conjoint, séquestration et menaces, a-t-on appris auprès du parquet d’Auch. Son ex-compagne avait porté plainte en 2024 pour des faits ayant eu lieu entre 2007 et 2017.

Selon nos confrères de BFMTV, Jérôme B. et son frère n’entretenaient plus de relations.

«À 10h25, le commissariat d’Auch a procédé au placement en garde à vue du frère de Jérôme B (...) des chefs de viol sur mineur de plus de 15 ans, viol par conjoint, séquestration et menace de mort réitérée par conjoint» entre 2007 et 2017, a déclaré dans un communiqué la procureure d’Auch, Clémence Meyer.

14:31

DÉCRYPTAGE - Affaire Lyhanna : fautes, négligences… Comment sont jugées les responsabilités des magistrats

Bruno Retailleau a lancé le mot : la réforme du Conseil supérieur de la magistrature (CSM)Gérald Darmanin pourrait le rattraper au vol, car le ministre de la Justice tourne depuis plusieurs mois dans sa tête la question de la discipline des magistrats. Selon nos informations, il réfléchirait à commander à l’Inspection générale de la justice (IGJ) une étude comparée des sanctions encourues et infligées, selon les types de fautes, dans les divers grands corps de l’État, dont la police, la pénitentiaire et la magistrature afin d’évaluer si cette dernière est au rendez-vous de ses responsabilités et si les sanctions sont en phase avec les fautes commises. Ces derniers mois, le ministre de la Justice aurait été choqué de la légèreté de certaines sanctions tandis que les magistrats, eux, les avaient jugées appropriées.

Contrairement à ce que prétend Bruno Retailleau, candidat à la prochaine présidentielle, le Conseil supérieur de la magistrature est saisi, poursuit et sanctionne plus qu’avant 2020. Au point qu’un syndicat, l’USM, propose désormais à ses adhérents de souscrire à une assurance professionnelle. Le nombre d’affaires avant et après cette date a été multiplié par quatre. Un mouvement impulsé par Éric Dupond-Moretti, et poursuivi par Gérald Darmanin. Car c’est au ministre de la Justice, aux premiers présidents et aux procureurs généraux des cours d’appel où exerce le magistrat mis en cause - ainsi qu’aux justiciables, depuis 2008 - d’impulser les saisines du Conseil supérieur de la magistrature. Le disciplinaire représente la principale activité de ce dernier, avec celle de la nomination des magistrats.

13:40

DÉCRYPTAGE - Tensions avec les avocats, opposition de la gauche et du RN... Comprendre la loi Darmanin sur la justice criminelle, percutée par l’affaire Lyhanna

En janvier, dans une interview au Figaro, Gérald Darmanin promettait que son plan pour la justice criminelle allait «diviser par deux le stock de dossiers». Moins de six mois plus tard, ce texte visant à désengorger les juridictions prend une résonance toute particulière avec le meurtre de Lyhanna, qui remet en lumière les dysfonctionnements d’un système saturé.

Le «projet de loi pour la justice criminelle et le respect des victimes» arrive ce lundi 8 juin en commission à l’Assemblée nationale. Mis sous pression par l’affaire Lyhanna - il a présenté vendredi ses «excuses au nom de la justice», le ministre de la Justice aura fort à faire pour convaincre les députés de voter son texte, qui a suscité un vaste mouvement de colère des avocats. Il s’agit du premier volet de la loi dite «SURE» (sanction utile, rapide et effective).

À lire aussi Comprendre la loi Darmanin sur la justice criminelle, percutée par l’affaire Lyhanna

13:18

Le frère de Jérôme B. en garde à vue pour suspicions de viols sur son ex-compagne

Le frère de Jérôme B. vient d’être placé en garde à vue au commissariat d’Auch, dans le Gers, pour suspicion de viols sur son ex-compagne, a-t-on appris ce lundi, confirmant une information de BFMTV.

12:43

La lutte contre les violences doit être «un chantier d’ampleur», exhorte la Fondation des femmes

La lutte contre les violences sexuelles et sexistes, pour laquelle un projet de «loi-cadre» a été déposé fin 2025 par une centaine de députés de tous bords et que l’affaire Lyhanna a relancé, doit constituer «un chantier d’ampleur», selon la Fondation des Femmes.

«Nous ne voulons plus de mesurette, de loi votée en urgence, de rustine. On l’a trop accepté depuis dix ans que nous dénonçons les violences à l’encontre des femmes et des enfants: c’est d’un chantier d’ampleur dont nous avons besoin, d’une révision en profondeur», a estimé lundi auprès de l’AFP Anne-Cécile Mailfert, présidente de l’association.

Portée par la députée socialiste de Seine-et-Marne Céline Thiébaut-Martinez et s’inspirant de 140 recommandations faites par des associations féministes, la proposition de loi numéro 2169 «visant à lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles commises à l’encontre des femmes et des enfants», a été déposée le 2 décembre 2025. Elle comprend 79 articles.

En février, la ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé avait affirmé que le projet «avançait» mais que l’agenda parlementaire était «assez court», en raison notamment des élections municipales de mars.

Depuis, il n’a pas toujours été inscrit à l’agenda de l’Assemblée mais l’affaire Lyhanna, cette collégienne de 11 ans, retrouvée morte vendredi dans le Gers, a relancé le débat dans lequel Mme Bergé est restée discrète cette semaine.

12:34

Un syndicat de magistrats fustige des attaques «inadmissibles» et interpelle Darmanin

Il est «inadmissible» que des magistrats «soient désignés responsables et soumis à la vindicte et aux menaces» avant les résultats de l’enquête administrative diligentée après la disparition de Lyhanna, fustige lundi le président de l’Union syndicale des magistrats dans une rare lettre au ministre de la Justice.

«La mort d’une enfant est un drame absolu. Nous devons aux familles et aux citoyens un langage de transparence sur les circonstances structurelles et factuelles y ayant concouru», écrit Ludovic Friat à Gérald Darmanin dont la «responsabilité politique reste» selon lui «entière».

Le président de l’USM, majoritaire chez les magistrats, reproche au garde des Sceaux d’avoir «d’ores et déjà désigné des responsables et annoncé des sanctions disciplinaires», avant le début des investigations de l’Inspection générale de la justice, une «pression délibérée» sur elle.

12:23

Gérald Darmanin pointe la «lenteur» et le «manque de priorisation»

«Dans l’affaire précise de Lyhanna, ce n’est pas une question de moyens», a affirmé Gérald Darmanin. «Ce n’est pas une question de moyens qui a empêché de prendre des décisions dans ce cas précis. Le parquet d’Auch a connu un renforcement de moyen en septembre dernier. Par ailleurs, le processus est lent. C’est plutôt cette lenteur et le manque de priorisation», a-t-il ajouté.

12:20

«Les remontées d’informations me font penser qu’il y a eu un dysfonctionnement grave du service public de la Justice», estime Gérald Darmanin

«Les remontées d’informations des procureurs généraux d’Agen et de Toulouse (...) me font penser qu’il y a eu un dysfonctionnement grave du service public de la Justice», estime le garde des Sceaux.

12:15

Gérald Darmanin écarte l’idée de démissionner, pointant «une défaillance qui ne tenait pas» à ses instructions

«La question de ma présence (au gouvernement) se poserait si je n’assumais pas ma responsabilité», a fait valoir lundi Gérald Darmanin pour mieux s’en défendre, écartant toute démission en considérant que les «défaillances» de la justice dans l’affaire Lyhanna «ne tenaient pas (à ses) instructions».

«Est-ce que j’ai fait mon travail de garde des Sceaux? L’Inspection le dira. Le Parlement est là pour le contrôler. Les médias peuvent en faire une discussion. En tout cas, j’essaie de réformer le ministère de la Justice», a poursuivi le garde des Sceaux lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion avec l’ensemble des procureurs généraux.

12:08

«Je ferai toute la vérité sans rien cacher aux Français», assure Gérald Darmanin

«L’affaire Lyhanna est-elle une affaire de défaillance ponctuelle ? Ou est-ce qu’il y a de façon plus systémique, de très nombreuses affaires comme celle-ci dans les cours d’appel et les parquets en France ? C’est l’inspection qui le dira. Je ferai toute la vérité sans rien cacher aux Français», a assuré le ministre de la Justice Gérald Darmanin.

Le ministre de la Justice a précisé qu’en fonction des conclusions du rapport, «il pourrait y avoir des sanctions».

12:00

Les procureurs devront prioriser les plaintes dans lesquelles les «délits ou crimes» concernent des enfants toujours mineurs

«Je souhaite que les procureurs généraux se concentrent sur les plaintes qui sont à leur connaissance et pour lesquelles les délits ou crimes» concernent des enfants toujours mineurs, a précisé Gérald Darmanin. «C’est l’urgence absolue, la mobilisation générale.»

11:59

«70.000 plaintes» connues pour lesquelles il y a une infraction délictuelle ou criminelle qui touche un mineur

À notre connaissance, «70.000 plaintes» aujourd’hui en France, connues, pour lesquelles il y a une infraction délictuelle ou criminelle qui touche un mineur.

11:58

Gérald Darmanin pointe des «défaillances extrêmement graves» dans l’affaire Lyhanna

Le ministre de la Justice a demandé aux procureurs généraux de recenser «pour le 14 juillet» l’intégralité des plaintes qui sont à leur connaissance dans les parquets pour lesquelles des actes d’enquêtes ne sont «manifestement pas faits» et dans lesquelles les mis en cause n’ont pas été entendus.

«Un travail extrêmement important», a-t-il précisé après avoir pointé «ce qui semble être des défaillances extrêmement graves dans l’affaire» Lyhanna.

10:51

REPORTAGE - À Fleurance, l’émotion et la colère lors de la marche blanche en hommage à Lyhanna

Ce dimanche, à Fleurance (Gers), alors que la foule vêtue de blanc envahit les rues de la ville, la mère de Lyhanna se tient, digne, aux côtés du père de sa fille, les traits marqués par la douleur. Un petit garçon vient spontanément l’étreindre, comme pour l’aider à faire les premiers pas de cette funeste marche. « Je n’ai pas la force », lui souffle-t-elle d’abord, avant de le prendre dans ses bras. Les proches qui l’entourent portent des tee-shirts à l’effigie de la petite fille de 11 ans, sur lesquels figure en capitales et en lettres rouges l’inscription « Plus jamais ».

Derrière la famille de Lyhanna, « la ville, le département, le pays en colère », comme l’a déclaré le maire de Fleurance, Grégory Bobbato, se sont mis en marche dans un silence lourd. Les élus forment une chaîne humaine autour des proches de la fillette pour empêcher de potentiels intrus de perturber leur recueillement.

L'ÉMOTION ET LA COLÈRE À FLEURANCE

10:17

Il faut «une révolution» des moyens sinon la justice sera «débordée», alerte Sandrine Rousseau

Sandrine Rousseau François BOUCHON / Le Figaro

La justice risque de «se retrouver absolument débordée» dans le traitement des violences sexuelles des enfants, alerte lundi la députée écologiste Sandrine Rousseau qui appelle à «une révolution des moyens». Gérald Darmanin réunit lundi à la Chancellerie les procureurs généraux pour leur demander de reprendre d’ici le 14 juillet «l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants», soit environ 70.000.

Mais, selon Sandrine Rousseau, dans ces affaires, «il n’y a que dans un cas sur dix où une plainte est déposée. Ensuite, près de sept plaintes sur dix sont classées sans suite. Donc, c’est presque miraculeux qu’il y ait des condamnations, et c’est ça qui dysfonctionne profondément», a ajouté la députée sur Sud Radio. «On ne va pas pouvoir (...) dire à tous les enfants qui ont été victimes, à tous les adultes et particulièrement les femmes qui ont été victimes, d’aller déposer plainte sans avoir une révolution dans la justice, une révolution des moyens, une révolution des instructions», a-t-elle poursuivi.

Sandrine Rousseau est co-rapportrice d’une mission lancée à l’Assemblée après l’affaire Le Scouarnec, le chirurgien pédocriminel reconnu coupable de viols et agressions sexuelles sur près de 300 victimes. Les auditions menées lui ont permis de constater «qu’il y a eu des évolutions» dans le traitement des plaintes mais «qui ne sont pas du tout à la mesure de l’ampleur du problème».

«Quelque part, nous sommes à l’aboutissement du mouvement MeToo qui conduit à ce qu’il y ait cet engorgement des tribunaux. S’il n’y a pas autre chose que des rappels à l’ordre des procureurs, nous allons dans le mur», a-t-elle estimé. «Nous allons devoir faire un travail qui ne va pas être agréable, qui est de regarder dans chaque foyer, dans chaque village, dans chaque collectif de travail quelles sont les personnes qui regardent des images pédopornographiques, qui agressent des enfants», a-t-elle jugé.

09:39

Le gouvernement est «responsable» du «problème systémique» de violences faites contre les femmes et les enfants, affirme Mathilde Panot (LFI)

Mathilde Panot Sébastien SORIANO / Le Figaro

Gérald Darmanin est en train de «se défausser de toute responsabilité politique et cherche un bouc émissaire à travers les juges», dénonce la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale au micro de France Info, à propos de l’affaire Lyhanna.

Les dysfonctionnements de la justice sont «réels», poursuit Mathilde Panot, mais pointer du doigt une «responsabilité individuelle», c’est «ne pas comprendre le problème systémique des violences faites contre les femmes et les enfants». «Depuis dix ans, les associations demandent les moyens d’agir face à ces violences systémiques - 3 milliards d’euros par an», mais «année après année», le «pouvoir a refusé de mettre les moyens sur la table», assure Mathilde Panot.

09:20

Manuel Bompard (LFI) dénonce le «problème de clochardisation absolue de la justice»

Pour le coordinateur national de La France insoumise, le réexamen des 70.000 plaintes impliquant des enfants est un «coup de communication indécent» du ministre de la Justice. «Vous pouvez les examiner mais il faut qu’elles soient prises en charge, il faut une police judiciaire pour mener les enquêtes, il faut auditionner des personnes», explique Manuel Bompard ce lundi au micro de BFMTV/RMC.

«Et puis quoi, il faut qu’il y ait une tragédie dans notre pays pour que les enquêtes suivent leurs cours ? C’est ça que nous dit Monsieur Darmanin ?», poursuit le député des Bouches-du-Rhône.

«On a un problème de clochardisation absolue de la justice. Le président de la République dit qu’il ne veut pas entendre parler de moyens. Bah si, précisément ! Ce ne sont pas que des moyens. Mais la question des moyens est centrale», ajoute Manuel Bompard.

09:07

La «réunion de travail» entre Gérald Darmanin et les procureurs généraux commence

Gérald Darmanin réunit lundi à la Chancellerie les procureurs généraux pour leur demander une revue des plaintes concernant des enfants victimes dans le sillage de l’affaire Lyhanna. En parallèle, des collectifs féministes et de la protection de l’enfance ont appelé à des rassemblements devant les tribunaux.

Le garde des Sceaux a convoqué les procureurs généraux - représentants du ministère public au sein des 36 cours d’appel de France - à 08h30 pour une «réunion de travail».

08:28

«Comment expliquer que plus des deux-tiers des plaintes aboutissent à un classement sans suite au motif que l’infraction est insuffisamment caractérisée ?», alerte l’ancien président de la Ciivise

Edouard Durand Sébastien SORIANO / Le Figaro

Pour l’ancien président de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), l’affaire Lyhanna montre que «le déni» face aux violences reste «extrêmement puissant dans la société et dans le fonctionnement des instutitions». On parle pourtant là de «grande criminalité», avec des pédocriminels qui «sont des tueurs, avec une stratégie», et «un très grand nombre d’enfants victimes», déplore le juge Edouard Durand ce lundi matin au micro de France Inter. «Un pédocriminel peut faire jusqu’à 150 enfants victimes, ou aller jusqu’à commettre 2000 viols sur le même enfant», rappelle le magistrat.

La parole des victimes a «toujours été énoncée», mais elle «n’est pas entendue», poursuit l’ancien président de la Ciivise. «Nous interposons toujours entre l’enfant victime et la protection des principes que nous interprétons mal et qui viennent faire écran», ajoute-t-il. Ces principes, la présomption d’innocence et le principe d’égalité des délits et des peines, Edouard Durand s’en porte «garant» en tant que magistrat. Mais «on ne peut pas se cacher derrière ces principes pour dire : “Nous ne pouvons pas protéger”», juge-t-il.

Il regrette que ces principes soient des «bonnes planques», des «bons prétextes» pour «ne pas avoir à rendre compte du déficit des protections». «Comment expliquer que plus des deux-tiers des plaintes aboutissent à un classement sans suite au motif que l’infraction est insuffisamment caractérisée ?», conclut Edouard Durand.

08:20

«C’est la ruine programmée de notre système judiciaire qui est en train de se dévoiler sous nos yeux», déplore Sébastien Chenu (RN)

Le député RN Sébastien Chenu est revenu lundi matin sur l’affaire Lyhanna, affirmant que «les Français sont particulièrement touchés». «Tout le monde se dit que la justice dysfonctionne. La marche blanche n’est pas une réponse. On voit bien la faiblesse de la réponse du ministre de la Justice. C’est la ruine programmée de notre système judiciaire qui est en tain de se dévoiler sous nos yeux», a-t-il déclaré au micro de RTL.

Sébastien Chenu dénonce «l’absence de responsabilité» d’une «certaine magistrature», et les «résultats pas satisfaisants» d’une «justice parfois teintée d’idéologie». «Pourquoi dans le corps de la magistrature, il n’y a pas de responsabilité ? Je suis pour la justice indépendante, mais elle doit aussi pouvoir répondre de ses manquements», ajoute l’élu.

Le vice-président de l’Assemblée nationale et du RN estime par ailleurs que la volonté de Gérald Darmanin de passer en revue les 70.000 plaintes qui concernent des enfants d’ici au 14 juillet est «un effet d’annonce». «Chacun sait que c’est extrêmement compliqué de vérifier d’ici au 14 juillet.» Il ne partage pas les appels à la démission visant le Garde des sceaux, jugeant que c’est de la «politique politicienne». Malgré tout, il a «zéro confiance» en Gérald Darmanin et réclame «plus de moyens» pour la justice.

08:06

François-Xavier Bellamy souhaite que les magistrats soient soumis au «principe fondamental» de la «responsabilité individuelle»

François-Xavier Bellamy François BOUCHON / Le Figaro

Le député européen (PPE) est revenu lundi matin sur la mort de Lyhanna, évoquant une «faillite collective». «La mort est le symbole de l’innocence victime de l’irresponsabilité générale qui semble traverser notre système judiciaire. Nous sommes devant un système d’irresponsabilité», a déploré François-Xavier Bellamy au micro de TF1. «Et ce n’est pas la première fois.»

Citant plusieurs autres noms d’enfants et adolescents tués ces dernières années en France - Elias, Lola, Philippine -, le vice-président des Républicains se demande «qui a assumé la responsabilité», depuis, de ces «échecs».

Invité à se prononcer sur la mise en place de sanction pour les magistrats, François-Xavier Bellamy rappelle que «l’indépendance de la Justice est un principe fondamental», mais que «l’indépendance n’est pas l’irresponsabilité». «Il n’y a pas de raison qu’un système échappe à la responsabilité individuelle», regrette-t-il, évoquant au passage la proposition formulée par Bruno Retailleau, président des LR, de faire superviser les magistrats non pas par l’actuel Conseil supérieur de la magistrature, mais par «une nouvelle instance avec des citoyens français tirés au sort».

07:52

La colère est «très mauvaise conseillère», prévient le président de la conférence nationale des procureurs

De l’émotion, oui. De la colère, non. Au micro de RMC ce lundi matin, Frédéric Chevallier, président de la conférence nationale des procureurs, jure que la colère «est souvent mauvaise conseillère» et appelle à «garder la tête froide» dans l’affaire Lyhanna. Celui qui est également procureur de Chartres (Eure-et-Loire) déplore la «dérive» qui consiste aujourd’hui à «jeter en pâture les magistrats du parquet», alors que «tous les matins on se lève pour faire en sorte que ces drames n’existent jamais».

Frédéric Chevallier compte attendre les résultats de l’inspection diligentée par Gérald Darmanin, ministre de la Justice, pour tirer des conclusions quant aux responsabilités des uns et des autres. «On peut attendre 15 jours, non ? Par respect pour cette enfant», lance-t-il. Les magistrats devront alors «évidemment» rendre des comptes. Mais des sanctions, «non», Frédéric Chevallier n’en veut pas. «Les magistrats ne sont à l’abri de rien», rappelle-t-il toutefois. «Il y a un Conseil supérieur de la magistrature dont l’un des objectifs est de faire la discipline des magistrats.»

Quant à la revue des 70.000 plaintes touchant des enfants qu’a demandée par le Garde des sceaux, Frédéric Chevallier prévient que cela fera «mettre de côté d’autres sujets», car il y a «3,4 millions de plaintes chaque année, tous contentieux confondus». Aller chercher des plaintes chez les «camarades policiers et gendarmes», «c’est ce qu’on fait déjà tous les jours. On va le faire ce recensement. On ira de nouveau. Après, il va falloir les traiter. C’est ce qu’on fait de manière quotidienne.»

07:29

Percuté par l’affaire Lyhanna, le projet de loi sur la justice criminelle arrivée à l’Assemblée

Le projet de loi sur la justice criminelle porté par Gérald Darmanin arrive lundi en commission à l’Assemblée nationale, percuté par l’affaire Lyhanna, qui remet en lumière les dysfonctionnements d’un système judiciaire embolisé. Le garde des Sceaux sera auditionné par la commission des lois à partir de 16h00, avant que les députés ne commencent l’examen du texte, déjà adopté le 14 avril au Sénat en première lecture.

Avant cela, plusieurs députés de gauche et de la coalition gouvernementale tiennent à 14h30 une conférence de presse, introduite par la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet (Renaissance), visant à rappeler leur souhait d’une «loi intégrale» de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, autrement dit une «loi cadre» qui «embrasse l’ensemble du problème».

À l’initiative de l’événement, la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez, autrice en novembre d’une proposition de loi en ce sens avec une centaine de députés. Auprès de l’AFP, elle récuse qu’un «dysfonctionnement interne» suffise à expliquer la mort tragique de la fillette de 11 ans, dont le meurtrier présumé avait fait l’objet de plusieurs plaintes, et demande un «changement de paradigme».

La députée de Seine-et-Marne souhaite notamment que le gouvernement reprenne à son compte l’idée de juridictions spécialisées sur les violences sexistes et sexuelles, inspirées du modèle espagnol, et d’unités judiciaires spécialisées pour accueillir la parole des victimes.

07:25

Gérald Darmanin réunit les procureurs généraux à 08h30

Gérald Darmanin, ministre de la Justice Sébastien SORIANO / Le Figaro

Gérald Darmanin réunit lundi à la Chancellerie les procureurs généraux pour leur demander une revue des plaintes concernant des enfants victimes dans le sillage de l’affaire Lyhanna, tandis que des collectifs féministes et de la protection de l’enfance ont appelé à des rassemblements devant les tribunaux.

Le garde des Sceaux a convoqué les procureurs généraux - représentants du ministère public au sein des 36 cours d’appel de France - à 08h30 pour une «réunion de travail».

Il va leur dire qu’ils ont jusqu’au 14 juillet «pour reprendre l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants», soit environ 70.000, comme le ministre l’a annoncé dès dimanche sur LCI. «On va prendre ressort par ressort, toutes les plaintes» et «il n’y a pas un haut magistrat qui va partir en vacances» tant que ce recensement n’aura pas été fait, a prévenu Gérald Darmanin, alors qu’une marche blanche réunissait 6000 personnes en hommage à Lyhanna à Fleurance, dans le Gers.

07:23

Bonjour à toutes et à tous

Bienvenue dans ce direct consacré aux suites de l’affaire Lyhanna. Le corps de la fillette de 11 ans a été découvert jeudi 4 juin dans le Gers, sept jours après sa disparition.

Quelque 6000 personnes ont rendu hommage dimanche à Lyhanna lors d’une marche blanche organisée à Fleurance.

Ces derniers jours, la polémique enfle concernant le traitement judiciaire des plaintes pour viols sur mineures visant le principal suspect.

Les publications apparaîtront ici

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