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Life 10/06/2026 19:11
Trois des quotidiens du pays ont affiché mardi des pages maculées de sang, pour alerter sur la précarité menstruelle.

Instagram / MENstruation Foundation
La campagne, à la Une de trois des quotidiens sud-africains, a pour but de lutter contre la précarité menstruelle.
EN BREF • Trois journaux sud-africains présentent des pages tachées pour alerter sur la précarité menstruelle, une initiative de la MENstruation Foundation.
• La campagne, largement partagée sur les réseaux sociaux, met en lumière le manque de protections pour des millions de filles.
• L’ONG, cofondée par Babalwa Latsha, appelle à des dons pour distribuer davantage de serviettes hygiéniques.
Mardi 9 juin, les lecteurs du Star, du Mercury et du Cape Times, trois des grands quotidiens d’information sud-africains, ont découvert avec stupeur une grande tache de sang menstruel s’étaler en Une de leur journal.
Non seulement la tache masquait largement la lecture de l’article d’ouverture, mais s’infiltrait aussi à l’intérieur du quotidien sur plusieurs pages, comme si le journal avait servi de protection périodique de fortune. Jusqu’à ce qu’apparaisse un message, aussi court que percutant : « Un journal peut absorber le sang, mais pas la honte. »
Car cette tache de sang n’est pas le fruit d’un problème technique lors de l’impression. Il est le résultat d’une campagne ambitieuse menée par l’association sud-africaine MENstruation Foundation, qui lutte contre la précarité menstruelle et le tabou autour des règles.
Une campagne devenue virale
De Cape Town à Johannesburg, la campagne de MENstruation Foundation est rapidement devenue virale. Sur le réseau social X, la courte vidéo d’un internaute présentant la campagne présente dans le The Star a récolté près de 800 000 vues en moins de 24 heures, et suscité des réactions très diverses.
Si certains internautes ont avoué avoir été déroutés ou « gênés » par le message de la campagne, d’autres ont applaudi son originalité, alors que près de quatre millions d’écolières sud-africaines n’ont pas les moyens d’utiliser des serviettes ou des tampons lorsqu’elles ont leurs règles. « Un marketing intelligent qui ne se contente pas de vendre, mais qui sensibilise le public. J’espère que cela débouchera sur de véritables dons et la distribution de serviettes hygiéniques », félicite ainsi un internaute, tandis qu’une autre rappelle que l’encre du papier journal contient « du plomb et d’autres produits chimiques nocifs » et ajoute : « Je me souviens de mes premières règles, à l’époque on n’avait pas de serviettes hygiéniques. On utilisait des pansements pliés. Ce n’était vraiment pas drôle… On oublie le confort qu’on a maintenant. »
« Une réalité pour des millions de jeunes filles »
Dans un communiqué publié sur son site, le journal The Star, qui appartient au même groupe média que les deux autres quotidiens, ne cache pas sa fierté d’accueillir entre ses pages la campagne ambitieuse de la MENstruation Foundation, qui a pour vocation de faire de la précarité menstruelle un véritable sujet de société.
« Le choix des journaux comme support de campagne était délibéré et symbolique. Pour des millions de jeunes filles vivant dans la pauvreté, journaux, chiffons et autres matériaux insalubres servent souvent de substituts aux protections hygiéniques. En faisant des journaux eux-mêmes le vecteur du message, la campagne oblige les lecteurs à se confronter à une réalité difficile à laquelle de nombreuses jeunes femmes sont confrontées chaque mois », écrit le quotidien.
De son côté, la MENstruation Foundation espère profiter des retombées médiatiques de sa campagne pour amplifier son action et se faire connaître auprès du grand public. Chaque mois, cette ONG cofondée par la joueuse internationale de rugby Babalwa Latsha, distribue des serviettes hygiéniques gratuites à environ 100 000 écolières grâce à son programme de distributeurs automatiques de serviettes hygiéniques installés dans les écoles à travers le pays. Mais elle a besoin de davantage de moyens.
« Nous avons la solution. Nous fabriquons les serviettes hygiéniques de haute qualité les plus abordables au monde, détaille Siv Ngesi, cofondatrice de l’association. Mais nous avons besoin de donateurs et de sponsors d’entreprises pour aider des millions de jeunes filles supplémentaires. Sans eux, nous ne pourrons pas mettre fin à la précarité menstruelle en Afrique du Sud. »


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