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Ebola, Hantavirus : pourquoi nous ne sommes toujours pas prêts pour la prochaine pandémie, selon cette experte

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Sous contrôle, l’hantavirus vient d’être ajouté à la liste des virus présentant un risque de pandémie. Depuis peu, le virus Ebola frappe à nouveau durement le continent africain. L’experte Helen Clark a été interrogée sur le sujet. Selon elle, le monde devrait faire plus d’efforts en termes de préparation afin de prévenir efficacement les prochaines pandémies.

Des lacunes dans l’identification des risques

Depuis la pandémie de Covid-19, la réponse aux crises sanitaires a fait l’objet d’une amélioration. Néanmoins, comme le rapporte The Guardian dans un article du 21 mai 2026, Helen Clark estime que la prise de conscience des risques pandémiques reste encore aujourd’hui insuffisante. Pour rappel, Helen Clark est l’ex Première ministre de Nouvelle-Zélande (1999 à 2008), actuellement co-présidente du Panel indépendant sur la préparation et la réponse aux pandémies (IPPPR).

Pour l’intéressée, les nouveaux règlements sanitaires internationaux issus de reformes, fonctionnent. En considérant l’épidémie d’hantavirus à bord du MV Hondius en avril 2026 et le déclenchement d’une alerte le 15 mai à propos d’une nouvelle flambée du virus Ebola, la réponse s’est dans l’ensemble plutôt bien déroulée.

En revanche, l’optimisme d’Helen Clark semble avoir ses limites. L’experte souligne des efforts insuffisants quant à l’identification des risques et la compréhension des raisons faisant en sorte que les flambées épidémiques peuvent devenir hors de contrôle. La spécialiste pense qu’il faut absolument mettre en place une préparation reposant sur l’évaluation des risques. L’objectif ? identifier les menaces potentielles afin de faire face rapidement en cas de besoin.

MV Hondius bateauCrédit : Stefan Brending / Wikimedia Commons
Le navire de croisière MV Hondius, théâtre de la récente épidémie d’hantavirus Andes.

Des manquements à identifier et à corriger

Le variant de l’hantavirus (Andes orthohantavirus) découvert sur le bateau de croisière a provoqué une alerte sanitaire mondiale après le décès de trois personnes. En revanche, le potentiel épidémique de ce variant était déjà connu en Argentine, son pays d’origine. Le virus a en effet causé une épidémie mortelle entre fin 2018 et début 2019, dans un petit village en Patagonie. Malgré cet antécédent, le niveau de connaissance des navires partant d’Argentine n’a jamais été évalué.

Au Congo RDC, la souche Bundibugyo du virus Ebola peut-être déjà à l’origine d’environ 130 morts dans une province isolée, aurait progressé durant au moins six semaines sans avoir été détectée. En effet, les tests réguliers concernaient une autre souche et présentaient donc des résultats négatifs. Pourquoi cela a-t-il pris autant de temps ? Que s’est t-il passé ? Helen Clark a demandé une enquête relative à la chaîne des événements, afin d’identifier les lacunes et les besoins.

Une solidarité mondiale essentielle

Helen Clark a également souligné les conséquences des coupes budgétaires dans l’aide internationale de la part des grands pays donateurs occidentaux, en ce qui concerne les efforts de prévention sanitaire. Selon l’intéressée, les pays donateurs ont brusquement exigé des nations les plus fragiles qu’elles auto-financent leurs systèmes de surveillance sanitaire. L’experte a affirmé que les pays les plus pauvres et les plus fragiles n’ont pas l’argent nécessaire pour assurer cette prévention de manière efficace.

Autrement dit, la solidarité mondiale reste extrêmement importante si l’on veut réellement tenter de prévenir toute pandémie future. Helen Clark a rappelé que la sécurité sanitaire mondiale est un « bien public mondial », et que le fait de couper l’aide à l’Afrique ne protègera pas les pays riches, tout simplement car les virus ne connaissent pas de frontières.

Yohan D

Rédigé par Yohan D

Vulgarisateur scientifique depuis plus de dix ans, je m’intéresse à la géographie, aux technologies et à l’environnement. J’espère attirer votre attention sur des sujets captivants !

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