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Nos enfants ne savent plus écrire correctement, mais leur directeur d’école sait repérer une discrimination identitaire. Ouf.
Selon le site spécialisé Professeurs des écoles, le gouvernement prévoit un module dédié à l’ensemble des cadres de l’Éducation nationale. Les directeurs d’école et les inspecteurs seraient concernés, tandis qu’un guide pratique devrait être diffusé dans les établissements à la rentrée 2027.
L’objectif officiel consiste à mieux prévenir les violences, le harcèlement et les discriminations visant les élèves LGBT+. Personne ne conteste la nécessité de protéger un enfant insulté ou maltraité, quel que soit son sexe réel ou fantasmé. Le problème commence lorsque chaque mission légitime devient une nouvelle couche administrative, une formation obligatoire et un document supplémentaire confié à des personnels déjà débordés.
Les directeurs d’école transformés en couteaux suisses idéologiques
Les directeurs doivent déjà assurer le fonctionnement quotidien de leur établissement, coordonner les équipes, gérer les relations avec les familles, répondre aux incidents, appliquer les circulaires et tenter de conserver quelques heures pour la pédagogie. Le nouveau référentiel publié en 2026 leur confie d’ailleurs un rôle renforcé dans le pilotage pédagogique et l’organisation de l’école.
À cette liste s’ajoutera donc une nouvelle formation spécialisée. Le directeur d’école moderne doit savoir enseigner, administrer, arbitrer, surveiller, signaler, communiquer, apaiser et, désormais, maîtriser le lexique complet des politiques d’identité. Il ne lui manque plus qu’une décharge de service suffisante pour lire toutes les consignes.
Le ministère dispose déjà de ressources consacrées à l’homophobie et à la transphobie, ainsi que de lignes directrices précisant la conduite à suivre face aux situations de harcèlement ou aux demandes liées à l’identité de genre. L’annonce ne comble donc pas un vide total : elle ajoute un nouvel étage à un dispositif déjà très bien fourni.
Pendant les formations, le niveau scolaire poursuit sa descente
Cette nouvelle priorité arrive dans une école qui peine toujours à remplir ses missions les plus élémentaires. Les résultats français de l’enquête PISA 2022 ont enregistré une forte baisse en mathématiques. En lecture, les élèves français de 15 ans se situaient également légèrement sous la moyenne des pays de l’OCDE.
Le constat n’interdit évidemment pas de combattre le harcèlement. Il oblige toutefois à poser une question simple : combien de temps, d’argent et d’énergie l’institution peut-elle consacrer à multiplier les formations transversales pendant que des élèves quittent le primaire sans maîtriser correctement la lecture, l’écriture ou le calcul ?
Depuis l’arrivée de l’EVARS dans les programmes, l’école se voit confier une quantité croissante de missions sociales, sanitaires et idéologiques. Chaque cause est présentée comme urgente. Les fondamentaux, eux, peuvent patienter au fond de la classe avec leur cahier de conjugaison.
Protéger les élèves sans transformer l’école en laboratoire
Un élève insulté en raison de son orientation sexuelle doit être défendu, comme tout enfant victime de violence ou de harcèlement. Cela relève de la discipline, du droit et de la responsabilité des adultes. Nul besoin, pour y parvenir, de transformer chaque directeur en spécialiste des théories identitaires ni d’adapter continuellement l’école aux priorités militantes du moment.
L’Éducation nationale gagnerait à revenir à une règle compréhensible par tous : aucun enfant ne doit être humilié, frappé, violenté ou discriminé. Puis consacrer l’essentiel de ses moyens à apprendre à lire, écrire, compter, raisonner et connaître l’histoire.
À force de vouloir réparer toute la société depuis la salle de classe, le ministère finit par oublier ce que les familles lui demandent d’abord : instruire leurs enfants. Mais rassurons-nous, si les prochaines évaluations internationales sont mauvaises, il restera toujours la possibilité de former les directeurs à mieux accueillir les résultats.


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