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DGSN Yaoundé : 7 innocents en cellule, le voleur portait l’uniforme

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Sept employés d’une entreprise de rénovation ont passé plusieurs jours en cellule à Yaoundé pour un vol qu’ils n’avaient pas commis. Le vrai coupable ? Un policier en service à la DGSN, collègue de la plaignante, qui détenait les clés du coffre-fort. L’affaire, qui démarre le 9 juin 2026, dit quelque chose de brutal sur ce que vivent les innocents quand l’accusation vient de l’intérieur du système.

Des travailleurs embarqués, un bureau retourné, rien trouvé

Ce jour-là, l’entreprise Pac International envoie sept de ses employés effectuer des travaux de rénovation dans les locaux de la Direction générale de la sûreté nationale, à Yaoundé. Travaux courants. Rien d’inhabituel. Mais une élève-commissaire, Esther Avom, signale rapidement la disparition de 2 millions de FCFA en espèces et de 400 000 FCFA en bons de carburant, rangés dans un coffre-fort. Elle accuse les ouvriers.

Les antigangs de la police judiciaire d’Elig-Essono débarquent dans les locaux de Pac International, fouillent tout, retournent les bureaux. Résultat : zéro. Rien trouvé. Malgré ça, les sept employés sont embarqués et jetés en cellule. Leur entreprise, elle, ne fait rien. Aucune assistance, aucun avocat, aucun signe de vie. Les employés crient leur innocence dans le vide.

L’enquête relancée, le vrai voleur identifié

C’est le commissaire divisionnaire Klédé Bruno, directeur général de la police judiciaire, qui ordonne la reprise de l’enquête. Il confie le dossier au commissaire Billon et à l’officier de police Ebock. Leur travail aboutit à une conclusion qui renverse tout.

Le voleur n’est pas un ouvrier de Pac International. C’est un policier en service à la DGSN, collègue direct d’Esther Avom. Il avait accès au coffre-fort, les clés en main. Sachant que des travaux allaient avoir lieu dans les locaux, il a saisi l’occasion : voler les 2 millions et les bons de carburant, puis laisser les ouvriers porter le chapeau. Le voleur avait les clés du coffre. Il portait l’uniforme.

Difficile de ne pas y voir un cas d’école sur les dérives possibles quand l’accusateur et le coupable appartiennent au même corps. Les sept employés ont passé des jours derrière les barreaux sur la seule base d’une accusation, sans preuve, sans soutien. Rien ne confirme à ce stade qu’une procédure disciplinaire a été ouverte contre le policier mis en cause, ni qu’une réparation quelconque est envisagée pour les employés injustement détenus.

Alain-Claude Ndom

Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

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