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Des stratégies originales pour les oiseaux qui passent l’hiver avec nous

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Une grande partie des oiseaux qui habitent ou fréquentent le Saguenay-Lac-Saint-Jean optent pour le sud à l’approche de l’hiver. Mais pour plusieurs espèces qui y passent l’hiver, des stratégies de survie fascinantes sont déployées pendant les épisodes de froid mordant.

En entrevue lors de l’émission C’est jamais pareil, le professeur au département des sciences fondamentales de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et membre du Club des ornithologues amateurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Jacques Ibarzabal, a dressé la liste des stratégies employées par les mésanges, pigeons, geais bleus et jaseurs, entre autres, qui séjournent parmi nous 12 mois par année.

C'est vraiment fantastique qu'une petite mésange, qui pèse en moyenne 11 grammes, puisse maintenir sa température dans des environnements où elle est à 40 degrés puis qu’on est à - 30 degrés. Il y a 70 degrés d'écart. C'est quand même assez étonnant, a exposé d’entrée de jeu le scientifique et amateur d’oiseaux.

Pour maintenir une température corporelle élevée, les oiseaux peuvent gonfler leur plumage pour épaissir la couche d’air isolante. Ils peuvent alors avoir l’air de petites boules perchées dans les arbres.

La plus grande condition là-dessus, c'est de réussir à garder une couche d'air proche du corps. Cette couche d'air là qui va être sec, elle va nous isoler de l'extérieur. Puis vous avez sûrement déjà vu des mésanges ou d'autres oiseaux l'hiver se gonfler le plumage, c'est pour épaissir un peu cette couche isolante qui va les aider à garder leur température, a-t-il expliqué.

Le type de plumes change aussi une fois l’hiver venu, alors que la proportion de duvet augmente considérablement, notamment, chez les mésanges.

L'été, elles peuvent en avoir jusqu'à 25 ou 30 %, mais l'hiver, ça peut monter jusqu'à 50 %. Ce n'est pas le nombre de plumes comme le duvet lui-même qui est davantage élaboré, ramifié, plus long et qui va permettre de garder cette couche isolante là, a chiffré le scientifique.

Deux geais bleus se disputent une graine trouvée dans la neige.

Deux geais bleus se disputent une graine trouvée dans la neige.

Photo : Denis Aubert

Les mésanges accumulent également du gras pendant la journée en s’alimentant. Ce gras est utilisé pour demeurer au chaud pendant la nuit.

Ce qui fait que, durant le jour, elles accumulent de la graisse et cette graisse-là, comme s’il venait de remplir une batterie, elle va être utilisée durant la nuit. Mais ça fait en sorte que l'oiseau à la fin de la journée, quand il a mangé correctement, il peut être autour de 12,5 g au réveil le matin, il peut être jusqu'à 10 g, a-t-il enchaîné.

Parmi les autres stratégies, plusieurs espèces, comme les pigeons ou les gélinottes, possèdent un jabot qui sert d'entrepôt de nourriture, dont la digestion lente produit de la chaleur.

Jacques Ibarzabal.

Le professeur en écologie, en comportement de la faune et en dynamique des populations à l'Université du Québec à Chicoutimi, Jacques Ibarzabal. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Laurie Gobeil

Ce sac-là va servir d'entrepôt de nourriture. Alors, l'oiseau, surtout en fin de journée, va manger beaucoup de grains et durant la nuit, même perché encore sur un fil ou sur un bâtiment, bien, il va être capable de se placer en position pour dormir, mais il va pouvoir envoyer dans son système digestif régulièrement des grains pour digérer toute la nuit, puis se garder au chaud, a précisé l’ornithologue.

Les pattes sur les fils

Toujours du côté des pigeons, ces oiseaux parfois mal-aimés sont souvent aperçus sur les fils électriques et téléphoniques près de nos maisons. Là aussi, une façon intéressante de gérer la chaleur leur permet de rester immobiles au grand vent.

Des pigeons se reposent sur un fil électrique, à Rimouski.

Sur cette photo, des pigeons profitaient d'une bonne journée ensoleillée à Rimouski. (Archives)

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Ce qui arrive, c'est qu’ils vont avoir au niveau des pattes, entre autres, des échanges de récupération de chaleur, qu'on appelle des systèmes à contre-courant où, à partir du cœur, on a des artères qui amènent du sang chaud vers les extrémités. Lorsque ces artères-là se dirigent vers les pattes, elles se refroidissent progressivement au contact des veines qui retournent vers le cœur et ça fait en sorte qu'elles se passent la chaleur d'une à l'autre, a-t-il encore une fois illustré.

S’enfouir dans la neige

Il existe aussi une méthode bien simple, soit de se mettre à l’abri. Si la mésange peut se cacher dans une cavité dans un arbre, les gélinottes s’enfouissent dans la neige, qui a de grandes capacités isolantes.

La neige fraîche, ça peut amener un oiseau qui est caché là-dedans à une température de -2 -ou -5, même si à l'extérieur, on est à -25 degrés, a conclu le chercheur.

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