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Des restrictions de consommation d’eau de niveau 3 entreront en vigueur dès lundi pour les résidents du Grand Vancouver. C’est la première fois depuis juillet 2015 que la région est concernée par ce type de restrictions.
Dès lundi, il sera interdit de remplir sa piscine ou son bain à remous, de laver sa voiture, son allée et les trottoirs.
L’interdiction d’arroser sa pelouse, déjà en vigueur depuis le 1er mai, est maintenue. Il sera toujours possible, en revanche, d’arroser les arbres, arbustes et fleurs, mais à l’aide d’un arrosage manuel ou d’un système de goutte-à-goutte.
Depuis le 1er mai, des restrictions d’eau de niveau 2 sont en place. Dans un communiqué, le District régional de Metro Vancouver explique que plusieurs facteurs conduisent à relever encore le niveau de restriction, comme la réparation en cours d’une importante conduite d'approvisionnement en eau et la faible hauteur du manteau neigeux.
Malgré l’application des restrictions de stade 2 du 1er mai, la consommation d’eau en mai cette année est plus élevée qu’en mai 2025 lorsque la région était au stade 1, explique Daniel Roberge, directeur général adjoint aux services d’eau potable de Metro Vancouver.
Ce dernier explique que la consommation quotidienne dans le Grand Vancouver est de 1,2 milliard de litres d’eau. Daniel Roberge anticipe une augmentation de la consommation lors du mois de juin, à cause des températures plus élevées.
Il ajoute que le couvert neigeux représente à l’heure actuelle moins de 15 % de la normale, soit le niveau le plus bas depuis 2015.
Les réservoirs [d’eau] sont pleins en ce moment, mais on compte sur la fonte des neiges pour [les] réapprovisionner. Avec le manque de neige, on sait que nos réservoirs vont devoir nous servir beaucoup plus longtemps.
Des travaux de remplacement d’une conduite d’eau, installée en 1930 dans le parc Stanley, viennent également compliquer la situation. La mise en service est prévue en juillet, détaille Daniel Roberge.
Des fuites?
Zafar Adeel, directeur général du Pacific Water Research Centre de l’Université Simon Fraser (SFU), pointe du doigt l’état de vétusté des conduites d’eau.
De nombreuses conduites d'approvisionnement en eau du Grand Vancouver ont entre 50 et 150 ans. Cela signifie qu’il peut y avoir des fuites, explique Zafar Adeel. S’il reconnaît qu’il ne sait pas quelle proportion de cette eau est perdue à cause des fuites, il estime que, dans certaines villes du Canada, la perte est d'environ 25 % à 35 %, voire plus.
Zafar Adeel souligne également l’augmentation de la population dans l’aire urbaine, qui met une pression plus forte sur le réseau d'approvisionnement en eau. Daniel Roberge et lui s’accordent à dire que des efforts de sensibilisation doivent être faits pour inciter les résidents à moins consommer.
Les gens pensent généralement que le Canada a de grandes réserves d’eau et que ce n’est pas un sujet de préoccupation. Certes, le Canada a de grandes réserves d’eau, mais celles-ci ne sont pas toujours disponibles au moment et à l’endroit où on en a besoin, notamment dans les grandes zones urbaines.
Davantage de sensibilisation
Nous, les Canadiens, sommes parmi les plus grands consommateurs d’eau par habitant au monde, ajoute Zafar Adeel. Ce dernier déplore le fait que les utilisateurs n’ont généralement pas accès à des systèmes de suivi de leur consommation.
Plus de 60 % des résidences ne sont pas équipées de compteur d’eau, ce qui signifie que les habitants ne savent pas combien ils consomment en temps réel et ne reçoivent qu’une facture en fin d’année.
Zafar Adeel prône l’utilisation de compteurs intelligents qui envoient des informations aux utilisateurs sur la quantité d’eau qu’ils consomment, et sur la manière de réduire leur utilisation de l’eau.
Avec des informations de l’émission Phare Ouest, Akshay Kulkarni, Renée Lukacs et Dan Burrit


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