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Cross, un requin blanc mâle faisant plus de 9 pieds, a été géolocalisé le dimanche 19 juillet tard en fin de journée au large de Rivière-au-Renard. La saison est bien entamée, tandis qu’il n’est pas le seul à voir été repéré dans les eaux du Saint-Laurent.
Sa balise émettrice a été captée vers 23 h 47. Ce requin d’âge juvénile de 377 lb est suivi depuis octobre l’an dernier. Il a été catalogué dans les eaux de la Nouvelle-Écosse par les équipes de Ocearch qui espèrent ainsi mieux comprendre comment les grands requins blancs fréquentent les eaux côtières du Canada atlantique ; qu’ils y soient de passage lors de leur migration ou qu’ils y séjournent pour se nourrir et grandir.
Cross n’a cependant pas été longtemps en Gaspésie. Dès le lendemain, il a été repéré au large du Nouveau-Brunswick, à la hauteur de Tracadie-Sheila. La saison des requins blancs semble bien lancée puisqu’un autre mâle, Ripple, a été localisé tout juste à l’ouest des Îles-de-la-Madeleine le samedi 18 juillet. Celui-ci faisait 11 pi et 6 pouces et pesait 778 lb au moment d’être catalogué. Une femelle, Bella (10 pi 2 po pour 729 lb), se retrouvait également dans les eaux du Saint-Laurent entre les Îles-de-la-Madeleine et l’île d’Anticosti au moment de mettre sous presse.
Présence fascinante
Ces apparitions ne sont pas exceptionnelles, mais leur suivi en direct permettant de les localiser demeure toujours intéressant tant pour le public que les scientifiques.
L’an dernier, l’observation de requins blancs avait été particulièrement prolifique. Le 2 août, par exemple, un plongeur avait fait une rencontre inopinée aux Îles-de-la-Madeleine. L’Observatoire des requins du Saint-Laurent (ORS) notait qu’il s’agissait fort probablement de la première interaction non provoquée dans les eaux du Québec entre un plongeur et un requin blanc.
Le 30 août, un mâle baptisé Dold avait été localisé au large de Cap-Chat, à environ 35 km de la ligne reliant Pointe-des-Monts sur la Côte-Nord à la péninsule gaspésienne, une frontière généralement considérée comme la limite de l’estuaire du Saint-Laurent.
Le tout constituait la présence vérifiée la plus en amont dans le Saint-Laurent depuis plus de 70 ans, toujours selon l’ORS. Le dernier requin blanc confirmé à l’intérieur de l’estuaire avait été capturé à Rivière-Portneuf en 1949.
« Bien qu’il soit impossible de dire si le requin entrait dans l’estuaire ou en sortait, c’est l’observation vérifiée la plus en amont dans le Saint-Laurent depuis plus de 70 ans, expliquait alors Jeffrey Gallant, directeur scientifique de l’ORS. Les preuves issues des détections modernes au cours de la dernière décennie et des dents anciennes suggèrent que le requin blanc fréquentait ces eaux bien avant l’avènement des changements climatiques accélérés, et si leur population continue de croître, il est probable que les incursions dans l’estuaire deviennent plus fréquentes. »
Il précisait que, si cette détection présente un intérêt scientifique, elle ne constitue pas en soi un événement important ou exceptionnel.
Jean-Philippe Thibault
Détenteur d'un baccalauréat en Études littéraires de l'Université du Québec à Rimouski, Jean-Philippe Thibault s'est tourné vers le journalisme dès 2010 à l'hebdomadaire L'Avant-Poste, dans... Lire la suite


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