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Après le dépôt du budget en Colombie-Britannique, des experts en santé mentale sont inquiets de l’absence d'investissements pour soins communautaires. À la lumière de récentes tragédies, ils estiment que le gouvernement néo-démocrate de David Eby doit investir davantage dans la prévention que dans les traitements involontaires.
Dans son récent budget, le Nouveau Parti démocratique (NPD) protége les investissements en santé mentale déjà promis.
Par exemple, 16 nouveaux centres Foundry s'ajouteront aux 19 déjà en place dans la province. Ces centres offrent un soutien psychologique en personne et en ligne aux jeunes de 12 à 24 ans.
La ministre de la Santé, Josie Osborne, a également obtenu une nouvelle enveloppe de 131 millions de dollars sur trois ans pour le traitement involontaire de personnes souffrantes de maladies mentales complexes, de dépendances et de lésions cérébrales.
Cela se traduira en lits spécialisés à Prince George, Maple Ridge et Surrey.
Nous allons continuer à offrir plus de lits et de ressources en santé mentale dans les centres urbains et les plus petites communautés. Nous allons offrir plus d'équipes mobiles pour soutenir les jeunes.

Un lit en soins involontaires, à Maple Ridge. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ben Nelms
Former des psychologues et des conseillers
Le budget prévoit aussi une nouvelle enveloppe de 167 millions de dollars sur trois ans pour, entre autres, recruter et former des psychologues et des conseillers en santé mentale qui seront assignés à différentes écoles.
Qu'arrive-t-il lorsqu'on a 25 ans, où peut-on aller chercher de l'aide, se demande Keir Macdonald, président de Coast Mental Health. Celui-ci reconnaît néanmoins l'incertitude économique avec laquelle la province doit composer.
Par contre, il prévient que le soutien en santé mentale dans les communautés est crucial parce qu'il permet de prévenir les crises qui parfois se terminent en tragédie, comme la tuerie après le festival Lapu Lapu et plus récemment à Tumbler Ridge.
Les personnes qui souffrent d'anxiété ou de dépression peinent à obtenir un diagnostic et à recevoir les traitements dont elles ont besoin. Et ce que les données nous montrent, c'est que,,, lorsque les gens tardent à accéder rapidement aux soins, les choses s'aggravent.
En effet, M. Macdonald estime que les communautés, notamment rurales, ont de la difficulté à offrir des services en santé mentale à ceux qui en ont besoin. Il explique que la prévention passe par les centres communautaires qui sont plus chaleureux que les hôpitaux.
Ces centres ont une équipe mobile qui part à la rencontre de personnes dans le besoin et ils offrent un point de contact avec des experts en santé mentale, en logement ou pour chercher un emploi. Ces centres ont des psychologues, des thérapeutes et des conseillers en santé mentale, ajoute-t-il.
En plus de l'aide professionnelle offerte aux gens dans le besoin, ces centres sont aussi un point de contact pour rencontrer d'autres personnes qui vivent des situations similaires, pour parler, pour se sentir moins seul.
Coût des traitements involontaires
Jonny Morris, président de la division de la Colombie-Britannique de l'Association canadienne pour la santé mentale, fait écho à Keir Macdonald et souligne le fait que les traitements involontaires sont très coûteux comparativement aux traitements volontaires.
C'est qu'ils peuvent comprendre une surveillance accrue du patient, l'intervention de policiers et d'ambulanciers et des services juridiques.
La santé mentale est un problème important, surtout compte tenu du contexte économique. L'aide que reçoivent les gens dans les communautés est cruciale et permet de libérer d'autres ressources, comme les policiers qui peuvent répondre à d'autres urgences.

L'aide offerte dans la communauté est cruciale, dit Jonny Morris, président de la division de la Colombie-Britannique de l'Association canadienne pour la santé mentale. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
De son côté, la porte-parole en matière de Santé mentale du Parti conservateur de la Colombie-Britannique, Claire Rattée, se désole du peu d'investissements en santé mentale ciblé pour les communautés rurales de la province.
Il n'y a rien de nouveau dans ce budget. Même les lits spécialisés à Maple Ridge, Prince George et Surrey ont déjà été annoncés l'an dernier. C'est frustrant, explique Mme Rattée.
Et les régions rurales?
Selon la députée de Skeena, la tragédie de Tumbler Ridge démontre le manque de ressources systémiques en santé dans les régions rurales de la Colombie-Britannique.
Nous avons moins de 1000 lits de traitement [en soins tertiaires] financés par les fonds publics. Les gens n'ont pas les moyens pour payer leur traitement. Et encore là, il faudrait avoir accès à un psychologue ou à un médecin.
Claire Rattée souligne aussi que le manque de spécialistes et la fermeture des urgences dans les communautés éloignées forcent les familles à voyager plusieurs heures pour se rendre dans d'autres communautés afin de recevoir les soins dont elles ont besoin.
Plusieurs familles n'ont pas les moyens de voyager et elles mettent de côté leur santé, précise-t-elle.
Même si elle salue la nouvelle enveloppe pour recruter des professionnels en santé mentale dans les écoles, Mme Rattée se demande combien d'entre eux iront dans les plus petites communautés.


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