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Neuf jours après l'annonce d'un possible déménagement, la contestation ne faiblit pas au Collège Glendon. Malgré les tentatives de l'Université York pour calmer le jeu, les étudiants maintiennent la pression et exigent une transparence totale sur l'avenir de leur campus bilingue à Toronto.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux mercredi, l’Association étudiante du Collège Glendon (AÉCG) a déclaré que la proposition de déménager le collège sur le campus principal de l'Université York suscite des préoccupations chez plusieurs étudiants.
L'AÉCG affirme que la proposition a généré un niveau d’inquiétude, de confusion et d’incertitude considérable au sein de la communauté étudiante.
La majorité était en désaccord
Vendredi dernier, les étudiants se sont rassemblés à l’occasion d’une rencontre de l’AÉCG pour discuter de la suggestion de la direction, explique le président Samuel Nieva en entrevue. La majorité [des étudiants] était en désaccord avec la proposition, décrit-il.
M. Nieva relaie qu’il a notamment été mentionné que la proposition pourrait isoler l’environnement immersif bilingue dans un seul bâtiment du campus Keele. Le bilinguisme, dit-il, serait réduit aux grades et aux programmes, alors qu’il est actuellement possible d’avoir accès à des services en français à l’extérieur des classes.

Samuel Nieva est président de l’Association étudiante du Collège Glendon.
Photo : Radio-Canada
À noter que l’Université précise, dans son annonce de la proposition, que la visibilité des services aux étudiants et du soutien à la communauté francophone serait améliorée et augmentée sur le campus Keele.
L’approche employée par la direction pour informer les étudiants de la proposition est aussi critiquée par certains étudiants. M. Nieva pense lui-même que la direction aurait pu annoncer la proposition avec un peu plus d’attention.
Les étudiants de Glendon ont reçu un courriel mardi dernier du principal, Marco Fiola, les informant de la proposition.
M. Fiola y informe les étudiants que rien ne changera dans un avenir rapproché. Les cours et les parcours académiques demeurent inchangés, ajoute-t-il. Avant tout, et c’est le plus important, aucune décision n’a été prise.
Une rencontre avec la direction
Mardi après-midi, lors d’une rencontre virtuelle avec la rectrice et vice-présidente aux affaires académiques par intérim de l’Université, Laina Bay-Cheng, et le principal, Marco Fiola, Samuel Nieva a aussi fait part des inquiétudes des étudiants.
Il a aussi déploré le fait que la direction n’avait déployé aucun employé bilingue ou francophone pour présenter la proposition durant la rencontre du Conseil de la faculté. Mme Bay-Cheng a néanmoins mentionné à M. Nieva qu’elle était prête à collaborer avec les étudiants.
La vice-rectrice intérimaire aux affaires académiques, Laina Bay-Cheng, a été heureuse de rencontrer l’Association étudiante du Collège Glendon le mardi 26 mai et se réjouit de recevoir une invitation de leur part afin de poursuivre les discussions, confirme Yanni Dagonas, porte-parole de l'Université York.
La présentation du 20 mai était en anglais pour que la vice-rectrice puisse communique dans sa langue de préférence, ajoute M. Dagonas.
France Ntongo

France Ntongo aime l’intimité du campus Glendon.
Photo : Radio-Canada
France Ntongo, une étudiante en psychologie avec une spécialisation en neuropsychologie cognitive, était choquée en prenant connaissance de la proposition. La majorité des cours de l’étudiante ont lieu au campus Glendon.
Elle et ses amies ne pensaient pas que la fermeture de Glendon serait une possibilité trop proche. On se disait que peut-être ça pourrait arriver dans 10 ou 20 ans, dit-elle. On était vraiment stressé, parce qu’on ne sait pas c’est que ça arrive avec nos programmes, et cetera, ajoute-t-elle.
Glendon plaît aussi à Mme Ntongo, qui vient de la région de Toronto, car on peut y entendre différents niveaux de français. Il n’y a pas vraiment de jugement quand on parle entre nous, explique-t-elle.
Raffaella Colangelo

Raffaella Colangelo est une étudiante au Collège Glendon.
Photo : Radio-Canada
Raffaella Colangelo, une étudiante dans le programme de théâtre et arts visuels, au Collège Glendon, aime comment la communauté du collège est tissée serrée. La petite taille des classes lui permet de facilement connecter avec ses professeurs.
L’étudiante comprend les motifs de la proposition. Les inscriptions sont très faibles et tellement de programmes ont été coupés, constate-t-elle. Le campus Keele a tellement plus d’installations qu’à Glendon, note-t-elle aussi.
Mme Colangelo a toutefois aussi l’impression que la direction de l’Université a négligé les besoins de Glendon en misant davantage sur la construction d’un nouveau campus, à Markham.
C’est regrettable, car la raison principale pour laquelle Glendon attire les gens, soit la petite taille du campus, le fait qu’il s’agisse d’une communauté tissée serrée : nous n’aurons plus cela quand tout sera déménagé dans un bâtiment sur le campus Keele, ce qui est triste.
Israel Kukoyi

Israel Kukoyi est un étudiant de l’Université York qui a aimé son expérience à Glendon.
Photo : Radio-Canada
Israel Kukoyi a étudié à temps plein à Glendon lors de sa première année à l’Université York. Même s’il passe désormais la majorité de son temps sur le campus principal, dans le nord de Toronto, l’étudiant tente de revenir à Glendon une ou deux fois par semaine. L’atmosphère à Glendon s’apparente davantage à celle d’une école secondaire, dit-il, ce qu’il préfère.
Il n’est pas possible, selon lui, d’intégrer le Collège Glendon au campus Keele. Glendon, c’est son propre campus, ses propres gens, soutient l’étudiant. Il y a beaucoup trop d’étudiants sur le campus Keele, ajoute-t-il.


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