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Des bébés dans un sac de courses : une mère et une grand-mère aux assises pour infanticide

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Avec AFP

Publié le 02/03/2026 à 23:05 - Mis à jour le 02/03/2026 à 23:05

Une mère et une grand-mère sont jugées cette semaine devant la cour d'assises de Côte d'Or, pour avoir dissimulé des jumelles nées prématurément dans un sac de courses. Abandonnée par le père, la jeune mère entretenait une nouvelle relation et ne voulait pas que ces enfants viennent menacer cette liaison.

Une jeune femme sous l'emprise d'un beau-père strict est jugée cette semaine à Dijon pour avoir "fermement emmailloté" et dissimulé dans un sac de courses, juste après l'accouchement, ses jumelles nées prématurées, avec l'aide de sa mère. Une seule survivra, par miracle.

"En aucun cas, je n'ai voulu donner la mort à mes enfants": visage fermé, recroquevillée sur elle-même, Sabrina Boulsas a du mal à retenir les pleurs à l'ouverture de son procès lundi devant la cour d'assises de Côte d'Or.

Duel entre les coaccusées

"J'ai accouché toute seule, dans la douleur", ajoute la jeune femme, 26 ans, avant de céder à la colère: "Ma propre mère ne m'a pas soutenue. Elle m'a tout mis sur le dos", affirme-t-elle, lançant le duel avec la coaccusée, qui va probablement durer toute cette semaine d'audience.

"Je n'ai pas voulu donner la mort à ces enfants", répond sèchement cette dernière, Zara Nacir, 44 ans. Les deux accusées, poursuivies pour meurtre et tentative de meurtre, encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

Dans la nuit du 23 au 24 mai 2020, c'est la grand-mère qui a appelé les pompiers. "Ma fille perd beaucoup de sang", leur dit-elle sans jamais évoquer l'existence d'enfants.

Quand les ambulanciers demandent à Sabrina Boulsas, 20 ans au moment des faits, "ce qui a été expulsé", la jeune femme tend un sac de courses dissimulé derrière un meuble, restant muette sur son contenu. Le personnel soignant y découvre le corps sans vie d'un nouveau-né et un autre qui vit toujours.

Les bébés avaient été mis dans un sac en toile de type tote bag, qui avait été placé à son tour dans un sac plastique d'une grande marque de discount.

"Des petits gémissements"

Selon l'accusation, ils avaient été "fermement empaquetés" dans des vêtements, à tel point que la sage femme de l'hôpital avait eu "des difficultés" à les libérer.

Les jumelles, nées à moins de sept mois de grossesse, pesaient moins de 800 grammes. Elles étaient cependant toutes les deux en vie lors de l'accouchement, selon l'autopsie.

"Ils poussaient des petits gémissements", avoue Mme Boulsas à la barre. "J'appelle ma mère et je lui dis: j'ai perdu mes bébés. Elle me répond: Pourquoi tu m'as fait ça?", affirme l'accusée, sous des hochements de tête négatifs de sa mère, 38 ans au moment des faits.

"Et ma mère me dit de monter le son de la télé" pour couvrir les gémissements et éviter que le beau-père n'entende. "Je lui ai demandé de les mettre dans le sac", affirme-t-elle, sa mère contestant encore. "Pour les cacher, par peur de mon père" adoptif, explique-t-elle.

Une "situation de détresse absolue"

Abandonnée par le père, la jeune mère entretenait une nouvelle relation et ne voulait pas que "cet enfant" vienne menacer cette liaison, ne sachant même pas alors qu'elle portait des jumelles, faute de suivi gynécologique.

Elle avait fait des recherches sur internet sur les moyens de mettre un terme à une grossesse, selon l'accusation.

Faisant preuve d'une "certaine immaturité", selon un expert psychiatre, la jeune mère aurait de plus été emprisonnée par des principes religieux musulmans rendant impossible d'évoquer des relations sexuelles avant le mariage, et la poussant à cacher sa grossesse à son père adoptif, le compagnon de sa mère, un croyant à la mentalité stricte.

"Il n'y a pas d'infraction pénale", estime son avocate Me Chloé Bonnat, qui compte plaider l'acquittement au motif que sa cliente était dans une "situation de détresse absolue" et "d'affolement".

Cet empaquetage de nouveaux-nés "n'est pas le fruit du hasard", répond auprès de l'AFP Marie-Christine Klepping, avocate du département de Côte d'Or, qui s'est constituée partie civile en tant qu'administrateur de l'enfant survivant. "Il y avait une volonté de s'en débarrasser", ajoute-t-elle. Le procès devrait s'achever vendredi.

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