NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Une personne sur deux sera affectée par au moins une allergie en 2050, d’après l’OMS. Si les causes de cette épidémie silencieuse varient selon les allergènes (aériens, alimentaires, de contact, médicamenteux…), l’évolution de nos modes de vie et le changement climatique ont un impact indéniable. Et la recherche pour tenter d’y remédier n’en est qu’à ses débuts. Ces sujets seront au cœur du Congrès francophone d’allergologie qui s’ouvre ce mardi à Paris.
Pierre Charles - Aujourd'hui à 06:00 - Temps de lecture :
Éternuements, nez qui coule, urticaires, conjonctivites, asthme… Ces symptômes typiques des allergies touchent de plus en plus de Français. Ils n’étaient que 4 % à en souffrir au début des années 1970, contre un tiers aujourd’hui. Et en 2050, 50 % de la population mondiale sera affectée par au moins une maladie allergique, prévoit l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans l’air, les aliments, les médicaments, les textiles ou le venin des insectes : les allergies sont partout.
« Les plus fréquentes sont les allergies respiratoires aux acariens, que l’on trouve dans la poussière des maisons, celles aux pollens de graminées, bouleau et cyprès. Et les allergies alimentaires, qui touchent surtout les enfants », résume Sarah Court, allergologue à Dijon. Ces dernières années, la médecin constate l’augmentation du nombre de cas et note des tendances nouvelles : « On voit à la fois des patients plus jeunes et d’autres plus vieux qu’avant. Aujourd’hui, on peut devenir allergique aux pollens à 60 ans, alors qu’on n’avait jamais été embêté jusqu’ici. Il y a aussi plus d’allergies alimentaires, notamment sévères, et de cas d’asthme. »
Elle observe surtout une « explosion des allergies croisées », qu’elle décrit ainsi : « Quand on est allergique à un pollen, notre système immunitaire reconnaît ce pollen via une protéine à sa surface. Cette protéine peut être confondue avec d’autres, similaires. Par exemple, la structure de la protéine du pollen de bouleau ressemble beaucoup à celle de la pomme. Quand une personne allergique au bouleau va manger une pomme, son système immunitaire peut confondre les deux et réagir comme si elle était allergique, sa gorge va la gratter, etc. »
Des pollens presque toute l’année et des « asthmes d’orage »
Expliquer ces évolutions est complexe, d’autant que l’allergologie est une discipline jeune et la recherche encore balbutiante. Mais certains facteurs sont clairement identifiés, à commencer par le changement climatique. « Comme il fait chaud plus tôt et plus tard dans l’année, les pollens persistent plus longtemps. On a des patients qui sont gênés quasiment toute l’année, de février à octobre », indique Sarah Court. « Ça commence par le noisetier, l’aulne et le bouleau. Puis les graminées prennent le relais entre avril et juin. Ça se calme un peu l‘été avant de repartir avec les herbacées (l’ambroisie, notamment). Alors qu’avant, les allergies ne se manifestaient qu’au cours du printemps », se souvient celle qui est aussi vice-présidente de l’Association nationale des formations continues en allergologie (Anaforcal).
Depuis peu, les allergologues voient également défiler des cas « d’asthme d’orage », boostés eux aussi par le dérèglement du climat. « En mai-juin, on voit apparaître des orages. Ce qui arrivait très peu auparavant. Ces conditions font éclater les grains de pollens, qui vont alors pénétrer beaucoup plus loin dans les voies respiratoires et déclencher des asthmes chez des patients qui n’y étaient pas sujet », poursuit Sarah Court. Cette dernière cite aussi « l’augmentation des inondations qui favorise le développement de moisissures et d’acariens ».
Lentilles et laits de chèvre, allergènes émergents
Outre l’environnement, nos modes de vie sont également en cause, en particulier notre alimentation. À côté des grands “classiques” des allergies alimentaires (lait de vache, œuf, blé, poisson, cacahuète et fruits à coque), de nouvelles émergent, suivant l’évolution des consommations. « On voit beaucoup plus d’allergies aux légumineuses (lentilles, pois, soja…), qui s’inscrivent dans le développement d’une alimentation moins carnée. Même chose avec le sarrasin, qui remplace le blé, et le lait de chèvre, qui se substitue au lait de vache, cite l’allergologue. En augmentant le contact avec des aliments qu’on consommait peu auparavant, on augmente le risque de développer des allergies. »
Parmi les autres pistes évoquées pour comprendre le boom de cette épidémie silencieuse, la théorie hygiéniste met en cause l’aseptisation de notre environnement qui rendrait notre système immunitaire moins capable de différencier les substances nocives de celles qui ne le sont pas. Autant de possibilités qui seront évoquées lors du Congrès francophone d’allergologie, organisé de ce mardi à vendredi à Paris.
Allergies alimentaires : tout se joue dès bébé
Comment éviter de développer une allergie alimentaire, alors que le nombre de cas ne cesse d’augmenter ? Cela commence dès les premiers mois de vie, explique Sarah Court : « Chez le tout-petit, on sait qu’on peut avoir un impact pour prévenir l’apparition d’allergies en diversifiant l’alimentation tôt. L’idée, c’est d’introduire précocement le plus d’aliments possible. On a une fenêtre de tir entre quatre et huit mois, poursuit-elle. C’est-à-dire qu’on démarre la diversification à quatre mois, en fonction de l’alimentation des parents, de la famille. Par exemple, si le foyer consomme habituellement des fruits à coque, de la cacahuète, du blé, de l‘œuf, on va introduire ces produits très tôt dans l’alimentation de l’enfant. Et il faudra maintenir cette consommation régulièrement. »
Cette préconisation est assez récente, souligne la médecin : « J’ai souvenir que pour ma fille, qui va avoir 20 ans, ce n’est pas du tout ce qui était conseillé. On ne commençait pas la diversification de l’alimentation avant six mois et on n’introduisait pas du tout de fruits à coque. » Sarah Court concède que cette diversification « peut être une charge pour les parents, parce qu’on leur dit, “il faut mettre ça, ça, ça” » dans l’assiette de leur bébé, mais elle insiste sur son efficacité pour les convaincre de la mettre en place.
« On manque cruellement de traitements »
Laurent Guilleminault, pneumo-allergologue au CHU de Toulouse et chercheur à l’Institut toulousain des maladies infectieuses et inflammatoires, nous expose l’état de la recherche dans le traitement des allergies.
Environ un Français sur trois est affecté par une maladie allergique. Les traitements sont-ils efficaces ?« On manque cruellement de traitements pour pratiquement toutes les allergies : alimentaires, respiratoires, cutanées, médicamenteuses et aux hyménoptères [abeilles, guêpes, frelons, etc. NDLR], en dehors de l’asthme et de l’eczéma sévères, pour lesquelles on a des anticorps monoclonaux efficaces aujourd’hui. Il y a aussi la désensibilisation : on administre de petites doses d’allergènes de manière croissante pour induire une tolérance immunitaire et que les patients n’aient plus de symptômes. C’est efficace sur les allergies aux pollens de bouleau, de graminées et aux acariens, pour la cacahuète, le lait et l'œuf et pour les piqûres d’abeille et de guêpe. Ça touche pas mal de patients, mais il y a quand même une bonne partie des allergies pour lesquelles on n’a aucune arme thérapeutique. Par exemple, sur la noisette, l’amande, la noix de cajou, la crevette, le poisson… On a quelques données scientifiques, mais qui restent parcellaires. »
« L’allergologie souffre d’une vision un peu biaisée »
Comment expliquez-vous ce manque de solutions thérapeutiques ?« Il y a plusieurs choses. Le fait que l’allergologie soit une discipline récente joue [elle n’est une spécialité médicale à part entière que depuis 2017, NDLR]. Et puis, peu de laboratoires pharmaceutiques s’y intéressent vraiment. On peut le comprendre dans l’allergie alimentaire : quand vous faites une désensibilisation à la cacahuète, vous utilisez la cacahuète de supermarché, sans prescription. Donc ça n’est pas intéressant pour l’industrie pharmaceutique de financer la recherche si elle ne vend pas de médicaments ou de vaccins in fine. Je pense aussi que l’allergologie souffre d’une vision un peu biaisée. On se dit “ce n’est qu’un nez qui coule, une gorge qui gratte, ce n’est pas grave”. Mais des allergies alimentaires, médicamenteuses et aux hyménoptères sévères peuvent conduire à des décès. »
Y a-t-il tout de même des pistes prometteuses dans la recherche ?« Dans notre institut, on travaille notamment sur le développement de vaccins. Certains sont dirigés contre des cibles qui participent à l’inflammation en lien avec l’allergie, d’autres pour protéger les patients contre certains allergènes. Il y a aussi le développement d’anticorps monoclonaux : c’est ce qui est très utilisé actuellement, soit pour cibler des allergènes, soit pour cibler un type d’inflammation qu’on observe dans l’allergie. On espère beaucoup de tous ces outils-là pour pouvoir développer des armes thérapeutiques. »


1 month_ago
74



























.jpg)






French (CA)