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Des employés de SOTICAM, usine de Bekoko à Douala, ont dormi dehors plusieurs nuits pour réclamer leurs droits. Les images ont enflammé les réseaux sociaux, déclenchant des appels au boycott des marques Dolait, Tamtam et Luna. Mais le 13 juin 2026, une réunion tripartite a abouti à un accord signé sous l’égide de l’Inspection du Travail du Moungo. Le dossier est plus complexe qu’il n’y paraît.
Ce qui s’est passé à Bekoko
Des travailleurs de l’usine SOTICAM, propriété d’actionnaires libanais et implantée depuis environ 2002 dans la banlieue doualaise, ont débrayé pour dénoncer des conditions qu’ils qualifient d’inacceptables : salaires insuffisants, primes non versées, droits ignorés. Plusieurs d’entre eux ont campé devant les locaux, refusant de rentrer chez eux sans réponse.
L’affaire a explosé sur la toile grâce au lanceur d’alerte N’zui Manto.
En 24 heures, le mot « boycott » envahit les commentaires. Des consommateurs découvrent que Dolait ou Jadida ne sont pas des marques camerounaises au sens propre. Certains jurent de ne plus y toucher. D’autres rappellent que SOTICAM emploie environ 1 000 personnes et détient plus de 50% du marché des produits laitiers au Cameroun, avec des chiffres d’affaires que personne ne conteste.
La réunion du 13 juin a réuni direction, délégués du personnel, syndicats et inspecteurs du travail. Un accord écrit a été signé : intégration des primes de salissure et d’assiduité dès juillet 2026, requalification des employés polyvalents, organisation d’une cérémonie de médailles du travail. Le Délégué Départemental du Travail a validé l’accord et demandé la reprise immédiate.
Deux récits qui ne se rejoignent pas encore
Le SYNAJIC, Syndicat National des Journalistes Indépendants du Cameroun, a publié le même jour un communiqué défendant SOTICAM. Le texte affirme que les salaires respectent la Convention collective nationale des industries agroalimentaires et dénonce le « sensationnalisme » des publications virales. Alex KOKO, président national du SYNAJIC, parle de « désinformation préjudiciable » et appelle les influenceurs à vérifier leurs sources.
Mais voilà le problème : des travailleurs ont bel et bien dormi dehors. Ça, personne ne le conteste.
Que l’accord signé soit un vrai progrès ou un simple geste pour calmer la pression médiatique, on ne le saura qu’en juillet, quand les bulletins de paie tomberont. C’est là que les promesses se vérifient, pas dans un communiqué.
Ce qu’on peut dire sans se tromper : le conflit révèle une tension réelle entre des travailleurs camerounais et une direction qui n’a pas su anticiper la crise. Et le boycott spontané montre que les consommateurs commencent à faire le lien entre leurs achats et les conditions de ceux qui produisent.
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Laurent Diby
Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais.


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