Les cours de cuisine n’ont jamais été aussi populaires. Amateurs passionnés, curieux du dimanche ou fins gourmets s’y pressent pour apprendre les gestes de professionnels et partager un moment convivial autour de l’assiette.

Audrey Vermorel - 22 avr. 2026 à 08:00 | mis à jour le 28 avr. 2026 à 12:23 - Temps de lecture :

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Ce mardi soir, dans les cuisines de M Cook studio, dans le 14ᵉ arrondissement de Paris, Delphine, la cheffe, accueille cinq participants pour un cours de cuisine libanaise. Au menu : salade fattouche, shawarma d’agneau accompagné de houmous et knafeh pour le dessert. Les tâches se répartissent : découpe des légumes, marinade de la viande, confection du sirop à l’eau de rose, sous l’œil aiguisé de la cheffe. Tous les participants connaissent les bases de la cuisine et cherchent à découvrir des nouvelles saveurs et techniques.

Autour de la table, Pierre-Jérôme, qui a appris à faire son propre pain durant le Covid, mais aussi Chantal, qui s’est intéressée aux aliments lacto-fermentés et ne compte plus le nombre de cours de cuisine qu’elle a déjà pris. Même chose pour Céline, qui a déjà appris à faire sa mozzarella ou ses pâtes fraîches. Laurence, qui connaît déjà bien la cuisine traditionnelle française, a envie de découvrir la cuisine du monde. Quant à Alexis, prédisposé à la découpe minutieuse des légumes pour la salade, il rêvait d’être chef cuisinier lorsqu’il était petit. « Ils viennent chercher les petites astuces et techniques » d’un professionnel, glisse Delphine. Ce soir-là, elle leur confie ses astuces, comme mettre des glaçons dans le houmous pour le rendre plus onctueux ou mélanger l’oignon cru avec du sel avant de le verser dans la salade pour le rendre plus doux. Après deux heures derrière les fourneaux, ils dégusteront leur travail ensemble.

  • La cheffe Delphine, à gauche, donne ses astuces aux participants pour pouvoir couper finement les herbes aromatiques. Photo EBRA/A.V.

    La cheffe Delphine, à gauche, donne ses astuces aux participants pour pouvoir couper finement les herbes aromatiques. Photo EBRA/A.V.

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  • Les participants ont appris, pendant le cours de cuisine libanaise, à préparer une salade fattouche. Photo EBRA/A.V.

    Les participants ont appris, pendant le cours de cuisine libanaise, à préparer une salade fattouche. Photo EBRA/A.V.

Cet engouement pour la cuisine, Mounia l’observe depuis plusieurs mois déjà. Depuis 10 ans, elle donne des cours à de particuliers, principalement en pâtisserie, sa spécialité. En juin 2024, elle ouvre le M Cook studio pour se diversifier et propose depuis des cours de cuisine italienne, japonaise ou végétale. « La cuisine végétale, c’est d’ailleurs ce qui fonctionne le mieux ce moment. Les participants ne sont pas forcément végétariens mais veulent réduire leur consommation de viande et sont curieux de découvrir des recettes pour végétaliser leur alimentation », développe Mounia. Pour être visible, elle passe par des plateformes comme Wecandoo, Airbnb expérience ou Fun Booker, indispensables pour avoir des réservations. « Depuis une opération pendant le Black Friday en novembre dernier, les ventes de cartes-cadeaux ont bondi », détaille-t-elle.

L’envie de se perfectionner

Une tendance que confirme largement la plateforme Wecandoo, lancée en 2017, sur laquelle il est possible de réserver un cours pour apprendre à préparer ses raviolis frais artisanaux comme s’initier au soufflage du verre, au brassage de la bière ou fabriquer une bague en laiton. En 2025, les cours de cuisine ont enregistré une hausse de 236 % de participants en un an, soit 47 000 participants au total, contre 14 000 en 2024. Et 2026 est bien partie pour battre des records, puisque le nombre de participants à des cours de cuisine a augmenté de 40 % pour ce début d’année, par rapport à janvier 2025.

Les chiffres sont encore plus impressionnants dans certaines grandes villes dans laquelle la plateforme s’implante : « On enregistre +229 % de participants aux cours de cuisine à Lyon et +750 % dans le Grand Est », observe Édouard Eyglunent, co-fondateur de Wecandoo. « Globalement, la cuisine du monde marche très bien, mais deux pays, l’Italie et le Japon, se démarquent particulièrement. Les spécialités rencontrent également un succès. À Lyon, c’est la fabrication d’un pâté en croûte qui est très demandée », développe-t-il.

Ce succès s’explique en partie par l’attrait des Français pour la cuisine pendant le Covid. Nombreux sont ceux à s’être essayés à la fabrication de leur pain, yaourts ou tout simplement à cuisiner maison régulièrement. « Il y a aussi l’effet de l’émission "Top Chef", on est exposés à des enjeux plus techniques, on a envie de progresser. La cuisine devient moins purement alimentaire et utilitaire, on a envie de se faire plaisir, de se perfectionner avec un professionnel et de pouvoir à nouveau réaliser un plat chez soi. C’est aussi rendre les techniques d’excellences plus accessibles », appuie Édouard Eyglunent. « Un cours de cuisine, c’est aussi un moment de partage, de sociabilisation, ça rassemble », confirme Mounia. Une idée à offrir qui séduit, puisque 50 % des achats sur la plateforme sont des cartes-cadeaux.

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