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De retour à la compétition, Aurélie Rivard veut chasser ses démons au 400 m libre

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Fraîchement diplômée en droit, la paranageuse Aurélie Rivard effectue son grand retour à la compétition cette semaine dans le cadre des essais canadiens à la piscine du Parc olympique de Montréal.

Toujours incertaine de s’engager dans un nouveau cycle paralympique, elle est néanmoins mue par un grand objectif : redéfinir sa relation avec le 400 m libre, l’épreuve qui lui a « procuré le plus de bonheur, mais aussi le plus de stress » au cours de sa prolifique carrière.

Ces deux dernières années, l’athlète de 30 ans de Saint-Jean-sur-Richelieu a choisi de prioriser ses études en droit à l’Université Laval et a même complètement délaissé les entraînements au 400 m libre, une épreuve où elle détient le record du monde (4 min 24 s 8/100) et trois médailles d’or paralympiques.

Bien qu’elle soit sous-entraînée par rapport à son niveau habituel, elle s’est imposée sur la distance, mardi soir, aux essais nationaux. Son temps de 4:42,75 est loin de ses standards, mais elle avait le sourire aux lèvres en sortant de la piscine.

Le cauchemar des mondiaux de 2022 à Madère, où, terrassée par une crise de panique, elle s’était arrêtée en plein milieu de l’épreuve, semble s’estomper peu à peu.

Ça ne fait pas longtemps que je ne suis pas complètement paniquée ou que je n’ai pas peur de mourir [en nageant le 400 m libre]. En 2022, quand j’ai abandonné, j’étais sûre d’être en train de mourir et mon cerveau a gardé cette sensation-là. Je dois me rappeler qu’il y avait une vie avant [cette course] et que j’avais déjà 10 ans d’expérience derrière la cravate. Ce n’est pas cette course qui me définit.

Une nageuse regarde à sa droite.

Aurélie Rivard

Photo : Scott Grant/Natation Canada

Les deux années qui ont suivi l’événement à Madère ont été violentes, explique Aurélie Rivard.

Sa médaille d’or aux Jeux de Paris au 400 m libre, en 2024, trois jours après avoir un avoir fait un black-out pendant le 100 m libre, l’a un peu délivrée, mais pas totalement. Le travail assidu avec des psychologues a contribué à l’apaiser et à approcher cette distance différemment.

C’est un travail au quotidien. Ça fait quatre ans que je détruis tout ce que je connaissais de cette course-là pour rebâtir mon approche et ma façon de la nager. C’est de revenir dans un bon état d’esprit et de me rappeler que c’est la course que je connais le mieux et à laquelle je suis encore la meilleure au monde.

Ses études en droit l’ont également énormément aidée dans sa démarche. Diversifier ses activités et se occupations sont, selon elle, la clé de la longévité et peut-être même du bonheur.

Ça me donne un équilibre que je n’avais pas avant. Je suis capable de ne pas bâtir mon identité seulement avec des courses de natation. Si ça ne va pas bien, j’ai autre chose à quoi penser. J’ai d’autres ambitions, d’autres rêves, mentionne Rivard.

Et le droit, c’est tellement prenant; quand j’étudie, je ne pense pas à la natation, et vice-versa. Ça coupe le stress en deux au lieu de le multiplier. Ça me permet d’être plus flexible, moins tendue dans les décisions que je prends. Ma vie ne dépend pas d’une course. Ma valeur non plus. Ça me donne [...] une maturité et une perspective un peu plus saine, poursuit l’athlète, qui passera son examen du Barreau en octobre prochain.

Et la suite?

Aurélie Rivard est heureuse de renouer avec la compétition et avec le monde de la natation, qui lui ont manqué ces dernières années. Toutefois, elle n’est pas certaine encore de poursuivre jusqu’aux Jeux de Los Angeles, en 2028.

Après avoir participé à 4 rendez-vous paralympiques et remporté 19 médailles paralympiques, elle cherche une motivation supplémentaire pour se rendre en Californie.

Je veux avoir des objectifs plus précis que de gagner une médaille, qui vont m’apporter quelque chose de plus et un sentiment de fierté.

Une nageuse effectue un plongeon.

Aurélie Rivard

Photo : MICHAEL P. HALL/Natation Canada

Pendant un bon moment, Rivard pensait que sa motivation pour retourner aux Jeux paralympiques serait le 100 m libre. Elle a terminé 2e aux Jeux de Paris sur cette distance, mais n’a plus aucun souvenir de sa course. Trois jours plus tard, 10 minutes avant le départ du 400 m libre, l’angoisse était si intense qu’elle a songé à se retirer de l’épreuve.

L’idée qu’elle avait quelque chose à régler avec le 100 m et qu’elle en avait terminé avec le 400 m l’a habitée. Aujourd’hui, elle voit les choses d’un œil différent.

Si je vais à Los Angeles, je veux faire le 400 m. Ce n’est pas une décision avec laquelle je serais à l’aise de juste le tasser. J’ai quelque chose à travailler avec moi-même et je veux me réapproprier cette course-là.

Taylor Ruck en grande en forme

Dans l’ombre de Summer McIntosh, d’autres histoires s’écrivent cette semaine à la piscine du Parc olympique de Montréal. Il y a notamment celle de Taylor Ruck qui, à 26 ans, affiche sa forme des beaux jours.

En remportant le 100 m papillon mardi, la Britanno-Colombienne est devenue la deuxième nageuse canadienne, après McIntosh, à décrocher trois titres dans trois styles de nage différents lors de mêmes essais nationaux. Ruck s’était imposée dimanche devant Kylie Masse au 100 m dos, avant de gagner lundi le 100 m libre.

Une nageuse sourit après sa course

Taylor Ruck

Photo : Scott Grant/Natation Canada

Ruck s’est présentée dans la métropole québécoise avec beaucoup de confiance après avoir obtenu deux médailles d’argent à Sacramento, dans la Pro Swim Series. Plus tôt cette saison, elle a remporté sept médailles dans les étapes de Canet et de Barcelone du circuit Mare Nostrum.

À Montréal, la quadruple médaillée olympique a même enregistré son meilleur chrono depuis 2019 au 100 m dos.

Je suis vraiment heureuse. Les deux premiers jours, j’ai fait des temps que je n’avais pas fait depuis longtemps. C’est très encourageant, et ça montre à quel point j’y mets tout mon cœur cette année, souligne Ruck.

Après plusieurs années à s'entraîner aux États-Unis, elle est de retour au Canada et s'entraîne à temps plein à Vancouver.

C’est un nouveau défi qui m'effrayait un peu, mais en même temps qui me motivait. Je veux nager pendant encore deux ans, et je voulais voir jusqu’où je pourrais aller en m’entraînant avec une équipe remplie de gens qui se poussent tous les jours, explique-t-elle.

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