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Au Plessis-Belleville, Guillaume a transformé une vieille épave en un incroyable bolide type Hot Wheels. Vainqueur du concours Hot Wheels France, il vise désormais l'Europe.
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Par Léa Mosco Publié le 26 juil. 2026 à 18h06
Si vous traînez du côté du Plessis-Belleville (Oise), notamment vers le garage Plessis Auto Services, vous tomberez sûrement sur un véhicule à l’allure particulière. C’est ici que Guillaume Carvalhido, 40 ans et référent technique, troque son bleu de travail pour la casquette de constructeur auto. Baignant dans la mécanique depuis l’enfance grâce à un héritage familial solidement ancré, ce passionné a décidé d’utiliser ses pauses déjeuner pour concevoir une voiture type Hot Wheels à partir d’une Golf 4 vouée à la casse.
« La voiture a pris 200 chevaux »
Tout a commencé de façon rudimentaire avec un véhicule laissé par un client, dont la carte grise était barrée pour destruction. Ne pouvant plus rouler légalement, la Volkswagen abandonnée est devenue le cobaye parfait pour réaliser une expérience scientifique.
La démarche initiale consistait simplement à s’amuser en « prenant un moteur TDI et mettre du gaz comme dans les films avec du protoxyde d’azote », confie Guillaume.
Le but ? Libérer une avalanche de puissance d’une simple pression sur un bouton. Sur le banc d’essai, le résultat dépasse l’entendement. « La voiture a pris 200 chevaux avec l’utilisation du gaz. On est monté à 323 chevaux avec un moteur qui en fait 130 en temps normal », explique-t-il. Une prouesse technique d’autant plus savoureuse que le projet était mené sans aucune pression et avec une bonne dose d’autodérision.
On s'est dit que le moteur allait casser et ce n'était pas grave, c'était une voiture de laboratoire que je n'avais pas payée et elle était destinée à la casse. Au final ça a marché mieux que prévu et on l'a appelé Gogolf, une contraction de gogol et golf.
L’esprit « Mad Max » avec un design de buggy de course
Une fois la mécanique validée, il a fallu lui donner une allure. Et là encore, l’esprit recup’ a fait des miracles pour donner vie à ce monstre ressemblant aux voitures des films de la saga Mad Max. Guillaume a donc utilisé des roues de camions et des tubes d’échafaudage récupérés grâce à des connaissances qui n’en avaient plus utilité.
On a décidé de lui donner une allure de 4x4 de l'extrême, avec un clin d'oeil aux buggys de la Baja 1000, une course pratiquée dans le désert mexicain où ils mettent des roues de secours à l'arrière. Alors on a carrément coupé le coffre pour que ça rentre.
Ce sont d’ailleurs ces roues de camions qui donnent à l’engin un physique de voiture télécommandée. Pour les monter, il a récupéré des jantes de poids lourds destinées à la casse, sur lesquelles il a directement soudé les jantes d’origine. Résultat de l’opération : chaque roue pèse désormais près de 100 kilos, propulsant le poids total du bolide à plus d’1,5 tonne !
Le souci du détail va jusqu’à l’échappement : ces fameux tubes d’échafaudage, sauvés in extremis du bac de ferraille, ont été montés à la verticale. « L’échappement est évasé en haut exprès pour faire des ronds de fumée quand on accélère » s’amuse le mécanicien.

Enfin, sur le toit, l’imposante galerie est en réalité une caisse de transport pour moto aplatie, surmontée de huit phares dénichés à bas prix sur internet. Le tout a été recouvert d’un vert mat. Pourquoi mat ? Tout simplement parce que Guillaume a utilisé des fonds de peinture qu’il avait déjà en stock pour une autre voiture, et qu’il n’a volontairement pas appliqué de vernis pour faire chuter les coûts.
De la casse aux 24 heures du Mans
Le destin de la voiture aurait pu s’arrêter là. Initialement, elle devait se faire écraser par un véritable char d’assaut qu’une des connaissances de Guillaume possède. Mais c’était sans compter sur un de ses collègues qui a comparé sa création à une Hot Wheels et qui l’a inscrit au concours Hot Wheels Legends Tour France.
Le véhicule échappe aux chenilles du tank et se retrouve sélectionné pour la compétition nationale de la fameuse marque de jouets.
On a terminé premier des votes en ligne parmi 10 candidats sélectionnés. En finale, on était quatre constructeurs de voitures et le but était d'obtenir le plus de votes du public et de plaire au jury.
Sur place, au milieu des travées et de la ferveur du circuit, Guillaume a détonné par sa décontraction. Pendant que d’autres enchaînaient les discours très formels devant leur stand, pour convaincre les curieux, il a préféré miser sur le spectacle brut et le contact direct en faisant un show de sons et lumières.
Conquis par le look « jouet à taille réelle », les détails spécifiques aux Hot Wheels et l’audace de la voiture, les membres du public ainsi que le jury (composé notamment d’un représentant de Mattel, d’un membre de l’Automobile club de l’Ouest, d’un designer venu des États-Unis et du Youtubeur Étienne Moustache), ont fini par trancher : la victoire française est revenue au bolide de l’Oise.
Direction l’Europe
La destruction de sa voiture n’est pas pour tout de suite. Guillaume, fraîchement sacré champion de France au Mans, n’en a pas terminé avec son projet Gogolf. Il va participer à la finale européenne du Hot Wheels Legend Tour, prévue au Portugal en fin d’année 2026.
Si son monstre vert l’emporte à nouveau, il franchira l’ultime étape mondiale pour être reproduit en miniature à l’échelle 1 : 64 et distribué dans les magasins de jouets de la planète entière.
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