En ce deuxième jour de riposte de l’Iran après l’attaque israélo-américaine samedi, les rues de Jérusalem voient passer de rares badauds. Dimanche est pourtant le premier jour de la semaine travaillée. Haya, 38 ans, sort de chez elle avec trois de ses six enfants. «Si j’ai peur? Bien sûr que non. Il est là», dit-elle en pointant un doigt vers le ciel. Elle porte, entortillé autour du crâne, un châle qui dissimule ses cheveux, accessoire des femmes juives orthodoxes. «Pour chaque missile, Dieu a une adresse, ajoute-t-elle avec un grand sourire. Si quelqu’un meurt, c’est qu’Il l’a décidé.»
L’air détendu, Haya attache ses filles une par une à l’arrière de la voiture pour aller faire des emplettes. Elles ont sur les joues de fausses moustaches de chat et sur la tête de petites oreilles pointues. Israël doit bientôt célébrer la fête juive de Pourim, qui commémore la survie du peuple juif face à une ancienne puissance iranienne, l’Empire achéménide. «Achéménide, ça ressemble à Khamenei, vous ne trouvez pas?», plaisante l’Israélienne avant de s’éclipser. Quelques minutes plus tard, une sirène retentit. C’est le signe qu’un missile se dirige vers la région de Jérusalem, et les rares passants s’engouffrent là où ils trouvent porte ouverte.


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