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Congé de naissance, télétravail, journées écourtées: les «bons pères» peuvent-ils encore faire carrière?

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La Dress estime que 65 % des pères avaient déjà recours à l’intégralité du congé paternité de 28 jours. Getty Images/Westend61

ENQUÊTE - Avec le nouveau congé de naissance, les pères pourront bientôt s’absenter jusqu’à trois mois après l’arrivée d’un enfant. Une avancée pour les familles, mais un bouleversement très inégal selon que l’on soit cadre ou artisan, les niveaux de responsabilité et la culture des entreprises.

Fin septembre dernier, Martin*, avocat dans un grand cabinet anglo-saxon installé à Paris, est revenu au bureau après seize semaines d’absence. Quatre mois pour la naissance de son fils. À peu de chose près, la durée d’un congé maternité classique. Sauf que Martin est un père.

Il avait obtenu ce congé avant l’heure, grâce à une règle déjà en vigueur dans toutes les branches de son entreprise. À partir du 1er juillet 2026, son cas ne relèvera plus tout à fait de l’exception. Présenté comme l’un des leviers pour répondre à la crise de la natalitéle congé de naissance permettra à chaque parent de s’absenter jusqu’à deux mois en plus du congé maternité ou paternité.

Sur le papier, l’affaire paraît simple. Une avancée pour les familles, un progrès à saluer dans les discours d’entreprise. Puis vient le moment d’ouvrir le planning. Début 2026, un salarié d’une boucherie d’Île-de-France, devenu père, pouvait en bénéficier par rétroactivité. Il y a renoncé : l’équipe était trop réduite pour absorber son absence. Deux pères, deux réalités.

Car le bébé n’est plus une photo qu’on montre entre deux réunions : il devient une absence à organiser. Les femmes le savent depuis des décennies : une absence longue, même protégée par le droit, peut peser sur une carrière. Que se passera-t-il quand les hommes, à leur tour, rendront leur paternité à ce point visible dans leur agenda ? Le soupçon affleure déjà. «Ces pères veulent-ils vraiment prendre leur part auprès de l’enfant, ou profitent-ils d’un nouveau droit pour travailler moins ?», s’interroge Marc*, la cinquantaine, qui dirige une entreprise d’une centaine de salariés.

Avocats d’affaires, artisans, cadres dirigeants, salariés de la grande distribution... ils n’ont pas la même flexibilité. Mais ils se posent la même question : les bons pères - selon les critères de l’époque, c’est-à-dire très présents - pourront-ils faire carrière ?

Quand l’absence pèse sur l’entreprise

Côté patrons…

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Le Figaro

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