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Une enquête a conduit à l’interpellation de huit suspects, dont quatre policiers municipaux. Le Mexique demeure l’un des pays les plus dangereux pour les journalistes, avec plus de 150 professionnels assassinés depuis 1994, selon Reporters sans frontières.
Le corps sans vie de la journaliste Roxana Guzman, directrice d’un média local mexicain, enlevée en juin à son domicile, a été retrouvé, a annoncé, vendredi 3 juillet, le parquet de Veracruz, dans l’est du pays.
Les expertises ont conclu qu’un corps retrouvé dans une maison « correspondait à celui de la journaliste », a déclaré dans un communiqué le parquet régional, déchargé de l’enquête au profit du parquet fédéral après l’émoi suscité par son enlèvement. Roxana Guzman était directrice du média Pulso Informativo del Sureste.
Deux hommes cagoulés avaient enlevé la journaliste à son domicile, selon les images d’une vidéo de 35 secondes largement diffusée au Mexique. Dans cette vidéo, un homme s’attaque à la porte du domicile de Mme Guzman à coups de masse, avant qu’un autre, muni d’une arme à feu, finit de défoncer la porte à coups de pied. Les images s’interrompent ensuite.
Huit personnes poursuivies pour homicide
L’enquête a conduit à l’arrestation de huit personnes poursuivies pour homicide, dont quatre policiers municipaux qui « fournissaient des ressources, de la nourriture et un soutien logistique aux opérations du groupe criminel » qui avait enlevé la journaliste, selon le parquet.
Le rapporteur spécial pour la liberté d’expression de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a condamné ce crime, sur X, appelant à « poursuivre les investigations ». Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé dans un communiqué « l’incapacité des autorités à protéger la presse ». Selon l’organisation, l’enlèvement se serait produit le 2 juin au matin, à Nanchital, dans le sud de l’Etat, où résidait Roxana Guzman.
Le Veracruz est l’un des Etats où l’on dénombre le plus de crimes contre des journalistes. Un spécialiste des faits divers, Luis Angel Lopez Valdez, y a été abattu en juin 2026, dans un taxi. Il bénéficiait pourtant de mesures de protection des autorités locales et avait reçu des menaces en raison de son travail journalistique.
Six mois plus tôt, en janvier 2026, Carlos Castro avait été tué par balles dans un restaurant. Roxana Guzman est la troisième journaliste tuée dans le Veracruz, depuis le début de l’année.
Le Mexique est l’un des pays les plus dangereux pour exercer le métier de journaliste, avec plus de 150 professionnels assassinés depuis 1994, selon un décompte de RSF. Rien qu’en 2025, neuf journalistes y ont été tués, d’après l’organisation.
Le Monde avec AFP


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