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Conflit au Moyen-Orient : croulant sous le pétrole, l'Iran obligé de stocker sa production dans des réservoirs abandonnés

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Empêché d’exporter son pétrole par le blocus américain, Téhéran multiplie les initiatives pour tenter d’éviter un arrêt brutal de la production, qui endommagerait durablement ses installations pétrolières.

Les réservoirs débordent. Alors que la circulation est toujours paralysée dans le détroit d’Ormuz et que le blocus américain gèle les exportations iraniennes, Téhéran multiplie les initiatives pour tenter de stocker son pétrole, rapporte ce mardi le Wall Street Journal

Pétroliers flottants, conteneurs abandonnés et réservoirs en mauvais état : tous les moyens sont bons pour la République islamique, qui recourt à des méthodes inédites pour préserver ses capacités de stockage et éviter la catastrophe économique que générerait l’arrêt de sa production, ont indiqué des responsables iraniens au quotidien américain.

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De deux millions à 500.000 barils exportés chaque jour

Dès le début du conflit, l’Iran avait bloqué le transit sur les voies maritimes stratégiques en attaquant une vingtaine de navires. Le pays avait cependant continué d’exporter son propre pétrole pendant des semaines, jusqu’à ce que les États-Unis imposent un blocus du trafic maritime à destination et en provenance des ports iraniens le 13 avril, afin de faire pression sur l’économie iranienne fortement dépendante du pétrole.

Avant la guerre, l’Iran exportait en moyenne deux millions de barils par jour : depuis le début du blocus, seulement 567.000 barils ont été exportés chaque jour entre le 14 et le 23 avril. La situation presse : selon plusieurs analystes cités par le Wall Street Journal, les capacités de stockage iraniennes de pétrole brut pourraient être saturées d’ici deux semaines. À en croire Donald Trump, Téhéran atteindrait même ce seuil critique le 29 avril prochain, supposition corroborée par le think tank American Enterprise Institute cité par le New York Post

Pétrole acheminé par voie ferrée

Pour retarder cette échéance, le régime utiliserait donc des conteneurs et des réservoirs désaffectés en mauvais état dans les principaux centres pétroliers du sud, Ahvaz et Asaluyeh. Certaines de ces installations avaient longtemps été délaissées en raison de leur mauvais état, a cependant glissé un responsable pétrolier iranien au Wall Street Journal. D’immenses superpétroliers ont également été repérés sur l’île de Kharg, un centre névralgique du commerce pétrolier qui contrôle environ 90 % des exportations de pétrole brut iranien, selon le média américain Bloomberg. Les mollahs utiliseraient probablement ces superpétroliers pour stocker leur pétrole excédentaire.

Pour réduire la pression, l’Iran tente également d’acheminer du pétrole par voie ferrée vers la Chine, avançait Hamid Hosseini, porte-parole du syndicat iranien des exportateurs de pétrole, auprès du Wall Street Journal. Cette infrastructure ferroviaire relie Téhéran aux villes chinoises de Yiwu et Xi’an. Mais si le trajet est généralement plus court que par voie maritime, il peut tout de même durer plusieurs semaines, et reste bien plus onéreux.

Réduction de production

Selon la société d’analyse de matières premières Kpler citée par le WSJ, la compagnie pétrolière nationale iranienne a en parallèle déjà commencé à réduire sa production. La production de pétrole brut iranien pourrait chuter de plus de moitié par rapport aux niveaux actuels, pour atteindre entre 1,2 et 1,3 million de barils par jour, d’ici la mi-mai si le blocus se maintenait, poursuit Kpler.

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Ces efforts visent à retarder à tout prix l’arrêt brutal de la production qui endommagerait les gisements pétroliers anciens, notamment ceux à basse pression ou à géologie fragile. Selon le cabinet de conseil Rystad Energy, cité par le WSJ, environ la moitié des gisements pétroliers iraniens présenteraient une configuration de ce type. Et par ailleurs, l’Iran souffrirait depuis des années d’un sous-investissement et de difficultés de gestion des gisements, ajoutait Homayoun Falakshahi, responsable de l’équipe d’analyse du pétrole brut de Kpler, auprès du New York Post

«Tant que le pétrole peut être stocké, la production tient. Mais une fois cette limite atteinte, la mécanique devient brutale : il faut fermer les puits. Or, un arrêt forcé de production n’est jamais neutre car il peut entraîner des dommages. Rouvrir des puits est toujours très long», résumait ainsi John Plassard, de la banque helvétique Cité Gestion, auprès du Figaro  mi-avril. Qui alertait : «Nous ne parlons plus simplement d’un choc temporaire, mais d’un risque de destruction partielle de capacité future», évoquant «un compte à rebours énergétique, où chaque jour sans solution diplomatique rapproche le marché d’un déséquilibre plus profond ».

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