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La CNPS et Huawei ont célébré ce mardi 30 juin à Yaoundé une décennie de partenariat autour de la modernisation du système d’information de la caisse sociale. Danses, gâteau d’anniversaire, discours élogieux. Mais derrière la cérémonie, une question que personne n’a posée à voix haute dans la salle des conférences : que fait exactement un géant technologique chinois avec les données de millions de Camerounais ?
Une infrastructure critique confiée à un acteur étranger
Le Directeur général de la CNPS, Alain Noël Olivier Mekulu Mvondo Akame, ne cache pas sa satisfaction. Centres de données de nouvelle génération, centre de reprise d’activité, solutions cloud, virtualisation des infrastructures, intelligence artificielle qui arrive. Le tableau est impressionnant sur le papier.
Le truc c’est que ces infrastructures hébergent les données de pensions, d’allocations familiales et d’identité de millions d’assurés sociaux camerounais. Des informations parmi les plus sensibles que possède l’État. Et elles transitent, en grande partie, par des systèmes conçus et opérés avec Huawei, une entreprise dont les liens avec les autorités chinoises ont déjà valu des restrictions dans plusieurs pays occidentaux, aux États-Unis notamment.
Personne, lors de cette célébration, n’a évoqué la question de la souveraineté numérique. Pourtant elle se pose. Qui contrôle réellement l’accès à ces bases de données ? Quelles garanties existent si un différend diplomatique venait un jour compliquer la relation entre Yaoundé et Pékin ?
Dépendance technologique et absence d’alternative locale
Difficile de ne pas y voir un problème de fond. Dix ans de collaboration signifient aussi dix ans de dépendance technique. Les systèmes, les formats de données, la maintenance, tout repose aujourd’hui sur l’expertise et les équipements d’un seul fournisseur.
Pierre Alex Meye Ntyam, Directeur des systèmes d’information de la CNPS, évoque une meilleure continuité de service. C’est vrai sur le plan opérationnel. Mais ça pose question sur la capacité de l’institution à changer de partenaire si elle le voulait un jour, ou à auditer de façon totalement indépendante ce qui se passe dans ces infrastructures.
On attendait mieux qu’un satisfecit collectif sur ce point précis. Aucun représentant de l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (ANTIC) n’a pris la parole publiquement sur les garanties de cybersécurité et de souveraineté des données, à en juger par le compte-rendu de la cérémonie.
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Laurent Diby
Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: laurentdiby@237online.com


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