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C’est donc l’Espagne qui après une lutte acharnée remporte cette 23e Coupe du monde.
Je ne pense pas que les puristes et les esthètes auront apprécié cette finale. Mais comme dirait Uma Thurman dans sa publicité pour Perrier : « What did you expect ?« .
Il était évident que les Argentins n’allaient pas avoir la possession du ballon et qu’ils allaient être susceptibles (en fonction du seuil de tolérance de l’arbitre) de pourrir le match comme ils l’avaient fait contre l’Angleterre.
Après que les Espagnols aient été humiliés pendant les hymnes avec une interprétation de leur marche royale par une fanfare digne d’un orchestre tzigane dans le métro parisien tandis que les Argentins, eux avaient eu droit à une magnifique interprétation du leur par une chanteuse au timbre magnifique et au tour de poitrine digne d’une actrice d' »Alerte à Malibu », Scaloni nous offrait sa première surprise : il débutait avec un 4-4-2 bien en ligne avec le médiocre Nico Gonzalez titulaire, sans doute pour limiter les montées des latéraux espagnols. Yamal aurait pu tuer le match au bout de cinq minutes s’il n’avait pas eu du chewing-gum à la place des pieds comme pendant toute la compétition et Dibu Martinez s’empara facilement de son tir, ralenti par une déviation.
C’est à peu près tout ce que l’on eut à se mettre sous la dent en terme d’occasion, malgré une domination totale des champions d’Europe qui faisaient courir les champions du monde dans le vide, ce qui avait pour conséquence de les énerver et de commencer à essayer d’intimider leurs adversaires, tout cela avec la complicité de l’arbitre qui ne sortait pas les cartons.
Après une interminable mi-temps de 27 minutes avec une spectacle kitsch à souhait où l’on put voir Ronaldo et Ronaldinho et leurs silhouettes de diplodocus se trémousser aux côtés d’une Madonna momifiée, la domination de l’Espagne reprit de plus belle, avec cette fois l’arbitre qui avait dû envoyer un sosie en première mi-temps ou être menacé par Collina après celle-ci, changea du tout au tout et commença à dégainer les cartons. La première victime fut comme par hasard le bourreau Paredes pourtant à peine entré.
Scaloni s’y prenait à merveille pour contrecarrer les plans espagnols mais il avait juste oublié un petit détail : ses joueurs n’avaient pas fait un seul tir de tout le match et n’étaient jamais entrés dans la surface adverse, tandis qu’Alvarez s’époumonait à courir dans le vide et que Messi errait comme un fantôme sur le terrain.
Pourtant, plus le temps passait, plus je me disais qu’il allai peut-être réussir le hold-up parfait en atteignant les tirs aux buts ou grâce à un but de son joker de luxe Lautaro Martinez.
La façon dont les Espagnols continuaient imperturbablement à appliquer leur stratégie d’occupation de la moitié de terrain adverse me laissait perplexe quant à mes sentiments .
Devais-je leur hurler dessus parce que je me disais que s’ils ne s’excitaient pas un peu plus ils risquaient de se faire piéger (pour rester poli ?).
Ou devais-je les admirer pour leur flegme et leur faculté à ne pas perdre leur identité alors que l’heure était aussi grave ?
Certainement les deux.
Après que De La Fuente ait fait les changements qui s’imposaient avec les entrées de Nico Williams (titulaire indiscutable s’il n’avait pas été blessé), Ferran Torres (beaucoup plus tonique que le décevant Oyarzabal), son joker de luxe Merino et le jeune Pedri, on voyait l’étau se resserrer sur l’Argentine. Mais le tournant se produisit dans les arrêts de jeu : après avoir pris un premier carton jaune pour protestations, Fernández commit une faute monstrueuse sur le jeune Cubarsi qui lui coûta un second jaune qui laissa son équipe à dix pendant toute la prolongation.
À ce moment-là, je pense que même les supporters les plus acharnés de l’Argentine avaient cessé d’y croire. De plus, Scaloni avait épuisé tous ses changements et laissé Lautaro Martinez sur le banc : un suicide !
Pendant la première mi-temps des prolongations l’Espagne eut davantage d’occasions que pendant tout le temps réglementaire. Elle marqua même un but par Williams qui fut refusé grâce à une double simulation grotesque de l’infect Otamendi et de son gardien héroïque : du jamais vu !
Mais dès que la seconde mi-temps débuta, justice fut faite : Martinez jugea mal la trajectoire d’un centre trop long de l’excellent Porro et Williams, malin comme un singe, voyant qu’il ne pourrait pas le reprendre remisa à l’arrière pour Ferran Torres qui arrivant comme une torpille catapulta le ballon sous la barre du but argentin déserté par son gardien.
C’est alors que les Argentins se jetteront mécaniquement à l’assaut du but d’Unai Simon en réussissant même l’exploit de ne pas subir trop de contres. Ils auraient même pu miraculeusement égaliser si Cubarsi (aussi bon avec l’Espagne qu’il est mauvais avec Barcelone) n’avait pas miraculeusement empêché Tagliafico de marquer à bout portant ou que Simeone avait eu une meilleure position de corps sur sa reprise de volée. C’est la preuve que la défense espagnole aura surtout été brillante car magnifiquement aidée par son organisation collective mais qu’elle était loin d’être impériale lorsqu’elle était sous pression : de quoi donner bien des regrets aux Argentins qui n’auront été tout au long des matches à élimination directe qu’une équipe à réaction tandis que l’Espagne n’aura jamais dévié de sa route.
Suite à cela, Paredes, dont la place est davantage dans un hôpital psychiatrique que sur un terrain de football déclenchera une nouvelle bagarre générale après que l’imprudent Gavi lui ait demandé pourquoi il avait oublié d’appeler Infantino pour lui demander de leur laisser gagner la finale.
Le monde entier a été indigné par le comportement de voyous des Argentins mais je trouve que cette indignation est à géométrie variable car peu de gens l’ont été après leur match contre l’Angleterre.
De plus on dirait que la planète football découvre le comportement de ces gens là qui n’a pourtant jamais varié depuis que le football est football avec pour exemple :
– 66 et 98 contre l’Angleterre
– 78 et 2022 contre les Pays-Bas
– 82 contre l’Italie
– 90 contre la RFA
– 2006 contre l’Allemagne
– 2010 contre le Mexique
– 2018 contre la France
Et je survolerai sur le fait que les Argentins aient tourné le dos à la remise de la Coupe aux Espagnols par un Donald Trump plus clownesque que jamais car en 2006 les Français de papiers n’avaient guère été plus sportifs avec les Italiens.
Demain, à l’occasion de mon dernier article qui sera un bilan de cette Coupe du monde je m’étendrai davantage sur les mérites et la chance qu’a eu cette équipe d’Espagne mais on peut être satisfait de sa victoire car faute d’adversaires dangereux, c’était de très loin la meilleure équipe de la compétition.
Cette finale que les médias se seront efforcés jusqu’au bout de présenter comme celle de Yamal contre Messi aura été celle entre deux deux collectifs avec deux philosophies de jeu opposées et c’est bien mieux ainsi.
Yamal a prouvé qu’il lui restait beaucoup de chemin à parcourir avant d’arriver au niveau d’un Mbappé, il a même été agaçant en cherchant systématiquement le coup franc sur des simulations en croyant sans doute qu’il jouirait des mêmes privilèges qu’avec Barcelone en champions league. Mais n’oublions pas qu’il revenait d’une assez grave blessure et qu’il aura su se mettre humblement au service du collectif.
On peut d’ailleurs se dire qu’avec lui et Nico Williams en forme, l’Espagne aurait probablement écrasé tous ses adversaires.
Quant à Messi, mon impression de début de Coupe du monde était finalement la bonne : c’est un extraterrestre les premiers matches face à des petites équipes qui redevient beaucoup plus humain lorsque la compétition et les adversaires se font durs : c’est pour cela qu’il est inférieur à Mbappé et au vrai Ronaldo.
Mais avant de vous donner rendez-vous demain je voudrais rendre hommage à ce Français de souche, Aymeric Laporte, qui las d’être ostracisé par Deschamps, depuis qu’il a choisi de jouer avec l’Espagne, son pays d’adoption est devenu champion d’Europe et champion du monde en étant à chaque fois un des meilleurs défenseurs centraux de la compétition. De quoi donner des regrets, vous croyez pas ?





























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