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CDM : Avant la grande finale, après la petite finale…

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Nous y sommes !

Après une rocambolesques petite finale sur laquelle je reviendrai brièvement, après plus de cinq semaines et après 103 matches disputés, nous arrivons au moment tant attendu : la grande finale.

Et je dois dire que ce n’est pas à chaque fois que nous avons eu droit à une finale entre les deux meilleures équipes de la compétition.

En 1982, le hasard du calendrier faisait se rencontrer l’Italie et le Brésil au deuxième tour. Pareil pour Brésil/Angleterre en 2002 mais en quarts de finale ou en 2010 avec un choc titanesque entre l’Espagne et l’Allemagne en demi-finale. Ou encore France/Belgique 2018.

D’autres fois, les tirs aux buts nous avaient privé de  la deuxième meilleure voire la meilleure équipe de la compétition. Comme le Brésil de 86 éliminé par la France lors du plus beau match de l’histoire du football. Ou l’Italie chez elle, ou plutôt à Naples, le club de Maradona qui arrachait ainsi sa place en finale en 90. Ou la surprenant équipe de Roumanie de 94, éliminée par la Suède. Ou bien les Pays-Bas, tant craints par les joueurs de l’équipe de France, éliminés par le Brésil en 98. Ce fut également le cas de l’Argentine, la seule équipe capable d’arrêter l’Italie, face aux organisateurs en 2006. Ou enfin, une nouvelle fois les Pays-Bas en 2014, sortis par l’Argentine.

Cette fois, je pense que nous avons vraiment les deux meilleures équipes du tournoi en finale, tant les deux dernières prestations de l’équipe de France m’ont laissé perplexe.

Nous aurons donc d’un côté l’équipe d’Espagne, peu prolifique en terme de buts marqués mais dotée d’une arme quasiment inarrêtable : une possession de balle qui prive les attaquants adverses de ballons, qui fait courir les milieux adverses dans le vide et qui tel un cobra frappe leurs défenses dès qu’elles baissent leur garde.

De l’autre côté, nous avons l’Argentine qui elle aussi base son jeu sur la possession de balle mais avec beaucoup plus de déchet et moins de brio, ce qui l’empêche de se mettre complètement à l’abri défensivement et de rentrer dans le but adverse avec le ballon. Toute cette possession de balle n’a qu’un seul but : réussir à mettre Messi sur orbite pour qu’il résolve le match. Et lorsque cela ne suffit pas, cette équipe a une force de caractère comme je n’en ai jamais vu depuis la RFA de la belle époque.

Mais est-ce que ce sera suffisant pour renverser l’indiscutable supériorité de l’Espagne ? Je ne le pense pas : si vous jouez ce match dix fois, l’Espagne l’emportera à neuf reprises. Et si ce soir c’était la dixième ? Difficile à dire.

Tout comme le match est difficile à prévoir tactiquement, dans la mesure où les deux sélectionneurs laissent planer chacun un doute concernant leur onze de départ.

On ne sait pas si au milieu De La Fuente va aligner Fabian Ruiz ou Pedri. La première solution lui permettrait de mieux protéger sa défense et aussi de soulager Olmo de certaines tâches défensives mais aussi d’accélérer le jeu à une touche de balle. La seconde, plus offensive, permettrait aux Espagnols de mettre en crise le milieu argentin car ce petit Iniesta tenterait de le pénétrer avec ses dribbles qui lui permettrait de créer le surnombre et de lancer le trio d’attaque vers une défense argentine assez fébrile dans le un contre un. Je pense que De La Fuente optera pour la première option pour basculer sur la seconde si besoin.

Concernant ce génie tactique de Scaloni, on ne sait pas encore s’il va opter pour le 4-3-3 initial en excentrant Messi au profit d’Alvarez et en remettant Tiago Almada à droite (je ne pense pas qu’il remette le fils Simeone qui a vraiment été le plus nul de son équipe mercredi) ou bien s’il va remettre son 4-4-2 avec son milieu en losange comme il l’avait fait lors des matches contre l’Égypte et la Suisse, honnêtement pas les meilleurs disputés par son équipe.

La première solution rendrait son équipe plus dangereuse en attaque mais empêcherait également les latéraux espagnols Porro mais surtout Cucurella, absorbés par leurs tâches défensives, de monter apporter le surnombre sur les côtés comme ils l’ont si souvent fait. En revanche, leur milieu de terrain prendrait l’eau de toutes parts et serait certainement privé de ballons. Et je ne pense pas qu’après sept matches disputés, dont une prolongation, Messi pourra faire systématiquement l’effort de redescendre pour prêter main forte à ses coéquipiers. Si c’est la seconde qui est privilégiée, et je pense qu’elle le sera, elle permettra à Scaloni de densifier son milieu et de beaucoup plus déranger la possession espagnole puisqu’ils seraient un de moins au milieu, même si on sait que leur maîtrise technique a vocation à éviter les duels. Par contre cette option risque d’isoler un peu plus les attaquants et de libérer Porro de ses tâches défensives en montant épauler Yamal. Imaginez-vous Tagliafico résister au binôme Yamal-Porro ? Pas moi.

Si je devais donner un pronostic, je vois l’Espagne, un peu à l’image de ses matches contre le Portugal et la Belgique avoir son adversaire à l’usure et l’emporter dans les dernières minutes.

Mais attention : il suffirait que l’Argentine marque un but de la tête (le seul point faible de la défense espagnole) ou sur un éclair de génie de Messi et tout pourrait voler en éclats !

N’oublions pas que contrairement à son adversaire l’Espagne n’a jamais été menée dans cette coupe du monde et que dans ce cas de figure, on ne peut pas prévoir sa réaction. Même si lors de son dernier Euro victorieux elle l’avait été face à la Géorgie puis la France et avait magnifiquement réagi pour finir par l’emporter.

Il ne faudra pas oublier également le facteur physique et nerveux : dans ce domaine, les Argentins ont beaucoup donné et à part son joker de luxe Lautaro Martinez, cette équipe aux mille vies dispose d’un banc nettement moins garni que celui des champions d’Europe.

Enfin, en voulant être le moins complotiste possible, il y a tout de même un facteur qu’on ne pourra pas occulter : l’arbitrage. Avec la bénédiction d’un arbitre issu d’une république bananière, les Argentins ont pu passer à tabac les joueurs anglais, chose qu’ils ne se seraient jamais permis de faire si l’arbitre avait averti Fernández dès sa première agression. Si l’arbitre slovène Monsieur Vincic les laisse se comporter de la sorte, les Espagnols qui ont sur le plan physique bien moins de répondant que les Anglais pourraient bien perdre leurs moyens. Si par contre il sort rapidement les cartons, les Argentins, en cas d’impossibilité d’intimidation perdront une partie de leur arsenal.

Je pense que malgré tout la balle reste dans le camp des Espagnols : ils sont meilleurs individuellement (à part Messi aucun Argentin ne serait titulaire en équipe d’Espagne) et collectivement. S’ils réussissent un sans faute, je ne vois pas comment ils pourraient ne pas devenir champions du monde. Mais gare à se relâcher : les Argentins l’ont démontré, ils ne pardonnent pas !

Je pense en tout cas que c’est la meilleure finale que l’on puisse avoir.

Je dis cela après avoir vu la petite finale qui, si elle nous aura fourni un spectacle inespéré, aura encore mis sous le nez de tout le monde les carences défensives des bleus qui, même s’ils étaient démotivés (raison de plus pour faire davantage tourner, Monsieur Deschamps !) auront une nouvelle fois prouvé que cette équipe n’avait tactiquement ni queue ni tête. On notera tout de même le j’menfoutisme de Théo Hernandez et surtout de Cherki qui devrait leur faire honte de déshonorer à ce point le maillot bleu. En parlant de Cherki, certains auront remarqué la façon qu’il aura eu d’envoyer balader Deschamps qui lui demandait d’être moins perso. Il n’y a rien à faire, c’est vraiment symptomatique de ces gens-là qui ne comprennent que les rapports de force : ils savent se montrer serviles lorsqu’ils y trouvent un intérêt (une place de titulaire) mais dès qu’ils n’en ont plus (le départ de Deschamps), leur vraie nature irrespectueuse et belliqueuse ressort, malgré leur condition de millionnaire (pour répondre à l’argumentation gauchiste selon laquelle c’est la pauvreté et non l’appartenance raciale qui engendre la criminalité : sympa pour nos agriculteurs !!!).

Une mention spéciale tout de même à Mbappé, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, le seul à avoir lutté du début à la fin du match et à être meilleur buteur dans deux Coupes du monde différentes. Ce qu’il aura accompli dépasse l’entendement et en fait assurément un des meilleurs attaquants de tous les temps, sinon le meilleur, à moins que ce soir Messi ne réussisse l’impossible.

Mon mot de la fin, je le gardais pour Tuchel qui en titularisant Saka et Rashford à confirmé ce que j’écris depuis le début : il ne titularisait pas les meilleurs et a privé l’Angleterre d’une finale (voire plus) qui lui tendait les bras.

J’espère que ce soir nous assisterons à une belle finale dans laquelle la meilleure équipe l’emportera et qu’il n’y aura pas de polémique.

Je vous retrouve demain pour en parler…

Frédéric Avalli

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