En plein été, il règne ces jours-ci dans les rues de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, un calme déroutant. Le chef-lieu de la Gironde est connu pour attirer chaque année des touristes, français comme étrangers, en masse, venus profiter quelques jours de l’air océanique. Mais, cette semaine, rien de tout cela. Les artères de la ville que ses habitants surnomment la «Belle Endormie» n’ont pas leur allure estivale habituelle, vidées des cohortes de vacanciers habituels. Une des premières explications à cela se lit sur les panneaux lumineux d’une pharmacie située à quelques pas de la célèbre rue Sainte-Catherine: 39 °C, à l’ombre. Une chaleur étouffante qui, avec les images des catastrophiques incendies qui calcinent le département, a fait fuir les juillettistes.
Dans tous les quartiers du centre-ville, le constat est le même. Des fameuses allées de Tourny, dans le triangle d’or bourgeois de la métropole à la place Saint-Michel, repère des plus jeunes, les terrasses de cafés et de restaurants sont aussi vides que les boutiques. Emblème de l’attraction touristique citadine, le «petit train» qui permet aux néophytes de parcourir la ville ne se remplit pas davantage. Entre deux départs, au cœur de l’après-midi, ce sont moins d’une dizaine de curieux qui montent à bord des wagons qui peuvent en accueillir plus de quarante. Claudia, conductrice qui n’en est pas à sa première saison, voit bien la différence avec les années précédentes. «A la même époque l’an dernier, chaque départ se faisait à plein, les visiteurs se tassaient dans les wagons. Ce matin, j’ai fait des tours avec seulement quatre passagers», relate-t-elle.


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